Autoblog de chouard.org/blog

Ceci est l'autoblog de chouard.org/blog

La devise des riches : « Je ne crains pas le ‘suffrage universel’ : les gens voteront comme on leur dira. »

Mon, 24 Apr 2017 04:24:30 +0000 - (source)

On y a encore cru. Ça marche à tous les coups.
Et on a encore perdu. Ça marche à tous les coups.

La devise des riches : « Je ne crains pas le ‘suffrage universel’ : les gens voteront comme on leur dira. »

Le faux « suffrage universel » (l’élection-de-maîtres-parmi-des-candidats-qu’on-peut-aider) donne — et donnera toujours — le pouvoir à ceux qui ont le plus de moyens d’aider. C’est logique et imparable.

Si la plèbe veut participer aux décisions politiques, et se défendre ainsi elle-même contre les intrigues des puissants du moment, il lui faut une constitution digne de ce nom, qui institue un suffrage universel digne de ce nom et des responsables politiques dignes de ce nom.

Or, seuls les simples citoyens sont capables de rédiger — puis de protéger — une vraie constitution.
Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.
Pas de démocratie sans citoyens constituants.
Il faut commencer par le commencement.
Rien de bon ne viendra de l’élection.
Organisez vous-mêmes vos ateliers constituants.

Bon courage à tous.

Étienne.

PS : rappel :

« C’est une erreur de penser que les politiques sont impuissants, ou incapables, ou ne comprennent pas… comme si, en faisant comme ça, ils servaient l’intérêt général, et effectivement, pour servir l’intérêt général, ils ne sont pas bons.

Par contre, si l’on renverse la perspective, en comprenant que finalement, ces gens-là servent les intérêts de ceux qui les ont fait élire, et qui sont les 1% les plus riches de la population, à ce moment là, ce n’est pas du tout une catastrophe, mais c’est une réussite formidable, tout se passe comme prévu [ils sont très compétents, ils font leur job] : la sécurité sociale est détricotée, le chômage se porte à merveille ce qui permet de tenailler les salaires, d’avoir des bas salaires et donc des hauts profits…

Donc, tout se passe bien, en fait, du point de vue des 1% qui se gavent comme jamais… Les banques qui devraient être en prison pour faillite frauduleuse, leurs patrons se font mieux payer que jamais (!) et arrivent maintenant au gouvernement des différents pays (!)… Je trouve que la situation n’est pas du tout catastrophique pour ceux qui financent les campagnes électorales des élus, et là, je trouve que de ce point de vue, c’est logique : Hollande sert les intérêts de ceux qui l’ont fait élire, en le faisant passer à la télé, dans les journaux…

Pourquoi une banque achète « Libération » ?!
Pourquoi une banque achète « Le Monde » ?!
Pourquoi une banque achète… pourquoi le Crédit Mutuel achète le quart de la presse quotidienne régionale ?

C’est pour gagner les élections ! Et ensuite, les élus rendent des comptes à ceux qui les ont fait élire.

Le problème, c’est que nos élus ne doivent rien aux électeurs : que vous votiez, ou pas, si c’est pas vous ça sera un autre ; ceux qui vont voter de façon décisive, ce sont ceux qui regardent la télévision, qui ne sont pas politisés. Il faut que les candidats passent beaucoup à la télévision : si vous regardez les curseurs, c’est incroyable, la similitude qui y a entre les courbes des passages à la télé, et des résultats aux élections. Il suffit donc de monter les curseurs de la visibilité médiatique des challengers à 10% à 15 % : ça va donner l’impression de la pluralité [et faire croire aux militants qu’ils peuvent gagner]… et puis les deux « grands partis », qui ont la même politique de droite dure, qui s’appellent « droite » et « gauche » mais qui en fait ont la même politique — pour les industriels et les banquiers, pour les multinationales en fait —, vous les mettez à un curseur plus haut et ils vont gagner, ils vont être « élus », peu importe lequel des deux, ils vont faire la même politique.

Alors évidement, les gens sont gentils, ils croient les candidats au moment des campagnes électorales… mais c’est notre gentillesse qui fait la déception, après.

Mais [on devrait commencer à comprendre] après 200 ans d’échec du « suffrage universel », qui permet aux riches d’acheter le pouvoir politique [et d’imposer leurs lois], depuis qu’ils écrivent les constitutions, ces gens-là ont mis en place un système, d’abord censitaire (là, au moins, c’était clair), ensuite « universel » quand ils se sont aperçu (depuis très tôt, depuis le début du 19ème siècle), Tocqueville disait très tôt :

« Je ne crains pas le suffrage universel, les gens voteront comme on leur dira »

et ça fonctionne, ça fonctionne très bien !

Non, le fait de désigner des maîtres au lieu de voter des lois est une imposture politique ; nous ne sommes pas en démocratie : en démocratie nous voterions nos lois, nous-mêmes.

« Un homme = une voix », c’est pour voter des lois, pas pour désigner des maîtres ! Le fait de nous imposer de désigner des maîtres est une supercherie !

Et ça donne un résultat ploutocratique, avec les riches qui dirigent, depuis plus de 200 ans.

Alors aujourd’hui, on arrive dans « une crise », parce que le capitalisme ne nous reverse plus suffisamment de salaires pour qu’on puisse acheter leur camelote, alors effectivement, ils prétendent que le système est « en crise »… « En crise »… comme si c’était un accident, mais ça n’est pas du tout un accident : les choses se passent comme d’habitude, avec une impuissance politique — vous avez raison [Monsieur Gauchet] sur l’impuissance politique, mais elle est *programmée* : il y a un endroit où il est écrit que le peuple n’a aucune puissance, ça s’appelle la constitution ! Le problème c’est que tout le monde s’en fout : nous nous foutons de la constitution => c’est bien fait pour nous… Ce n’est pas de la faute des affreux qui nous dirigent, c’est de notre faute : nous devrions écrire nous-mêmes notre constitution, dans laquelle nous prévoirions notre puissance :

– Le référendum d’initiative populaire
– des élections sans candidats ou
– des élections avec des primaires et avec l’impossibilité pour les condamnés de se représenter.

Notre impuissance vient de notre démission du processus constituant.

Et tant qu’on bavarde sur les représentants politiques — qui sont les représentants des riches —, on passe à coté de la cause de nos problèmes.

En recentrant la réflexion sur la cause de nos problèmes, en devenant tous des citoyens constituants, on arrivera à trouver des solutions. »

ÉC, septembre 2014.


PPS : Lisez « L’expérience Plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique », de Martin Breaugh, c’est passionnant :


http://www.payot-rivages.net/livre_L-Experience-plebeienne-Martin-Breaugh_ean13_9782228902601.html

(Merci Ronald 😉 )


Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155176953702317


Macron et autres agents de l’UE, amants des grands patrons et des usuriers, ennemis du peuple

Sun, 23 Apr 2017 07:51:23 +0000 - (source)

//www.youtube.com/watch?v=56hLRvsWbCA

Mon commentaire : très bonne vidéo, merci. Je voudrais pourtant suggérer aux jeunes gens d’Osons causer, qui interprètent les « résultats » (effectivement scandaleux) de Macron comme autant de signes d’ERREUR et d’INCOMPÉTENCE, que ces résultats « catastrophiques » POUR NOUS ne sont pas catastrophiques mais « merveilleux » POUR CEUX QUI L’ONT FAIT ÉLIRE (en achetant les journalistes et les politiciens comme on achète des machines). Donc, du point de vue de ceux pour qui les « représentants » travaillent, Macron, Hamon, Fillon etc. sont très « compétents » et ne commettent pas du tout d’ « erreurs ». Ils ont même le talent de faire passer leurs crimes pour des erreurs. C’est fortiche.

Rappel :

Personnellement, je parlerais donc plutôt de TRAHISONS que d’erreurs.


Voyez aussi ce qu’en dit Franck Lepage, c’est important :

Petit lexique de désintoxication présidentielle, par Franck Lepage :

3 – « Pouvoir d’achat »…

Aaaahhhh la sublime arnaque langagière ! Le pouvoir d’achat contre le salaire ! augmenter le « Pouvoir d’achat » pour ne plus jamais augmenter les salaires. Et même, grâce à Macron, augmenter le pouvoir d’achat en diminuant le salaire !!! Attention : accrochez vous, ça va demander un peu de concentration : ça risque de piquer un peu ! On va se le faire façon plan de tomate :

1 – Première branche de la tomate : au 19 ème siècle le salaire est le PRIX de ma force de travail. Il n’y a que du salaire DIRECT, lié à ma tâche, et ensuite quand je ne peux plus travailler (malade, vieux, ou chômeur) je vais crever dans un coin. Ce qu’on appelle aujourd’hui l’Uberisation.

2 – Deuxième branche : deux siècle de luttes de la classe ouvrière organisée transforment le salaire en un rapport de force politique. Le salaire n’est plus un PRIX, c’est un BAREME. Si tu veux t’acheter ma force de travail, il va falloir multiplier ce que tu me donnes par deux, pour donner aussi du salaire à des chômeur, des retraités, des malades, et du personnel hospitalier….ça s’appelle le salaire INDIRECT, ou encore le salaire socialisé, ou encore les COTISATIONS sociales (« salariales » et « patronales ») que le MEDEF appelle des CHARGE sociales et qui les étranglent de rage !

– Troisième étape, la plus importante, concentrez vous : quand on vous donne 1.500 euros, VOTRE SALAIRE est donc de 3.000 euros., c’est à dire le salaire NET PLUS les cotisations « salariales » qui donnent le « BRUT » PLUS les cotisations « patronales » qui donnent le salaire total. C’est pour ça que c’est un barème, c’est pour ça que c’est un rapport de forces. C’est pour ça que ce chiffre n’apparaît jamais sur votre fiche de paie sauf si vous savez faire des additions.

– quatrième étape, l’ARNAQUE : si je baisse, si j’exonère les cotisations (« salariales » ou « patronales ») de 1.300 euros et que je vous donne 200 euros en plus sur votre salaire direct, j’augmente votre net, ce qui va dans votre poche, mais en réalité je BAISSE votre salaire en vous donnant l’impression que je l’AUGMENTE et en claironnant partout que j’augmente votre « pouvoir d’achat ». Et comme on va flinguer la sécu en lui supprimant les recettes, il vous faudra tôt ou tard racheter votre salaire indirect (santé, retraite, etc) avec votre salaire direct en cumulant des points ou en prenant de l’épargne. (je recommence ou ça va ?)

Expliquer à votre tata (ou à votre tonton) avant dimanche, sur la nappe du restaurant que si elle touche 200 euros de plus chaque mois, en fait on lui a baissé son salaire, c’est votre challenge pour la semaine ! Amusez vous bien !

À partir de là vous avez plusieurs options politiques.

a – Vous êtes contents, on vous a donné 200 euros de plus, et vous n’en n’avez rien à foutre des autres. Que les retraités se démerdent et quant aux malades, vous êtes en bonne santé. Quand ce sera votre tour et que ça vous arrivera sur le coin de la figure, il sera toujours temps d’aviser. Chacun pour soi et Dieu contre tous ! Et puis le MEDEF l’a dit : si les patrons ne sont plus obligés de payer notre protection sociale, (le « coût du travail ») ils pourront engager plein de travailleurs flexibles et pas protégés, et cela créera de l’emploi, plein d’emploi, des tas d’emplois……vous avez donc le choix : Votez Macron sans état d’âme, qui propose « la suppression des cotisations salariales pour tous les travailleurs pour rapprocher le net du brut » (vous avez pigé l’arnaque) Ou Fillon qui propose « d’atteindre le plein emploi en baissant de 40 milliards les charges des entreprises ».

b – Vous êtes embêté : la concurrence, l’europe, la crise, la mondialisation, ah là là ma brave dame, on ne peut quand même pas continuer à pressurer les entreprises, il faut bien baisser les charges sociales si on veut retrouver de la compétitivité, tout ça tout ça…, il faut moderniser la modernité avec l’aide de la CFDT,…mais on peut mettre en place des amortisseurs comme le revenu universel pour les très pauvres, et transférer les cotisations sur de l’impôt CSG façon rocard , ou même individualiser la protection sociale avec des comptes personnels…. regardez la Finlande …bon, Votez pour celui qui proclame qu’il « sera le candidat du pouvoir d’achat », votez plutôt Hamon.

c – Vous êtes de gauche et vous savez donc que le mouvement historique de la gauche est l’augmentation continue des cotisations patronales, c’est à dire prélever sur NOTRE richesse, celle que NOUS produisons, de quoi couvrir NOS besoins de santé et de bien-être. Vous êtes donc pour l’augmentation des salaires, de tout le salaire, et donc des cotisations patronales. Vous savez que la bagarre à mener ce n’est pas pour l’augmentation du NET, c’est pour l’augmentation du BRUT, c’est pour l’augmentation du SALAIRE total et pas du « POUVOIR d’ACHAT »…Vous êtes pour un régime général de sécurité sociale et contre les comptes personnels d’activité, Vous êtes pour l’augmentation des services publics et donc du nombre des fonctionnaires parce que vous savez que c’est VOUS qui produisez cette richesse, Votez pour …ceux qui vont dans ce sens.

(à suivre)…

https://www.youtube.com/watch?v=56hLRvsWbCA

Source : Page Facebook de Franck : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1861754984078091&id=1525946107658982


2 – « Crise »…

Combien sont ils à nous saôuler avec le « déclin », la » crise » et à vouloir REDRESSER la FRANCE ? Mais quelle vision ont ils de la 5ème puissance mondiale ?Du 5ème pays le plus riche du monde ?…si nous sommes dans la crise en étant la cinquième puissance mondiale, qu’est ce que ça doit être chez les 189 autres états derrière nous ?!? Quelle blague : la France dégueule de richesse, la France fabrique du riche à tour de bras en augmentant les inégalités depuis les années 80. Et ce sont les représentants des riches (Fillon) qui parlent de Crise pour mieux continuer à massacrer nos « Acquis », « privilèges » et autres « assistanats « . C’est de la haine de classe à l’état pur. Comme dit Guillaume Meurice, A 8.000 euros, t’es « assistant », à 400 euros t’es « assisté » !!! Qui sont ces candidats dirigeants qui ne promettent que des malheurs et veulent rajouter du malheur au malheur ? encore des sacrifices… c’est la crise !!!!!!!!

La plaisanterie commence en 1973 avec la « crise pétrolière ». Coup de génie des classes dominantes, relayées par des média aux ordres, qui nous informent que des décisions prises très loin de nous et sur lesquelles nous n’avons aucune prise vont avoir des répercussions sur notre niveau de vie. Le président Pompidou, (déjà ancien fondé de pouvoir de la même banque d’affaires que Macron), nous l’annonce solennellement à la télé : il va falloir se serrer la ceinture. Les vaches grasses, c’est fini ! On va démolir vos protections et vous faire vivre dans la terreur du lendemain. Et bientôt, début du gag de la fameuse « mondialisation » dont le véritable nom est la dérégulation : faire sauter toutes les barrières du droit qui encadraient la prédation par les possédants.

Qu’est-ce qu’une crise économique ? C’est un manque de richesses. Y a-t- il manque de richesses ? Non ! La France transpire sa richesse par tous ses pores ! Un seul chiffre : entre 2000 et 2017, soit en seulement dix-sept ans, le cinquième pays le plus riche du monde a doublé son PIB (Produit intérieur PIB alors qu’il avait mis auparavant quarante ans à réaliser cela. Il y a une formidable accélération de la richesse, et des écarts de salaires qui passent de 1 à 14 dans les années 1970 à 1 à 400 dans les années 1980, les années « socialistes »… En dix-sept ans, 1 000 milliards d’euros supplémentaires se promènent donc en France. La FRance est le premier pays du monde pour le nombre de résidences secondaires !!! De quelle « crise » s’agit-il alors ? A la fois d’une crise de surproduction et d’une crise de répartition de la richesse produite.

Il s’agit surtout de défaire méthodiquement – pardon : de « réformer » – toutes les avancées de 1945 en termes de protection sociale : attaque du pouvoir ouvrier sur la sécurité sociale avec les ordonnances de 1967 par De Gaulle qui organisent la « parité », démolition de la souveraineté salariale sur la formation avec la loi Delors de 1971, mise à mal progressive des retraites à partir du livre blanc de Rocard en 1991, puis de l’assurance-chômage avec Jospin, de la santé et des allocations familiales avec Hollande… Le projet totalitaire d’une société entièrement marchande a ses metteurs en scène – Macron, Fillon – pour nous rappeler qu’il y a « crise » et un cadre : l’Union Européenne, qui veille sur la stabilité monétaire (des riches) et qui est là pour nous protéger de la dite crise.

Le terme est utilisé, usé, abusé jusqu’à plus soif pour nous expliquer qu’une seule politique est possible ! Le problème, c’est qu’à force de durer, de se pérenniser, on ne sait plus quel autre terme utiliser quand une vraie crise apparaît, comme celle de 2008. Ou alors, on verse dans la surenchère : au-delà de la crise, il y a l’« état d’urgence », que l’on décline désormais sur tous les modes : sécuritaire, bien sûr, mais aussi écologique, économique ou social… Quand une « crise » dure depuis quarante ans et qu’en plus elle est mondiale, il ne s’agit plus d’une crise, mais de la modalité normale de fonctionnement d’un système. Il est temps de mettre ce système en crise : mettons la crise en crise !

(à suivre…)

//www.youtube.com/watch?v=GGu_ERN3cFc

Source : Page Facebook de Franck : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1861109964142593&id=1525946107658982


3 – Europe…

On nous refait ce coup de « l’Europe » à chaque élection. J’adore. Ce que les Français ont refusé en 2005, ça n’était pas « l’Europe », c’était « l’Union Européenne ». Les différentes hypothèses de sorties de l’Euro, de frexit, ou autres renégociations ne concernent pas l’EUROPE mais bien au contraire l’UNION EUROPEENNE c’est à dire une saloperie d’institution antidémocratique verrouillée pour les banques et les entreprises multinationales.

C’est bien au nom de l’EUROPE qu’il faut combattre l’UNION EUROPEENNE, c’est bien pour construire enfin l’EUROPE qu’il faut dégommer l’UNION EUROPEENNE… nous faire croire que certains voudraient sortir de l’EUROPE, C’est vraiment nous prendre pour des bacs à douche ! c’est à dire quoi ??? Mélenchon détesterait la petite sirène dans le port de Copenhague, le carillon de Big Ben à Londres, voudrait faire sauter le ponte Vechio à Florence, ou finir de faire pencher la tour à Pise. Ben oui, mais mes voisins super sympas qui veulent voter Hammon parce qu’ils sont raisonnablement « de gauche », c’est pourtant comme ça qu’ils raisonnent, ils pensent que Mélenchon veut sortir de l’EUROPE. (faut dire qu’il était pas obligé de nous ramener Bolivar, non plus !!! ça facilite pas les explications).

Du point de vue du langage, Hammon entretient cette fadaise de « l’Europe », mais son attitude a au moins le mérite de le situer politiquement : il est impossible d’être de Gauche sans réclamer la sortie de l’Union Européenne, de la même façon qu’on ne peut pas être de gauche et réclamer des baisse d’impôts, ni être de gauche et alléger les charges patronales qui couvrent la sécu. Et je ne vous parle même pas du revenu universel, petite merveille néo-libérale pour sortir du financement de la sécu par les entreprises, c’est à dire du conflit travail-capital…le seul conflit de gauche connu à ce jour. Diable ! l’Histoire de France semble désormais entre les mains des électrices et électeurs de Benoît Hamon ! Se reporteront ils sur Mélenchon ou nous offriront-ils Macron pour cinq ans ? Brrrr…Je ne voudrais pas être à leur place !

(À suivre)…

//www.youtube.com/watch?v=FFkUkm-L5A8

Source : Page Facebook de Franck : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1860737150846541&id=1525946107658982

___

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155174429707317?pnref=story


[L’alerte populaire que devrait provoquer le cas grec] Quatre raisons de ne pas payer la dette grecque au FMI : illégitime, odieuse, illégale et insoutenable ! par Renaud Vivien, CADTM

Sat, 22 Apr 2017 17:51:20 +0000 - (source)

Ne ratez pas ça (le pillage et la dévastation de LA GRÈCE servent de LABORATOIRE aux usuriers pour mesurer notre incroyable tolérance aux tourments, et NOTRE TOUR ARRIVE, si on ne sort pas du piège : l’asservissement des peuples aux banques et aux multinationales est dans le programme de l’UE maudite) :

Quatre raisons de ne pas payer la dette grecque au FMI

Premièrement, le versement attendu porte sur une dette largement ILLÉGITIME puisque seulement 5% des prêts octroyés en 2010 et en 2012 ont été affectés au budget grec. Les 95% restants ont servi à payer les dettes détenues majoritairement par les banques privées étrangères et à recapitaliser les banques grecques. Ces chiffres ne proviennent pas d’une organisation révolutionnaire mais d’une étude menée par le think tank néo-libéral allemand European School of Management and Technology. Il s’agit donc bien d’une opération de sauvetage mais pas celle qui est présentée dans le discours officiel. Les bénéficiaires ne sont pas les citoyen-ne-s grec-que-s mais les banques, qui ont été intégralement remboursées avec l’argent public des contribuables européens via les prêts du FMI, des États et des institutions de l’UE. Cette opération de sauvetage est donc illégitime à fois pour la population grecque sommée de payer au FMI (avec un taux d’intérêt de 3,6% !) la dette résultant de ces sauvetages mais aussi pour les autres peuples en Europe venus sauver une fois de plus les responsables de la crise financière qui avaient spéculé sur la dette grecque. Dans son premier rapport, le Comité d’audit de la dette grecque mis sur pied par l’ex-présidente du Parlement hellénique démontrait que le « problème grec » n’a pas pour origine une gestion débridée des finances publiques mais bien une crise bancaire qui a été colmatée avec de fonds publics.

Deuxièmement, la dette réclamée par le FMI est intégralement ODIEUSE. Selon la doctrine juridique qui s’appuie sur des jurisprudences nationale et internationale, une dette est qualifiée d’« odieuse » lorsqu’elle réunit deux éléments : d’une part, l’absence de bénéfice pour la population de l’État qui la contracte et, d’autre part le fait que créanciers en étaient conscients |1|. Le rapport du Bureau indépendant d’évaluation du FMI publié en juillet |2| prouve que la qualification de « dette odieuse » est parfaitement adaptée au cas grec. En effet, la direction du FMI savait dès 2010 que la dette était insoutenable et que le programme d’austérité imposé en contrepartie du prêt allait aggraver la situation du pays.

Cette affirmation s’appuie sur le procès-verbal de la réunion du Conseil exécutif du FMI du 9 mai 2010 au cours de laquelle s’est joué le sort de la Grèce. On y apprend que de nombreux directeurs du FMI soulevaient l’échec annoncé du mémorandum. Pour le représentant argentin : « Les dures leçons de nos propres crises passées sont difficiles à oublier. En 2001, des politiques similaires ont été proposées par le Fonds en Argentine. Ses conséquences catastrophiques sont bien connues (…) Il est très probable que la Grèce finisse plus mal en point. Les mesures d’ajustement recommandées par le Fonds vont réduire le bien-être de sa population et la capacité réelle de remboursement de la Grèce après la mise en œuvre de ce programme ». Le représentant de la Suisse ajoute : « un examen sérieux devrait être accordé à la restructuration de la dette comme moyen d’assurer la viabilité budgétaire et de faire assumer une partie du fardeau de l’ajustement aux créanciers privés ». Puis de poser la question-clé : « Pourquoi la restructuration de la dette et la participation du secteur privé n’ont-elles pas été prises en considération ? ». En effet, si le FMI avait appliqué ses critères habituels en matière de soutenabilité, il aurait imposé un allègement de la dette grecque dès 2010. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Et pourquoi est-il même allé jusqu’à changer soudainement ses règles pour pouvoir prêter à un État insolvable ?

La réponse fut donnée officiellement trois ans plus tard dans un autre rapport du FMI qui souligne que l’ajournement de la restructuration de la dette a été mis à profit par les banques privées « pour réduire leur exposition et transférer la dette aux institutions publiques |3| ». Comme l’ont déclaré l’ex-représentant de la Grèce au FMI et un ex-conseiller économique de Barroso auditionnés au Parlement grec par le Comité d’audit de la dette, le français Strauss-Kahn, qui occupait le poste de directeur du FMI, a délibérément exclu en 2010 la restructuration de la dette afin de protéger les banques européennes principalement françaises et allemandes qui étaient les plus exposées.

La troisième raison pour invalider la créance du FMI est qu’elle est tout bonnement ILLÉGALE. D’une part, les mesures imposées en échange du prêt bafouent la souveraineté de la Grèce et violent de nombreuses conventions internationales protégeant les droits humains comme l’a souligné l’Expert de l’ONU sur la dette dans son rapport sur la Grèce |4|. D’autre part, le gouvernement grec n’a pas voté l’accord de prêt de 2010 contrairement à ce que prévoit la Constitution.

Illégitime, odieuse, illégale, la dette grecque demeure également INSOUTENABLE, davantage encore qu’en 2010 du fait de l’imposition de trois memoranda qui détruisent jour après jour l’économie et les conditions de vie de la population. Le poids de cette dette, qui empêche l’État de remplir ses obligations en matière de droits fondamentaux, s’alourdit mécaniquement au rythme de l’austérité et des privatisations exigées par les créanciers entraînant un cercle vicieux dans lequel le gouvernement sollicite de nouveaux prêts pour payer des dettes croissantes.

Pour briser ce cercle infernal et stopper le crime, l’annulation inconditionnelle de la dette grecque s’impose. Ne nous y trompons pas : l’initiative ne viendra pas du FMI en dépit de ses rapports qui soulignent sa responsabilité dans le marasme grec et de ses déclaration récentes en faveur d’un allègement de la dette qui, soulignons le, ne concernerait pas ses créances et s’accompagnerait d’une nouvelle dose d’austérité. Elle ne viendra pas non plus de l’Eurogroupe dont les Ministres des finances se réunissent le 5 décembre. Interrogé par le député M. Van Hees, le Ministre belge des finances a répondu « qu’une décote sur la dette nominale était exclue » et que « le processus d’ajustement grec devait se poursuive de manière identique même après la période sous programme ».

Penser qu’une solution juste à la dette grecque est possible dans le cadre actuel des négociations reviendrait donc à croire au Père Noël.

Renaud Vivien, CADTM, décembre 2016.

Renaud Vivien est co-secrétaire général du CADTM Belgique ; www.cadtm.org et membre de la Commission d’audit de la dette grecque

Source : CADTM, http://www.cadtm.org/Quatre-raisons-de-ne-pas-payer-la


Rappel du programme des USURIERS qui défendent l’UE (À LIRE ABSOLUMENT !!! c’est juste incroyable…)

[À qui sert la prétendue « Union européenne »] Stathis KOUVELAKIS : Après la capitulation de SYRIZA… l’asservissement total du peuple grec (et bientôt le nôtre)

http://chouard.org/blog/2016/08/05/a-qui-sert-la-pretendue-union-europeenne-stathis-kouvelakis-apres-la-capitulation-de-syriza-lasservissement-total-du-peuple-grec/


[via les-crises.fr] L’assassinat de la Grèce, par James Petras

http://chouard.org/blog/2015/04/01/via-les-crises-fr-lassassinat-de-la-grece-par-james-petras/


Et ne ratez surtout pas

l’explication lumineuse de la prétendue CRISE de la dette publique grecque par Myret Zaki :

//www.youtube.com/watch?v=TLjq25_ayWM


IL FAUT sortir de l’UE, de l’€ et de l’OTAN,
c’est prioritaire, urgent et VITAL.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155172678762317


Rendez-vous à Nice, le 26 avril 2017 à 19h, pour un débat : L’EUROPE, STOP OU ENCORE ?

Wed, 19 Apr 2017 10:47:53 +0000 - (source)

Je vous propose une rencontre rare : mercredi prochain, je suis aimablement invité par le Mouvement européen des Alpes Maritimes à un échange public sur l’Union européenne avec Monsieur Bertoncini, spécialiste des affaires européennes. Le titre est : L’EUROPE ! STOP OU ENCORE ?

Il est très rare que de simples citoyens opposés à l’UE soient ainsi invités à un échange public avec des défenseurs de l’UE, avec un peu de temps pour argumenter. Donc, merci à ceux qui rendent ce moment possible.

Comme vous savez, j’ai une série de graves griefs à reprocher à l’UE et je suis bien impatient de voir ce que d’honnêtes défenseurs de l’UE peuvent répondre à un citoyen inquiet comme moi, révolté par ce que nos représentants ont fait de notre NON de 2005 :

• Je vous rappelle la page que j’ai dédiée à la résistance citoyenne aux traités anticonstitutionnels :
(pardon pour les liens morts, je n’ai pas le temps de les corriger)
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/resistance_a_tous_les_traites_constitutionnels.php

• Avec notamment mes 10 principaux griefs contre l’UE :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Principaux_griefs_contre_les_institutions_europeennes.pdf

J’ai hâte de vous y retrouver ; ça devrait être bien intéressant.

Étienne.

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155162038792317


J’AI PAS VOTÉ, un très bon film sur les élections, avec un important complément sur le tirage au sort en politique

Sun, 09 Apr 2017 21:49:51 +0000 - (source)

J’AI PAS VOTÉ, un très bon film sur le faux « suffrage universel » (élire des maîtres au lieu de voter les lois), qui n’incite pas à l’abstention mais qui critique l’élection et étudie… le tirage au sort.

Ce film est utilement complété par cet échange (important, de mon point de vue) entre les trois personnes qui, en France, à ma connaissance, travaillent le plus sur le tirage au sort 🙂 :

//www.youtube.com/watch?v=xiDpyNtasGQ

À mon avis, il serait utile (et ça ne dépend que de nous) que ce film et son bonus dédié au tirage au sort soient beaucoup partagés, pour que le niveau monte parmi les électeurs, et que nombre d’entre eux mutent en citoyens constituants 🙂

Étienne.

______________

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155130852637317

Rappel de la publication précédente sur ce film :
http://chouard.org/blog/2014/09/10/un-film-de-synthese-sur-lexigence-democratique-populaire-qui-monte-dans-le-pays-jai-pas-vote/

Une bande de gentils virus dévoués et courageux a réalisé le plan détaillé de ce film. Quel boulot ! Merci à eux, vraiment.

http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

Sommaire

1 Première partie
1.1 Intro: témoignages et réflexions diverses sur le vote – Voter ou pas ? – Le vote est-il faire un choix ? – Que signifie : ne pas voter ?
1.2 Le vote et les élites
1.2.1 Le vote est le sacre de l’élite (Loïc Blondiaux)
1.2.2 L’élection crée une défiance des citoyens, une démocratie qui va mal (Blondiaux)
1.2.3 Servitude et alignement des gouvernements aux forces de pouvoir ( Kempf, Blondiaux, Aurouet)
1.3 Causes de l’abstention
1.3.1 Débats de fond anéantis, thèmes de campagne immuables, promesses non tenues ( Blondiaux)
1.3.2 Taux d’abstention niés
1.3.3 Politisation des abstentionnistes, choix réduit entre les partis gouvernementaux et les partis protestataires ou extrêmes (Jouary, Aurouet, Brunel)
1.4 Montée des extrêmes
1.4.1 Stratégie de séduction de l’électorat (Liogier)
1.4.2 Thèmes de campagne modernes, dé-diabolisation pour espérer prendre le pouvoir (Liogier)
1.5 Pouvoir du peuple, référendums
1.5.1 Le référendum en tant que leurre du pouvoir du peuple (Jouary)
1.5.2 illusion démocratique du référendum sur la constitution européenne
1.5.3 Pas de loi légitime sans l’appropriation implicite ou explicite du peuple (Jouary)
1.6 Origine et buts de la démocratie des Athéniens au 5ème siècle avant JC
1.7 Mais la démocratie actuelle ?
1.7.1 Le régime représentatif ôtant le pouvoir du peuple n’est pas une démocratie (Jouary, Aurouet)
1.7.2 La démocratie représentative a constitué une alternative entre démocratie et monarchie (Blondiaux, Jouary)
1.7.3 La démocratie représentative, régime combinant des incompatibles : légitimité du pouvoir au peuple mais non décision ou gouvernement par le peuple. (Blondiaux)
2 Deuxième partie
2.1 Révolution et mise en place d’une démocratie bourgeoise : 1789
2.1.1 Origine de la révolution française
2.1.2 Processus de substitution et d’identification entre souveraineté populaire et représentation (Blondiaux, Jouary)
2.1.3 La révolution française – Sieyes contre Rousseau
2.1.4 Le vote en tant qu’élément démocratique du gouvernement, perçu comme une perte de souveraineté (Blondiaux, Jouary)
2.2 L’oligarchie – vote, conservatisme, corruption par l’argent contre l’égalité et la liberté –
2.2.1 Fondement de la légitimité du vote
2.2.2 Éducation au vote et incitation
2.2.3 Droit de vote une conquête ? Et pourtant… (Badiou)
2.2.4 Système oligarchique et conservatisme
2.2.5 Argent corrupteur des démocraties
2.3 Aristocratie élective et peuple incompétent (Manin)
2.4 Les représentants politiques – une classe isolée et un peuple oublié –
2.4.1 Non représentativité réelle du peuple au sein des représentants politiques (Manin)
2.4.2 Peuple oublié et mal informé (Blondiaux)
2.5 La politique une profession ?
2.5.1 Une formation souvent unique
2.5.2 Cumul des mandats et professionnalisation (Jouary)
2.5.3 Oligarchie financière
2.6 Le tirage au sort (Sintomer)
3 Troisième partie
3.1 Conférence de Citoyens
3.2 Épilogue (Sintomer, Testart) – utilité et mise en pratique du tirage au sort

Source et détails : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

Étienne.]


[Délits d’élus, pilleurs d’État…] « ALLEZ (presque tous) VOUS FAIRE… » – Philippe Pascot publie le 4e tome de sa (précieuse) encyclopédie des turpitudes des voleurs de pouvoir ( + 3 vidéos)

Fri, 07 Apr 2017 13:50:32 +0000 - (source)

Je suis en train de dévorer le quatrième livre de Philippe Pascot, qui vient de paraître (son titre montre un certain énervement, à force d’en découvrir…) :

« ALLEZ (presque tous) VOUS FAIRE… »
(Pilleurs d’État tome 2)

Disponible ici.

Les citoyens actifs (de tous bords) devraient bien connaître le travail de Philippe Pascot, d’utilité publique : recenser méthodiquement les délits d’élus, pilleurs d’État comme il le dit bien, et leur invraisemblable impunité.

[Edit (la nuit porte conseil et je m’aperçois ce matin que je n’ai pas souligné la connexion entre le travail de Philippe et le mien) :

Comme vous savez, je conteste formellement la légitimité des représentants politiques à écrire eux-mêmes la Constitution, qui est le texte supérieur qui institue leurs pouvoirs, mais aussi et surtout le texte qui devrait instituer leurs contrôles et la mise en oeuvre effective de leur responsabilité.

Les représentants politiques devraient CRAINDRE la Constitution, qui devrait donc leur être parfaitement inaccessible, restant la loi supérieure, le droit du droit, tout en haut de la pyramide de l’état de droit. Cette crainte des hommes au pouvoir d’être surveillés et punis (crainte que les élus savent si bien organiser pour les autres) constituerait la meilleure protection du peuple contre les abus de pouvoir.

Or, il est bien évident que, si le peuple laisse ses représentants politiques écrire eux-mêmes le texte qu’ils devraient craindre, ces représentants vont tout naturellement écrire des textes dont ils n’auront rien à craindre… et ils deviendront forcément, ipso facto, par le fait même, des voleurs de pouvoirs.

Tous les pouvoirs devraient avoir quelque chose à craindre. Et aucun pouvoir n’est capable d’instituer lui-même correctement ses propres contrôles. C’est un principe fondateur que tous les enfants devraient apprendre à l’école et qu’ils devraient surtout apprendre à instituer eux-mêmes, personnellement, pratiquement.

Pourtant, nous en sommes là, pour l’instant : partout sur terre depuis 200 ans, ce sont des professionnels de la politique qui écrivent les constitutions ; partout dans le monde depuis 200 ans, les Assemblées constituantes d’abord, et les Assemblées législatives ensuite, sont ÉLUES parmi des candidats qu’on peut aider. Cette procédure de l’élection, mécaniquement, donne le pouvoir aux plus riches, ceux qui ont les moyens d’aider leurs candidats, candidats donc vainqueurs mais débiteurs, qui servent ensuite évidemment, forcément, les intérêts privés de leurs bienfaiteurs, au lieu de servir l’intérêt général des électeurs.

Le fait originel que les hommes au pouvoir écrivent eux-mêmes les règles de leur propre pouvoir (parce que NOUS les laissons faire en démissionnant du processus constituant) entraîne automatiquement toutes sortes de troubles majeurs pour le corps social :

• L’INFANTILISATION DES CITOYENS, réduits à la condition servile d’électeurs, tenus à l’écart des décisions communes, et ainsi progressivement découragés de se préoccuper du bien commun,

• L’IMPUISSANCE POLITIQUE DU PEUPLE, condamné à obéir à des lois qu’il n’a jamais ni écrites ni votées, et incapable de résister même à des lois qu’il juge scélérates,

• LA DOMINATION POLITIQUE PAR DES « REPRÉSENTANTS » IRRESPONSABLES, n’ayant aucun compte sérieux à rendre aux électeurs qu’ils prétendent représenter,

• L’EXPLOITATION ÉCONOMIQUE de la classe qui travaille par la classe qui ne fait rien, « la classe des loisirs » si bien identifiée par Thorstein Veblen (dont j’ai parlé ici, fin 2013, pour expliquer l’importance centrale que j’accorde à l’idée de lutte des classes).

J’analyse « le capitalisme » comme la conséquence économique (inéluctable) d’une catastrophe politique première qui est la confiscation du pouvoir constituant par les grands marchands, et notamment les marchands d’argent, il y a 200 ans (300 ans pour l’Angleterre : 1688 puis 1694) : le vol du pouvoir constituant leur a permis d’imposer durablement la procédure ploutocratique de l’élection, qui leur a donné elle-même le pouvoir législatif, le pouvoir (hautement stratégique, évidemment) d’écrire eux-mêmes les lois (!) et d’imposer ainsi « le capitalisme », y compris dans sa version « fasciste » en cas de besoin (quand le peuple gronde trop fort).

De mon point de vue, le capitalisme est du droit avant d’être de l’économie : pour verrouiller durablement l’exploitation de la classe laborieuse par la classe oisive, il fallait D’ABORD écrire (et imposer par une force publique invincible) les règles juridiques du capitalisme.
En désordre, me viennent à l’esprit :
la personnalité morale des entreprises,
la responsabilité limitée des « entrepreneurs »,
les sociétés par actions, vendables et achetables (et accumulables) sur des Bourses des valeurs,
la subordination des prolétaires aux propriétaires des moyens de production,
l’absence de limites à la propriété et à l’héritage,
l’élection des maîtres politiques parmi des candidats qu’on peut aider,
l’impunité des « élus », même quand il est avéré qu’ils ont trahi les intérêts du peuple,
la privatisation de la création monétaire, et donc le type et la rareté des signes monétaires,
les médias achetables comme des marchandises, outils majeurs de la fabrique du consentement,
– etc.

Philippe Pascot nous a préparé un exposé en détail des infinis privilèges et des innombrables délits impunis des professionnels de la politique (les voleurs de pouvoirs), avec les faits, les dates et les noms, et cet exposé ordonné donne du corps, de la chair, de la réalité, des preuves, à ma thèse : mon analyse théorique se confirme spectaculairement dans la pratique, entre autres à travers une délinquance et une impunité des acteurs, qui se sont affranchis des contraintes en écrivant eux-mêmes les règles qu’ils devraient craindre.

C’est ce qui fait l’intérêt majeur, de mon point de vue d’électeur aspirant à devenir citoyen, donc constituant, des livres de Philippe Pascot : offrir aux citoyens qui contestent le système de domination parlementaire une véritable encyclopédie pratique des turpitudes des professionnels de la politique.

Nous avons besoin de lanceurs d’alerte comme lui — et de passeurs d’infos comme vous et moi ! — pour stimuler nos défenses, pour nous réveiller révoltés et nous mobiliser pour résister, avant d’être progressivement et insensiblement réduits en esclavage moderne.

Les faits patiemment recensés — et courageusement publiés — par Philippe ne sont que des conséquences, certes, et on ne sortira de cette corruption endémique qu’en nous en prenant à leurs causes premières, c’est-à-dire en devenant nous-mêmes constituants, adultes politiques ; mais ce sont des conséquences éclairantes, énervantes et donc stimulantes, et au bout du compte émancipantes, si l’on sait y voir les effets de causes que nous chérissons sottement : le faux « suffrage universel », élire des maîtres au lieu de voter les lois, est la cause première de notre impuissance politique populaire, et des injustices économiques sociales généralisées qui découlent de cette impuissance.

/Edit]

Merci aux Éditions Max Milo, d’oser publier des brûlots comme les livres de Philippe : on a bien besoin d’éditeurs courageux pour relayer nos lanceurs d’alerte malgré les intimidations des milliardaires (Philippe en décrit des vertes et des pas mûres dans son livre).

Cette encyclopédie en quatre volumes est une référence, une mine d’informations originales, utiles et révoltantes (on n’en sort pas apaisé, vous êtes prévenus…).

À connaître et à faire connaître
(à offrir en cadeau, par exemple, pour que l’info passe vite au sein du peuple

malgré le silence imposé par la Pravda des milliardaires (Le Monde, Libération, Le Figaro, Le Point, L’Obs, etc.).

Voici le PLAN du livre :

Petit hommage pour grandes personnes 13

Remerciements 17

Qui suis-je ? 21

 

Biographie partielle de Philippe Pascot pour éviter de dire ou d’écrire des conneries (ou d’en dire un peu moins) 25

 

Avant-propos de réveil douloureux 31

 

Ils sont presque tous à côté de la plaque 43

 

En politique, le ridicule devient la règle 47

 

Des élus « hors sol », mais tête haute et poches pleines 53

 

Le pouvoir à n’importe quel prix 67

 

Réduire la démocratie et la liberté d’expression en France : un travail de tous les jours ! 75

 

Décisions d’élus, lois et petits arrangements dont on ne vous parle pas 85

 

Des lois qui ne servent que les fraudeurs 97

 

Plus fraudeur qu’un anti-fraudeur, tu meurs ! 107

 

La garde à vue de 96 heures pour fraude fiscale aggravée est censurée avant même d’être appliquée 115

 

L’argent de la fraude fiscale que les parlementaires et/ou le gouvernement ne veulent pas récupérer 121

 

590 millions d’euros de fraudes par an dont le gouvernement ne veut pas non plus ! 129

 

T’es agriculteur : tu paies ! T’es parlementaire agriculteur : tu ne paies pas ! 133

 

Ficher 60 millions d’individus honnêtes, c’est pour demain 137

 

Un « plaider-coupable » qui arrange bien les élus 143

 

Les parlementaires au secours de l’entreprise ripoux. Mieux que le plaider-coupable : la convention judiciaire d’intérêt public  
155

 

Une centaine de députés ne veulent pas d’une peine d’inéligibilité complémentaire « obligatoire » dans les affaires financières,  
surtout celles qui les concernent 163

 

Quand les parlementaires sont contre la « dématérialisation » des documents… mais uniquement pour eux ! 167

 

Comment essayer de gratter quelques électeurs de plus 173

 

Les parlementaires ne sont plus les représentants du peuple, mais une caste qui s’autodésigne 177

 

Lutter contre l’absentéisme des salariés mais pas contre celui des parlementaires 201

 

Même au chômage, ils se gavent avec 150 % du montant de leur indemnité 209

 

Le discours et les actes : la réserve parlementaire ou comment « arroser » à moindre frais 217

 

Conclusion 229

 
Fin de promenade dans le marigot de nos politiciens 245

Quelques derniers élus, les doigts dans le pot de confiture, pour finir en beauté 247

Petit lexique de la grammaire politique française 295
Ils sont dans ce livre 307
Bulletin de vote 315
Les livres à lire absolument 318

 
Encore merci, cher Philippe.

Bonne lecture à tous 🙂

Étienne.


Rappel des trois précédents livres de Philippe pour la défense du bien commun :


http://www.maxmilo.com/product_info.php?products_id=354



http://www.maxmilo.com/product_info.php?products_id=319


http://www.maxmilo.com/product_info.php?products_id=375


Je profite de l’occasion pour signaler ici trois vidéos qui gardent la trace de nos premières rencontres :

Table-ronde SynerJ du 10 décembre 2016 (à Montreuil) : « Alerte ! Quelle société voulons-nous pour demain ? »
avec Stéphanie GIBAUD, Philippe PASCOT, Étienne CHOUARD et Yvan STEFANOVITCH

//www.youtube.com/watch?v=MXI8GeuYcrI

//www.youtube.com/watch?v=6kaUwUgWihk

Le Dîner du Cercle #9 (9 décembre 2016, à Paris) : « Les élections présidentielles, en France, sont-elles démocratiques ? »
avec Jean Lassalle, Philippe Pascot et Étienne Chouard :

//www.youtube.com/watch?v=GbMl0o5Lyy8

____________________

Remarque : plusieurs fois, dans ce nouveau livre, Philippe prend à nouveau ma défense (contre les honteuses diffamations des talibantifas, néo-cons sous faux drapeau) et ça me touche, parce que rien ne l’oblige à faire ça et qu’il sait bien qu’il risque ainsi d’être emporté à son tour dans la vague de calomnies (qui fonctionnent précisément par amalgames arbitraires successifs). Et pourtant, il le fait quand même ; Philippe est honnête et courageux. Il n’y en a pas tant que ça, des honnêtes et courageux…
Donc merci, Philippe, merci pour tout.

Étienne.

________________
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155122648692317


« Complotiste, moi ? » Une excellente analyse de Michel Collon

Mon, 03 Apr 2017 20:42:20 +0000 - (source)

Olivier Berruyer vient de remettre en avant, sur son site les-crises.fr,  un excellent papier de Michel Collon à propos de la théorie du complot.

Je fais de même, ci-dessous, car ce papier est vraiment excellent et mérite effectivement d’être connu du plus grand nombre :

Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155109694162317

Complotiste, moi ?

 Dès qu’on critique les dirigeants des Etats-Unis, de l’UE ou d’Israël, certains agitent un épouvantail : « Vous êtes complotiste ! ». Sous-entendu : vous voyez le mal partout, mais ces dirigeants sont des démocrates, certes ils peuvent commettre des erreurs, mais ils agissent avec de bonnes intentions

Voilà, en gros, nous serions forcés de choisir entre :

Ni l’une, ni l’autre, merci ! Nous revendiquons une troisième façon d’expliquer le fonctionnement de la société, et elle n’a rien à voir avec ces deux fantasmes. Pour clarifier tout ça nous devrons répondre à quatre questions :

  1. Les complots, ça existe ou pas ?
  2. Le complotisme permet-il de comprendre le monde ?
  3. Pourquoi certains parlent-ils tant de « théorie du complot » ?
  4. Les médias font-ils le jeu du complotisme ?
  1. Les complots, ça existe ou pas ?

Partons de la définition. Une synthèse des dictionnaires peut se résumer ainsi: « projet secret élaboré par plusieurs personnes contre une autre ou contre une institution ». Sur base de ces divers éléments, vérifions ensemble :

Nous ne discuterons pas ici la question de savoir si chaque guerre est vendue avec de tels médiamensonges (cachant à l’opinion les véritables objectifs). Nous voulons juste souligner que les complots font bel et bien partie de la politique internationale, particulièrement en ce qui concerne les guerres et les coups d’Etat.

Les complots sont-ils toujours de droite ? Non. Si on se base sur la définition du dictionnaire, quand Castro et Che Guevara organisent à partir de 1955 – en secret évidemment – une insurrection pour renverser la dictature militaire pro-US qui opprime Cuba, est-ce un complot ? Oui. Progressiste cette fois : en faveur du peuple. Au contraire des complots tramés par des élites pour leurs intérêts égoïstes. Bref, il existe des complots de droite et des complots de gauche.

—————————————————————————

  1. Le complotisme permet-il de comprendre le monde ?

Ma réponse a toujours été très claire : Non ! Je l’ai écrit noir sur blanc dans mon livre Israël, parlons-en ! : « Le conflit Israël – Palestine n’est pas une guerre de religion. Ce n’est pas non plus un complot juif. (…) La réalité est bien plus simple. La réalité derrière Israël, c’est tout simplement notre système économique et social. Le capitalisme, de par ses lois économiques « naturelles », provoque inévitablement une grande accumulation de richesses à un pôle, et de pauvreté à un autre pôle. Depuis sa formation jusqu’à aujourd’hui, le capitalisme a créé des fortunes de plus en plus grandes et de plus en plus puissantes. Ces gens entendent contrôler les matières premières et le pétrole est la plus stratégique. Pour le contrôler, ils soutiennent les dictatures pétrolières arabes et Israël. Ce n’est pas un mystérieux « complot », c’est juste une question de logique économique. »[6]

Je l’ai répété dans mon livre sur Charlie : « La seule façon de dépasser le faux problème du complot consiste à débattre objectivement sur les faits : en confrontant les deux versions, en ne croyant personne sur parole et en vérifiant tout sur base des meilleures sources selon les possibilités : témoins directs, témoins indirects fiables, documents, rapports et communiqués. Tout cela des deux côtés bien sûr. »[7]

Mais qui a développé ce concept de « complotisme » ? C’est l’historien US Richard Hofstadter. Dans son ouvrage The Paranoid Style in American Politics  (1964), il étudia l’idéologie de l’extrême droite US et notamment la chasse aux sorcières du maccarthysme (1950 – 1956)[8]. Cette campagne de répression anticommuniste d’extrême droite avait été orchestrée par le sénateur Joseph McCarthy. Il prétendait que les Etats-Unis étaient gravement menacés par un complot : « Des hommes haut placés dans ce gouvernement travaillent de concert pour nous livrer à la catastrophe ? Ceci doit être le produit d’une grande conspiration, une conspiration si ignominieuse que, lorsqu’elle sera mise à jour, ses principaux protagonistes seront à jamais voués aux gémonies par les honnêtes gens. »[9] Au fond, McCarthy reprenait le thème obsessionnel d’Hitler : une grande conspiration mondiale judéo-maçonnico-bolchévique menaçant l’Allemagne.

Le travail d’Hofstadter mérite notre attention. Car il fournit une grille très précise pour analyser les composantes de l’esprit complotiste qu’il appelle « paranoïaque ».  Selon Hofstadter, le porte-parole paranoïaque nous entraîne dans un univers où politique et théologie « expliquent » des événements qui en réalité ont été prophétisés et se préparent depuis plusieurs générations. La « grande conspiration » est tramée par des forces maléfiques aux pouvoirs gigantesques et quasi surnaturels ; cette machination envahit tous les pouvoirs : politiques, éducatifs, médiatiques, religieux, et donc aussi l’Etat. C’est même pour cela qu’on n’en parle pas : le silence a été bien organisé, ce qui confirme l’emprise des comploteurs. Dans cet univers, le genre humain verra très bientôt le « bien » triompher du « mal ». Il s’agit donc de se ranger du bon côté.

Dans les périodes de crise et de désarroi idéologique, on assiste toujours à une recrudescence de la croyance aux complots. Et actuellement nous sommes bien dans une telle période pour diverses raisons :

—————————————————————————

Le complotisme ne permet pas de comprendre l’économie

En matière économique, le complotisme est particulièrement à côté de la plaque. Certes, les complots existent. Quand les principales banques du monde s’entendent pour manipuler les taux de change de devises et accumuler ainsi des bénéfices extra, et qu’elles sont condamnées à 1,7 milliards d’amendes par l’UE [10], de quoi s’agit-il, sinon d’un complot ? De même, quand des multinationales s’arrangent entre elles, secrètement, pour fixer des prix trop bas aux matières premières qu’elles achètent ou des prix trop élevés aux produits qu’elles vendent, n’est-ce pas un complot ? Et quand une juge de New York, Denise Cote, condamne Apple pour avoir orchestré une entente avec de grands éditeurs aux Etats-Unis pour augmenter les prix des livres électroniques (« Les plaignants ont démontré qu’Apple avait conspiré pour relever les prix »), elle applique une définition juridique correcte.

Mais généraliser et prétendre que l’économie est complètement manipulée par un grand complot, que par exemple la crise économique a été délibérément provoquée par les banques pour augmenter leurs profits ou pour détruire les classes moyennes, là on entre dans le fantasme, car cela ne correspond pas aux faits observés.

En réalité, dès sa naissance quasiment, le système capitaliste n’a cessé d’être accompagné de crises à intervalles plus ou moins réguliers. Pourquoi ? Parce que ce système est basé sur trois lois économiques fondamentales :

  1. La propriété privée des grandes usines et autres entreprises (les forces de production).
  2. La concurrence entre ces patrons.
  3. Le profit maximum comme moyen fondamental de vaincre ses concurrents.

Ensemble ces trois lois produisent un engrenage qui s’impose de manière automatique : chaque grand capitaliste doit absolument exploiter au maximum ceux qui travaillent pour lui. C’est-à-dire les faire produire le plus possible, les payer le moins possible, et même parfois licencier le plus possible en intensifiant le travail de ceux qui restent. Et ce n’est pas une question de sentiments : les capitalistes agissent ainsi non parce qu’ils sont « méchants » mais parce que s’ils ne le font pas, ils seront éliminés ou avalés par les concurrents. Chacun pour soi et tous contre tous.

Problème : quand un capitaliste réalise de telles économies, ses rivaux font évidemment pareil. Résultat : tous appauvrissent ceux qui travaillent pour eux. Dès lors à qui vont-ils vendre puisqu’ils ont détruit le pouvoir d’achat de leurs acheteurs ?

On pourrait se dire : mais les capitalistes s’étant enrichis, ils vont dépenser davantage et quand même faire tourner l’économie ? Non. En augmentant la part des profits au détriment des salaires, ils se donnent les moyens d’augmenter leur capital et leurs forces de production. Mais le pouvoir de consommation ne peut pas suivre puisqu’il a été réduit. Et ce déséquilibre fondamental revient sans cesse dans le système capitaliste. Il n’y a pas de planification veillant à l’équilibre entre les investissements et les salaires.

En conséquence, à un moment donné, il y a trop de produits sur le marché par rapport aux revenus qui peuvent être employés à les acheter. C’est la « surproduction », le blocage. Les uns sont capables de produire de plus en plus, mais les autres ne peuvent acheter tout ça. Ne pouvant plus vendre assez, les capitalistes arrêtent partiellement la production et donc leur accumulation de richesses.

Conclusion. Cela ne provient pas du complot de quelques-uns. C’est un effet automatique des trois lois du capitalisme et, contrairement à certains récits complotistes, les capitalistes n’en sont pas heureux car cela met en danger leurs profits, et parfois même l’existence de certains d’entre eux.

—————————————————————————

Sont-ils tout puissants ?

Une variante du complotisme prétend que l’économie serait dirigée de façon occulte par un petit groupe de gens mystérieux qui tirent les ficelles clandestinement. La réalité est bien plus simple : environ deux cent grandes multinationales dominent tous les secteurs clés de l’économie. Et ça n’a rien de clandestin, elles ont toutes un siège social et une adresse, des dirigeants et des actionnaires connus. Avec des revenus et des propriétés identifiés, des trains de vie luxueux. Tout cela généralement discret, oui, mais secret, non. Les « maîtres du monde » sont donc bien connus. Et c’est important, car on peut donc décider qui il faut combattre si on veut défendre l’intérêt collectif contre les intérêts égoïstes.

Alors, qu’est-ce qui freine ou empêche ce combat ? Plusieurs causes que nous verrons. Mais d’abord le fait que les médias présentent l’économie de façon déformée en ne donnant la parole qu’aux experts procapitalistes. On en vient à présenter les lois économiques du capitalisme comme « naturelles et inévitables » en martelant qu’il n’y a pas d’alternative. On tue l’espoir.

Mais revenons au complotisme. En réalité, cette vision d’une économie qui serait dirigée par des comploteurs tout puissants est fausse et dangereuse. Fausse parce qu’en réalité personne ne peut contrôler l’ensemble de l’économie. Certes, d’un côté, les capitalistes s’entendent entre eux pour défendre leurs intérêts face aux travailleurs et aux populations. Et aussi pour défendre leurs intérêts contre ceux des autres pays. En ce sens, ce sont clairement eux qui dominent une économie qui n’est pas du tout démocratique. Mais, de l’autre côté, ils se font aussi concurrence entre eux et cela affaiblit l’ensemble de leur système. Comme Albert Einstein l’avait très bien analysé en 1949 : « L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus. » [11] Bon diagnostic avec les trois éléments : propriété, profit maximum, compétition.

De ce diagnostic (où Einstein rejoint Marx en fait) nous pouvons tirer deux conclusions. 1. Sur le rapport entre les banquiers et les industriels. 2. Sur les rapports au sein même de la classe capitaliste en général.

  1. Ne pas exagérer l’importance de la banque. Certes, historiquement, les banquiers ont joué un rôle important dans la première accumulation du capital qui a permis la révolution industrielle et la formation des grands monopoles. Et ils restent un rouage important du système économique actuel. Mais l’idée qu’eux et la spéculation seraient seuls responsables de la crise et des maux du capitalisme n’est pas scientifique, elle ne reflète pas les lois réelles de son fonctionnement.

En réalité, les multinationales industrielles sont la base du capitalisme, leur exploitation est la cause fondamentale de la crise, et ce sont elles, en dernière instance, qui provoquent les guerres. Einstein montre bien qu’en supposant que les banques n’existeraient pas, eh bien, même dans ce cas, les industriels provoqueraient des crises, conséquences des règles que nous avons décrites. Dès lors, centrer toute l’attention, par exemple, sur Goldman Sachs et ses complots (réels ou imaginaires), c’est nier le problème d’ensemble de ce système capitaliste. C’est faire croire qu’en le guérissant de sa « maladie banquière ou spéculative » il serait capable de mettre fin à l’exploitation et d’assurer le bien-être à tous. Illusion réfutée par les faits : jamais l’humanité n’a produit autant de richesses, jamais il n’y a eu autant d’hommes mourant de faim.

  1. Bien mesurer les contradictions entre capitalistes. On parle souvent des rencontres du groupe Bilderberg comme étant le pouvoir absolu et totalement secret de notre société. D’un côté, il est exact que cet organe où se concertent les plus grandes multinationales a davantage de pouvoir que les gouvernements et peut leur dicter les grandes orientations. De l’autre côté, le fait que les principaux capitalistes se concertent entre eux et tentent de s’entendre sur certaines questions ne supprime pas la concurrence acharnée que ces grandes multinationales se mènent également entre elles et qui les affaiblit.

Quand les principales banques US se voient infliger des amendes colossales, comme indiqué plus haut, et que Goldman Sachs écope de cinq milliards de dollars, il est difficile de croire que tout cela fait partie du grand complot tramé par Goldman Sachs qui serait le maître absolu du monde. Il faut rester sérieux. Cette amende est l’effet concret des contradictions entre les banques et les autres capitalistes, ceux-ci estimant que les banques leur ont fait du tort, voire ont mis l’ensemble du système en danger et qu’il faut donc faire la police.

La Première Guerre mondiale est bien la preuve que si les capitalistes peuvent en effet s’entendre sur certaines questions d’intérêt commun, ils peuvent aussi avoir entre eux des conflits totalement destructeurs et pas du tout planifiés. Certes, au départ, chaque camp souhaitait la guerre, espérant la gagner vite et pas cher. Cependant personne n’avait prévu qu’elle durerait aussi longtemps et que certaines puissances en sortiraient très affaiblies, voire détruites. L’Allemagne, récemment montée en puissance, exigeait : 1. L’Alsace-Lorraine, c’est-à-dire le charbon et l’acier. 2. Les Balkans comme voie stratégique vers l’Orient et le pétrole. 3. Les colonies africaines enfin dont elle estimait « ne pas avoir eu sa part ». La Grande-Bretagne et la France poursuivaient leurs propres objectifs impérialistes. L’idée que ces puissances auraient comploté ensemble est absurde[12].

Pour conclure sur ce point, un « complot global » est impossible car les capitalistes sont en concurrence entre eux. Ils peuvent s’entendre sur un ou plusieurs complots quand leurs intérêts convergent sur un point, dans une région ou pour abattre un dirigeant. Mais ils ne peuvent pas s’entendre sur un « complot global » car leurs intérêts divergent et que chacun veut abattre l’autre.

—————————————————————————

Analyse complotiste ou analyse stratégique ?

Fausse donc, cette vision du « capitalisme complot tout puissant » est dangereuse. Car elle donne l’impression que l’Histoire est faite non par la lutte entre les diverses classes et forces sociales dont chacune défend ses intérêts mais par une poignée de gens tout-puissants. Et donc cette vision décourage la résistance des victimes de ce système. Elle donne l’impression que les travailleurs et citoyens n’ont aucune chance de marquer des points. Or, toute l’histoire de la lutte ouvrière et citoyenne montre qu’il est tout à fait possible de se défendre et d’obtenir des progrès sociaux : interdiction du travail des enfants, limitation de la journée de travail (jusqu’à quinze heures/jour au 19ème siècle !), obtention de la Sécurité sociale (assurances contre le chômage, la maladie, l’accident de travail, la vieillesse), respect de l’hygiène et de la sécurité au travail. Toutes ces avancées ont été obtenues par des luttes ouvrières. Si les travailleurs européens d’aujourd’hui ont un certain niveau de vie, c’est grâce aux luttes de leurs parents et grands-parents, il ne faut jamais l’oublier. Surtout que les capitalistes veulent à présent reprendre tout ce qu’ils ont dû concéder.

Pour défendre ces conquêtes et pour obtenir de nouveaux progrès, il faut donc ne pas se laisser intimider par une prétendue toute puissance, occulte ou non, des patrons, mais au contraire les voir tels qu’ils sont : avec leurs forces mais aussi leurs faiblesses. On doit, sans nier les difficultés, avoir confiance en ses propres forces. Le complotisme est une forme de défaitisme et au fond il fait le jeu des patrons et de l’exploitation.

Saïd Bouamama a bien expliqué l’opposition complète entre les deux modes de pensée : « La théorie du complot présente les événements politiquement signifiants comme le résultat d’une conspiration globale orchestrée en secret par un groupe social plus ou moins important. L’approche stratégique c’est-à-dire matérialiste analyse l’histoire comme le résultat de la lutte entre les groupes dominés (classes, minorités nationale et/ou ethniques, nations, femmes, etc.) et les groupes dominants basée sur une divergence d’intérêt matériel. » [13]

La différence est essentielle : l’analyse matérialiste (au sens d’une approche scientifique basée sur les faits matériels, observables et prouvables) montre comment il est possible de lutter en profitant des points faibles de l’adversaire. Tandis que le complotisme mène dans une impasse en ciblant de faux ennemis, généralement inatteignables.

Le complotisme ne permet pas de comprendre les guerres

En matière de guerre, il y a bel et bien des complots, on l’a vu. Mais là aussi il serait dangereux de croire que les grandes puissances réussissent tous les complots qu’elles préparent. Le complot réussit quand il y a dépolitisation et absence de mobilisation.  Il échoue quand la résistance des « victimes » est consciente et bien organisée. Les Etats-Unis ont été vaincus au Vietnam, le peuple palestinien résiste depuis plus de soixante ans, les Etats-Unis ont certes plongé l’Irak dans le chaos mais ils n’ont pas réussi à contrôler et exploiter ce pays comme Bush l’espérait, des coups d’Etat ont échoué en Bolivie, en Equateur, au Venezuela. Bref, le monde est une lutte entre des forces opposées, ce ne sont pas toujours les mêmes qui gagnent et beaucoup dépend de l’unité et de la conscience des populations. Leurs agressions et complots peuvent donc être mis en échec si la population a été bien préparée à résister. Ce qui commence par une bonne information sur la réalité des choses.

Et pour bien s’informer, il faut rompre consciemment et entièrement avec les deux fantasmes : le complotisme et la naïveté. Car nous nous trouvons face à deux dangers : voir des complots partout et voir des complots nulle part. La première théorie nous propose une explication bidon qui ne permet pas de comprendre la société, ni de la transformer. En cachant les vraies cibles, elle fait le jeu du pouvoir. La seconde théorie veut nous pousser à faire confiance aux dirigeants politiques qui nous diraient la vérité. Toutes deux sont des pièges parallèles.

Voir des complots partout ? Au lieu d’étudier soigneusement les mécanismes du capitalisme, le complotisme est une explication paresseuse que certains veulent imposer aux masses pour les empêcher de réfléchir et pour les manipuler. Souvent en vue de s’emparer du pouvoir. Hitler parlait du « grand complot judéo-bolchévique » et au début il tonnait, en paroles, contre les banques, mais il était payé par les grands banquiers et industriels allemands et toute son action les a servis[14].

Voir des complots nulle part ? Ceux qui ne voient de complots « nulle part » devraient alors à nous expliquer à quoi servent les services secrets ! Les vingt mille employés de la CIA sont-ils payés pour jouer aux mots croisés ou pour comploter ? C’est le moment de citer cette plaisanterie fort en vogue en Amérique latine : « Pourquoi n’y a-t-il jamais eu de coup d’Etat aux Etats-Unis ? » Réponse : « Parce que c’est le seul pays où il n’y pas d’ambassade des Etats-Unis ! ».

Et quand la NSA espionne le monde entier, vous croyez que c’est juste contre le terrorisme ou pour aider secrètement les entreprises US à affaiblir leurs rivales étrangères ? La théorie de la naïveté, franchement, ne vaut pas mieux que la théorie du complot !

Finalement, comment arriver à une vision objective de l’Histoire et des conflits actuels? A mon sens, il faut dire qu’il y a eu des complots dans l’Histoire, assez bien même (pensons aux nombreux coups pour remplacer un dirigeant par un autre), mais qu’ils ne font pas l’Histoire, ils n’en constituent pas l’essence. Ils ne sont qu’un moyen parmi d’autres pour défendre des intérêts.

—————————————————————————

  1. Pourquoi certains parlent-ils tant de « théorie du complot » ?

Alors, si je dénonce clairement le complotisme, pourquoi certains m’accusent-ils quand même d’être un « complotiste » ? Et suis-je le seul ?

En fait, pas du tout, dès que quelqu’un critique la politique internationale des Etats-Unis, de la France ou d’Israël, en montrant son caractère global, il se voit accusé de « théorie du complot ».

Voici une petite liste (très incomplète) des “diabolisés” : Ziegler, Chavez, Castro, Le Grand Soir, Lordon, Ruffin, Kempf, Carles, Gresh, Bricmont, Bourdieu, Morin, Mermet, Boniface, Enderlin, Cassen, Siné, Bové, Péan, Godard, Jean Ferrat, Seymour Hersh, Wikileaks, et même des analystes juifs : Hessel, Chomsky, Finkelstein.

En fait, c’est très pratique. Vous n’avez pas d’arguments à opposer aux faits avancés ? Alors, traitez simplement vos adversaires de « complotistes », et le tour est joué : plus besoin d’argumenter sur les faits, plus besoin de réfuter les preuves ! La « théorie du complot », c’est le truc de l’avocat qui sait que son dossier est pourri.

J’en ai eu personnellement la preuve quand j’ai débattu avec Henri Guaino (auteur des discours de Sarkozy). J’exposais concrètement les crimes de ses amis des multinationales françaises au Mali et au Niger. N’ayant rien à répondre, tout ce qu’il a trouvé à sortir, c’est « théorie du complot » ! [15]

Nous avons vu que « théorie du complot » était au départ un concept progressiste développé par Hofstadter pour rendre compte des délires et fantasmes de la pensée d’extrême droite. Malheureusement, selon une méthode assez typique, il fut ensuite récupéré et manipulé par la CIA à partir de 1963. Il s’agissait alors de discréditer ceux qui demandaient une véritable enquête sur l’assassinat du président Kennedy : par un homme seul ou bien par une conspiration ? Et depuis lors, « théorie du complot » est constamment utilisé par les responsables des Etats-Unis pour discréditer les critiques et refuser de débattre sur les faits. Car le meilleur moyen de manipuler, de diviser et de battre les progressistes, c’est d’utiliser et détourner leurs propres arguments, tant les idées conservatrices sont en soi inconsistantes.

Si ça se limitait à cela, ce ne serait pas un si grand problème. Mais ces dernières années a été relancée dans les médias et sur Internet une campagne systématique contre certains analystes arbitrairement étiquetés « complotistes ». A partir de quand ? A partir du massacre de Gaza, en janvier 2009, quand Israël se retrouva de plus en plus critiqué et isolé dans l’opinion publique internationale.

Cette campagne ne tombe pas du ciel. Enfin un peu quand même : disons, du sommet de l’Etat. Aux USA, le site officiel du Département d’Etat brode pas mal sur le thème « complotisme et antisémitisme ». De même, en France, après Sarkozy, le président Hollande a exploité le filon devant le lobby pro-Israël du CRIF :

« L’antisémitisme a changé de visage. (…) aujourd’hui, il se nourrit aussi de la haine d’Israël. Il importe ici les conflits du Moyen Orient. Il établit de façon obscure la culpabilité des juifs dans le malheur des peuples. Il entretient les théories du complot qui se diffusent sans limite. Celles même qui ont conduit au pire. Nous devons prendre conscience que les thèses complotistes prennent leur diffusion par internet et les réseaux sociaux. Or nous devons nous souvenir que c’est d’abord par le verbe que s’est préparée l’extermination. Nous devons agir au niveau européen et même international pour qu’un cadre juridique puisse être défini et que les plateformes internet qui gèrent les réseaux sociaux soient mises devant leurs responsabilités, et que des sanctions soient prononcées en cas de manquements. »[16]

Confondant avec mauvaise foi l’antisémitisme (racisme anti-juifs) et l’antisionisme (refus du colonialisme israélien, c’est-à-dire d’un Etat théocratique reposant sur une discrimination ethnique, bref un Etat complètement antidémocratique), le président Hollande criminalise ceux qui sont solidaires des Palestiniens. Il les assimile carrément aux nazis et cherche en fait à nous interdire de parler contre la politique d’Israël. La thèse « théorie du complot » prépare donc une très grave attaque contre la liberté d’expression.

Toujours proche de l’Elysée, Bernard-Henri Lévy emboîte évidemment le pas en accusant « cette maladie moderne qui s’appelle le complotisme »[17] et en organisant un « débat » en 2012 contre « le conspirationnisme ». Comme le fit remarquer un spectateur, aucun contradicteur ne fut invité. Cet homme qui jouit d’une énorme fortune, accumulée sur le dos de travailleurs africains du bois, mal payés, mal soignés et carrément volés par sa société familiale, se permet de donner au monde entier des leçons de dignité humaine et de rigueur de pensée.

—————————————————————————

Des lobbyistes manipulant les textes

Alors est-ce un hasard si les politiques fuient tout débat contradictoire et s’ils sont remplacés par quelques pseudo-journalistes proches d’Israël et des néo-cons US ? Dans ce lobby d’un nouveau genre, on retrouve Caroline Fourest, Rudy Reichstadt et Ornella Guyet. Tous trois ont coopéré avec des think tanks de droite radicale, US ou français[18].

Faut-il alors s’étonner que Caroline Fourest me traite de « complotiste », Rudy Reichstadt de « conspirationniste » et Ornella Guyet (souvent cachée sous divers pseudos antifascistes) de « confusionniste » ? Tiens, pourquoi a-t-elle sorti ce curieux concept ? Parce qu’elle se rendait compte que les autres accusations ne tenaient pas debout ? Pour faire preuve d’originalité ? L’explication est peut-être plus simple : personne ne comprend ce terme qui ne veut rien dire, et dès lors comment voulez-vous réfuter un concept aussi… confus ? C’est pratique.

Les manipulations et les sources d’extrême droite de ce trio ont été exposées très clairement par divers critiques : Fourest ici[19], Reichstadt et son site Conspiracy Watch ici[20] et Guyet, démasquée par Le Grand Soir, Acrimed et Le Monde Diplomatique, ici[21]. Ces obsédés de la théorie du complot ont en commun deux caractéristiques :

Première caractéristique : la manipulation des textes. Ils ne cherchent pas la vérité mais cachent ou déforment systématiquement mes textes qui gênent leurs thèses. Ou alors ils me prêtent des amitiés avec des gens que je ne soutiens pas (et parfois même ne connais pas !), espérant ainsi salir en amalgamant. Tout ceci n’a rien à voir avec le journalisme dont ils se réclament, ce sont en fait des procureurs acharnés qui enquêtent toujours à charge et écartent tout ce qui contredit leurs accusations. Ce ne sont pas des journalistes, mais des lobbyistes.

Ils se comportent ainsi avec toutes leurs « cibles ». D’une façon si malhonnête que Pascal Boniface leur a consacré un livre : « Les intellectuels faussaires ». Comme l’a indiqué François Ruffin (mensuel Fakir, également diabolisé), les diaboliseurs appliquent une recette malhonnête : « D’abord caricaturer à l’extrême de façon à donner une image simpliste de l’adversaire. Puis conclure, du soi-disant « simplisme » de ces « néo-gauchistes » à leur prétendue adoption généralisée de la théorie du complot. »[22].

Deuxième caractéristique : la lâcheté. Les diaboliseurs refusent soigneusement de débattre avec ceux qu’ils diabolisent. Voilà qui est surprenant : ils se désolent qu’un large public sombre dans le complotisme en étant influencé et manipulé par des gens comme moi. Mais chaque fois que je leur ai proposé un débat contradictoire et publié sur mon site Investig’Action, ce qui leur aurait donné une chance extraordinaire de faire revenir au bercail toutes ces brebis égarées, ils ont lâchement refusé. Pourquoi ? La seule explication est qu’ils savent qu’ils mentent, ils savent que leurs arguments reposent sur des falsifications de textes.

Le débat sur le complotisme est un faux débat agité pour faire diversion. La vérité est beaucoup plus simple : dans les luttes sociales comme dans les luttes Nord – Sud, dominants et dominés élaborent des stratégies pour l’emporter, c’est tout à fait normal. Ces stratégies comportent des combats idéologiques, des affrontements ouverts et aussi des complots. Tout ne se ramène pas aux complots mais ils font partie de la stratégie de lutte. En accusant de « complotisme », on veut décourager de dénoncer les stratégies néocoloniales et guerrières.

Reste une question : pourquoi dépenser tant d’énergie à diaboliser ? Faire changer d’avis ceux qui me lisent ? Impossible : ils savent que j’ai écrit exactement le contraire de ce qu’ils m’attribuent. Mais alors quel est le véritable objectif des diaboliseurs ? Il s’agit de faire peur à ceux qui ne me connaissent pas. Il s’agit de dresser un mur entre les gens qui se posent des questions sans avoir les moyens d’y répondre et nous qui apportons des réponses avec des faits concrets. Il s’agit de rabattre les hésitants vers la version officielle. Ridiculiser les citoyens qui mettent en doute la version officielle, marteler que le pouvoir est honnête malgré ses défauts et qu’il ne faut ne pas se poser de questions : à qui cela profite-t-il ?

Pour le comprendre, il ne faut pas se limiter à parcourir telle ou attaque circulant en boucle sur le Net mais il faut absolument regarder l’ensemble de ce que ces gens ont écrit. Afin de comprendre dans quel camp ils se rangent et où ils veulent nous embarquer.

—————————————————————————

Caroline Fourest : une complotiste ?

Prenons le cas de Fourest. Parmi les médias qui la citent complaisamment comme « experte du complotisme », lequel ira creuser un peu et signaler l’article qu’elle a publié dans le Wall Street Journal (journal patronal des Etats-Unis), article intitulé « La Guerre pour l’Eurabie »[23] ? Selon Fourest, l’Europe serait en train d’être envahie par les Arabes. Manipulés par l’islamisme, ces immigrants incapables de s’intégrer représenteraient une menace pour la démocratie. Au point que Londres serait devenue « Londonistan ».

Cette thèse délirante, elle l’a recopiée directement de trois idéologues d’extrême droite. L’un s’appelle Norman Podhoretz, c’est un auteur US qui a constamment mené campagne pour bombarder l’Iran : « principal foyer de l’idéologie islamo-fasciste contre laquelle nous nous battons depuis le 11 septembre »[24]. Une autre source est Daniel Pipes, autre idéologue US d’extrême droite, auteur de La Menace de l’Islam, s’est notamment signalé en soutenant le xénophobe hollandais Geert Wilders.

Mais la créatrice originelle du terme Eurabia, c’est  Bat Ye’or, essayiste britannique porte-parole du lobby pro-Israël. Voici comment est présenté son livre « Eurabia – L’axe euro-arabe » : « Depuis plus de trois décennies, l’Europe planifie avec les pays de la Ligue arabe la fusion des deux rives de la Méditerranée. Par le « Dialogue euro-arabe », elle a développé une structure d’alliances, et souvent d’allégeances, avec le monde arabe. Elle sacrifie son indépendance politique tout comme ses valeurs culturelles et spirituelles en échange de garanties (quelque peu illusoires) contre le terrorisme et d’avantages économiques que lui dispensent les pays arabes. Si ces derniers fournissent à l’Europe des hydrocarbures, s’ils lui offrent des marchés, ce n’est pas sans lui imposer des contreparties : ils exigent d’elle une ouverture sans cesse accrue à leur culture, à leur langue, à leur religion – l’islam -, à leurs émigrants, qu’ils veulent toujours plus nombreux. Ils arrachent aux pays d’accueil des conditions visant à maintenir ces émigrants dans leur culture d’origine au lieu de faciliter leur intégration. Enfin l’alliance euro-arabe se base sur une politique commune hostile à Israël et aux Etats-Unis. C’est une stratégie de subornation de l’Europe qui est ainsi mise en œuvre par les pays arabes, avec l’active complicité des instances dirigeantes européennes : la Commission européenne pilote un puissant dispositif financier servant cette politique ; elle a déployé une immense toile médiatique fabriquant le « politiquement correct eurabien » ; elle a enrégimenté les institutions scolaires et universitaires, et parfois même les Eglises, dans cette entreprise de dénaturation de l’identité européenne ».

 Résumons cette thèse Eurabia : les pays arabes appliquent un plan secret d’islamisation de l’Europe et les élites européennes sont complices. Si ça n’est pas une théorie du complot, nous sommes le Pape ! Il est donc étonnant de constater que les médias si élogieux sur Fourest se taisent complètement sur ce concept Eurabia, clé de voute de sa « pensée ». Pourtant, une analyse rapide permet d’y retrouver tous les critères permettant de définir une théorie complotiste selon Hofstadter : 1. La conspiration dure depuis plusieurs décennies. 2. Allégeance à une puissance étrangère (le monde arabe). 3. L’Europe sacrifie ses valeurs. 4. Les Arabes imposent leur langue, leur religion et leurs valeurs. 5. L’axe euro-arabe est hostile à Israël et aux Etats-Unis. 6. Les dirigeants européens laissent faire ou sont complices. 7. Tout cela constitue une entreprise pour dénaturer l’identité européenne.

Le problème ne se limite pas à Fourest. Le site Conspiracy Watch est aussi érigé en « expert » du complotisme par certains médias, lesquels oublient de mentionner que Reichstadt y recopie les thèses les plus racistes des néocons US et israéliens.

Leur père spirituel, Pierre André Taguieff, est souvent présenté comme un penseur, grand théoricien du conspirationnisme. En réalité Taguieff a grossièrement contrefait la grille d’analyse de Richard Hofstadter, en la fusionnant au prêche islamophobe et belliqueux de Daniel Pipes et Bat Ye’or. De 2009 à 2013, Taguieff a publié ses nombreuses « analyses » sur le site dreuz.info. Ce site islamophobe d’extrême droite voit en Obama un « antisémite », qui nommerait un peu partout des « frères musulmans », ce qui serait normal vu son second prénom « Hussein » [25]. On voit le niveau, et ces gens-là nous donnent des leçons sur ce qu’est le complotisme !

Ainsi, Lévy, Fourest, Reichstadt, Guyet se sont instaurés en une véritable police de la pensée unique. Pour étouffer tout questionnement. A travers nous, ce qu’ils attaquent c’est en fait le droit de tous les citoyens de s’informer librement. Evidemment, quand on voit leurs méthodes de faussaires, on doit vraiment se demander pourquoi tant de médias les recopient complaisamment alors que ces accusations ne tiennent pas debout ? Dans quel intérêt ? Ceci nous amène à notre dernière question…

—————————————————————————

  1. Les médias font-ils le jeu du complotisme ?

Cette question pourra sembler bizarre puisque les médias dominants ne cessent de mettre en garde contre le complotisme. Mais peut-être faut-il y regarder de plus près ? Certains journalistes aiment à se moquer du public qui serait porté à « croire n’importe quoi sur Internet » et à tomber dans le complotisme. Ce sentiment de supériorité me semble déplacé. Pour deux raisons.

Première raison : ces « grands journalistes » ne sont-ils pas eux-mêmes tombés dans de nombreuses théories du complot ?

– En Roumanie, en décembre 1989, ils annoncent un charnier de 4.632 victimes des émeutes, tués par balles ou éventrés à la baïonnette. « Horrible charnier des victimes des manifestations de dimanche », affirme Le Monde. « Boucherie » titre Libération, « Chambres de torture où, systématiquement, on défigurait à l’acide les visages des dissidents et des leaders ouvriers », révèle El Pais. « Ceaucescu, atteint de leucémie, aurait besoin de changer son sang tous les mois », explique le scientifique TF1. En fait, ce grand complot de Ceaucescu n’a jamais existé comme nous l’expliquions dès ces « révélations » et comme les grands médias ont dû le reconnaître deux semaines plus tard [26]. Le charnier était totalement bidon.

– En 1990, ces mêmes médias annoncent que Saddam Hussein dont les troupes ont envahi le Koweit a fait voler toutes les couveuses d’une maternité à Koweit-City, condamnant les bébés à une mort atroce. Bidon aussi.

– En 1999, ils justifient les bombardements de l’Otan contre la Yougoslavie par l’existence d’un « Plan Fer-à-Cheval » serbe pour vider le Kosovo de ses habitants albanais. Ce complot n’existait que dans l’imagination fertile des conseillers com du ministre allemand de la Guerre Rudolf Scharping.

– En 2003, l’invasion de l’Irak est justifiée par le fait que Saddam Hussein cacherait des armes de destruction massive (chimiques et biologiques) pouvant nous menacer. Bidon encore.

– En 2011, le bombardement de la Libye est justifié par le fait que Kadhafi prévoirait d’exterminer les populations résistantes et aurait déjà massacré six mille personnes en quelques jours. Bidon toujours.

Et on pourrait ajouter de nombreux autres exemples. Bref, ces grands médias donneurs de leçons sont tombés dans tous les pièges de la propagande de guerre des trente dernières années. Pire : ils ont censuré nos infos quand nous donnions l’alerte. Bref, on peut se demander qui doit prendre des leçons de vigilance.

Deuxième raison pour être moins arrogant : en continuant à défendre bec et ongles la version officielle sur les guerres, en refusant de critiquer leurs propres erreurs et en refusant tout débat public sur la fiabilité de l’info, les médias dominants ne créent-ils pas eux-mêmes ce réflexe de méfiance généralisée dont ils souffrent aujourd’hui ?

Selon moi, ces deux raisons (tomber soi-même dans des théories du complot et refuser le débat) font que les médias dominants sont eux-mêmes responsables de la montée du sentiment complotiste. Les gens ont de bonnes raisons de se méfier, ils ont été tant de fois bernés, et tant d’innocents ont été tués à cause de ces médiamensonges ! On dira que les journalistes n’en sont pas eux-mêmes responsables, que cela provient de conseillers en com et en manipulations ? Sans doute, mais alors pourquoi ne pas lancer une grande enquête et un débat sur ces manipulations ? Ne faudrait-il pas mettre les gens en garde contre la propagande de guerre qui se répète à chaque fois ? Les traiter en adultes ?

En refusant de le faire, en continuant à informer comme si on nous disait toujours ou presque toujours la vérité, les médias poussent les gens à chercher l’explication ailleurs. Et vu qu’il n’y a malheureusement pas d’éducation aux médias dans les écoles, il est alors inévitable qu’une partie de ce public méfiant tombe dans les fantasmes répandus sur Internet.

Mais si les journalistes se méfiaient un peu plus, on n’aurait pas le coup des armes de destruction massive à chaque guerre. Bref, les médias ne sont pas innocents, ils sont les premiers responsables de ce qu’ils déplorent sans l’analyser sérieusement et sans se remettre en question. A mes yeux, le complotisme est l’enfant non reconnu des médias dominants.

—————————————————————————

La seule profession qui ne fasse jamais d’erreurs ?

Lancer à tout bout de champ l’étiquette « complotiste » me paraît un aveu d’impuissance du journaliste qui craint d’engager un débat démocratique sur la façon dont l’info peut être manipulée d’en haut. Malheureusement, il semble qu’il soit interdit à certains journalistes d’avouer qu’ils se sont trompés ou ont été trompés. Comme si cette profession était la seule à ne jamais commettre d’erreurs.

En réalité, quel journaliste ne s’est jamais trompé ? Mais les autocritiques sont rarissimes. On ne peut pas risquer de faire baisser l’audimat et perdre des recettes publicitaires ? Il semblerait que les médias appliquent la recette négationniste de Manuel Valls refusant d’analyser les causes, c’est l’eurojihadisme « Expliquer, c’est déjà un peu excuser »[29]. Pratique !

On ne débat pas ! Ainsi, quand l’hebdomadaire L’Express – Le Vif consacre un dossier au conspirationnisme, une « experte » en com, Aurore Vande Winkel, y recommande de ne jamais inviter les « complotistes » à l’écran. Même pour les réfuter car, « s’ils le faisaient, ils en « contamineraient » (sic) d’autres. Ce que les médias doivent faire, c’est donner la parole à des experts extrêmement pointus qui démonteront leurs arguments un par un. (…) Il faut prioritairement rétablir la confiance de la population dans les gouvernements et les médias »[30]. Ici, n’est-ce pas le tiroir-caisse qui parle ? Et quel mépris pour les gens, supposés incapables de se faire leur opinion par eux-mêmes entre deux points de vue ! Mais, service public ou service privé, les gens vous paient pour les informer correctement, pas pour répéter les communiqués des autorités !

Le mépris, Henri Maler (Acrimed) le considère comme une défaillance grave des médias dominants : « Trop rares sont les enquêtes journalistiques qui (…) dans les grands médias, ne se bornent pas à dénoncer des « cerveaux malades » et tentent de répondre à des arguments réputés « conspirationnistes » en s’adressant à de vastes publics qui doutent. Les explications journalistiques, quand elles existent, sont diffusées par des médias dont l’audience reste limitée. Voir du conspirationnisme partout interdit aux journalistes de lui faire face quand il est avéré. » Et il propose une autre méthode : « À ces défaites du journalisme, un seul remède : un peu moins d’imprécations et un plus de journalisme ! »[31]

Le philosophe Laurent Paillard pense aussi qu’il faut absolument débattre sur les infos : « La critique des médias inspirée de la sociologie est le meilleur antidote à la théorie du complot. Elle montre en effet que l’absence de pluralisme est l’effet d’une logique de classe et pas le résultat d’un pacte secret. »[32]

Logique de classe ? Le manque d’objectivité des médias dominants et leur soumission à l’ordre établi nécessitent en effet des analyses sociologiques dont Herman et Chomsky ont brillamment montré l’exemple dans Manufacturing Consent (La Fabrication du Consentement) en 1988 [33]. Les contenus médiatiques sont influencés par quatre grands facteurs : propriété des médias (aux mains du 1%), publicité envahissante des multinationales (idem), liaisons entre pouvoirs économiques, politiques et médiatiques (idem), et enfin domination – consciente ou non – de l’idéologie dominante (aussi celle du 1%).

On ne développera pas ici cette analyse que nous avons menée ailleurs. Mais il convient de réfuter l’idée que tout le problème viendrait du manque de temps dont les journalistes disposent pour bien travailler. Certes, il y a la pression du « toujours plus vite ! », mais elle n’explique pas tout. Il faut distinguer deux catégories. On a d’un côté les journalistes (la grande majorité) à qui leur patron ne laisse pas le temps de bien travailler, vérifier, recouper, enquêter. Ceux-là, on ne peut que les plaindre : dans l’info-marchandise (c’est-à-dire l’info support de pub), il n’est pas « rentable » de pratiquer la rigueur qu’on leur avait enseignée dans (certaines) écoles de journalisme.

Mais de l’autre côté, on a aussi le journaliste qui fait ses choix politiques, consciemment, aux côtés du 1%, et qui se prend pour Dieu-je-sais-tout. Par exemple, sur Arte, voici comment Daniel Leconte a introduit une grande soirée censée démasquer les complotistes : « On croyait tout savoir. Eh bien, paraît-il qu’on avait tort.[34] « Tout savoir », c’est ça votre définition du bon journaliste ?! Mais n’est-ce pas exactement le contraire ? Chercher et creuser ce qu’il ne sait pas pour bien nous l’expliquer ? En fait, Leconte ne manque pas de temps, il manque de dignité.

Le même mépris du citoyen spectateur se retrouve chez Fourest. Voici comment en février 2013, elle présentait son émission « Les obsédés du complot » sur France 5 : « Ils voient des complots partout et ont fait de la manipulation par les médias leur unique grille de lecture du monde et de l’actualité. Ce sont les « obsédés du complot », ces tribus d’internautes soumis à des mercenaires de la propagande passés maîtres dans l’art de désinformer pour radicaliser les identités et discréditer la démocratie en même temps que la presse. » Admirez les divers trucs…

Fourest ne travaille pas comme journaliste, mais comme lobbyiste. Elle ne cherche pas la vérité, mais le rôle de chien de garde. Alors, quand on nous balance cette étiquette « obsédés du complot », il faudra toujours se demander qui parle, quels sont ses antécédents, quels intérêts il ou elle défend. Il faudra toujours dépasser le jeu des étiquettes, vérifier les textes et analyser le fond des dossiers. Se faire son opinion par soi-même, ne croire personne sur parole.

 

Conclusion

Résumons notre analyse :

  1. Oui, les complots existent. Dans l’économie, dans la politique, dans les guerres.
  2. Mais ils ne constituent pas l’explication essentielle du fonctionnement de notre société. Le complotisme est une impasse qui empêche de comprendre.
  3. Les obsédés de la « théorie du complot » font ainsi diversion pour cacher leur absence d’arguments.
  4. Les médias, en refusant le débat sur leurs manquements, font le jeu du complotisme.

Investig’Action, par contre, travaille à proposer des explications qui ne soient pas simplistes, mais objectives. Prendre en compte la complexité des situations, en extraire les intérêts essentiels qui s’affrontent, éclairer les méthodes de désinformation qui cachent ces intérêts. Et exposer tout cela simplement dans un langage accessible à tous. Parce que la vérité est au service des gens.

Michel Collon.

Source: Investig’Action

___________________
Notes:

[1] La responsabilité de la CIA a été décrite dans un rapport interne The Battle for Iran vers 1975, établie par James Risen (New York Times) en 2000 et finalement reconnue en… 2009 par Obama dans son Discours du Caire :  « The United States played a role in the overthrow of a democratically elected Iranian government. »

[2] William Colby, directeur de la CIA (1973 à 1976) a reconnu que la CIA avait dépensé sept millions $ sur injonction de Kissinger pour « alimenter un climat propice au coup d’État ». 30 ans de CIA, 1978.

[3] Interview au Nouvel Observateur, 15 janvier 1998.

[4] Interview Democracy Now, 2 mars 2007.

[5] http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/tony-blair-and-iraq-the-damning-evidence-8563133.html

[6] Michel Collon, Israël, parlons-en!, Investig’Action, 2010, p 348.

[7] Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ?, Investig’Action, 2015, p. 232.

[8] Observatoire du néo-conservatisme, Hoftstadter et les théories du complot, https://anticons.wordpress.com/tag/hofstadter/

[9] https://anticons.wordpress.com/2015/04/28/theorie-du-complot-comment-le-best-seller-de-richard-hofstadter-le-style-paranoiaque-fut-detourne-par-les-neo-conservateurs-12/

[10] http://www.liberation.fr/futurs/2013/12/04/cartel-des-taux-l-ue-inflige-17-milliard-d-euros-d-amendes-a-8-banques_964103

[11] Monthly Review (USA), mais 1949.

[12] Michel Collon et Denise Vindevogel, 14-18, on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels (vidéo), http://www.michelcollon.info/14-18-On-croit-mourir-pour-la.html

[13] https://bouamamas.wordpress.com/2016/01/01/de-lesprit-du-11-janvier-a-la-decheance-de-la-nationalite-chronique-dune-annee-de-regression-culturaliste/

[14] Jacques Pauwels, Big business avec Hitler, Aden, Bruxelles, 2013. Kurt Gossweiler, Hitler, L’irrésistible ascension ?, Aden, 2006.

[15] Ce Soir ou jamais, https://www.youtube.com/watch?v=7a0VHV6_7os

[16] http://www.lepoint.fr/societe/au-memorial-de-la-shoah-hollande-pourfend-la-theorie-du-complot-et-le-negationnisme-27-01-2015-1899969_23.php

[17] www.bfmtv.com/international/bhl-victime-du-complotisme-en-tunisie-844100.html

[18] Fourest : Aussi avec le PDG de Total en mars 2012 et à Tel-Aviv http://www.ojim.fr/portraits/caroline-fourest/. Guyet : http://www.upr.fr/actualite/upr-parti-politique/qui-veut-nuire-a-lupr-dr-jekyll-mrs-hyde-lantifasciste-boutoleau-et-la-tres-americanophile-professor-guyet

[19] Lien Lettre à Karim Fadoul. Voir aussi mon livre, Je suis ou je ne suis pas Charlie, chapitre 9. LIEN

[20] https://anticons.wordpress.com/2013/09/09/rudy-reichstadt-opportuniste-neo-conservateur/

[21] http://www.legrandsoir.info/analyse-de-la-culture-du-mensonge-et-de-la-manipulation-a-la-marie-anne-boutoleau-ornella-guyet-sur-un-site-alter.html Voir aussi : http://free.niooz.fr/ornella-guyet-l-archetype-de-la-desinformation-anticons-observatoire-du-neo-conservatisme-4198539.shtml

[22] François Ruffin, L’air du soupçon, Fakir, 10 septembre 2013.

[23] http://www.wsj.com/articles/SB110729559310242790

[24] The Case for Bombing Iran, andrynoss.net, jiuin 2007.

[25] http://www.dreuz.info/2009/06/08/article-32392664/ http://www.dreuz.info/2015/09/29/barack-obama-nest-pas-musulman-mais-comme-il-les-aime-regardez-sa-nouvelle-trouvaille

 

[26] Solidaire (Belgique), 10 janvier 1990.

[27] Kommersant, 19 décembre 2014.

[28] Barack Obama « National Security Strategy », USA 2015.

[29] https://jeanyvesnau.com/2016/01/11/manuel-valls-expliquer-cest-deja-vouloir-un-peu-excuser-comment-faut-il-entendre-le-premier-ministre/

[30] L’Express – Le Vif, 6 février 2015.

[31] www.acrimed.org/Journalisme-contre-complotisme-des-imprecateurs-qui-se-prennent-pour-des

[32] « Opération Correa : un film antidote à la théorie du complot », Laurent Paillard, Les ZIndigné(e)s no 24)

[33] Voir aussi notre Attention, médias!, 1992 (épuisé).

[34] http://www.acrimed.org/Arte-et-la-theorie-du-complot-une-emission-de-propagande-de-Daniel-Leconte

Source : http://www.investigaction.net/complotiste-moi


Manifeste n° 1 : NOUS NE SOMMES PAS EN DÉMOCRATIE ! (édition La Relève et la Peste)

Sat, 18 Mar 2017 14:38:36 +0000 - (source)

La jeune équipe de La Relève et La Peste vient de publier une chouette mise en page et une belle réalisation (beau papier, belle impression, reliure cousue en fil rouge…) du texte dans lequel je propose que, comme des adultes politiques, nous comparions enfin, point par point, élection et tirage au sort.


http://lareleveetlapeste.fr/manifeste-numero-1/

 
C’est un peu « mon premier livre », tout petit 🙂

En fait, c’est un chapitre avant-coureur…

Pour vous procurer ce « manifeste n°1 » :

http://lareleveetlapeste.fr/produit/manifeste-1/

Vous pouvez voir le texte et la vidéo correspondante ici :
http://chouard.org/blog/2016/12/21/video-et-texte-lantidote-universel-au-capitalisme-ce-sera-un-peuple-devenu-constituant-capable-de-conduire-lui-meme-le-proces-de-lelection/

Je me demande bien ce que vous allez penser de cette version papier 🙂

Etienne.


Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155063742192317


[Très intéressant] Rencontre « La France Insoumise » / « Les Citoyens Constituants »

Thu, 16 Mar 2017 22:22:54 +0000 - (source)

//www.youtube.com/watch?v=CEmK0eirBEU

Merci à Emmanuel, merci à Raphaël, merci à Alexis (je ne connais pas le prénom des autres intervenants) 🙂 pour ce moment très intéressant.

[Edit, après une nuit à ruminer tout ça]

On voit dans cette rencontre
• des arguments pour défendre l’idée de tirer au sort TOUTE l’Assemblée constituante,
• et des arguments (de bonne foi) pour RENONCER DE FAIT à ce tirage au sort…

Malheureusement, ça confirme ce que je pense depuis des années : si des idées vraiment démocratiques (tirer au sort TOUTE l’Assemblée constituante, instituer un RIC en TOUTES matières, etc.) sont défendues par des professionnels de la politique, même sincèrement dévoués au bien commun, les élus (et les candidats à l’élection) dévoieront l’idée et finalement, de fait, ils la torpilleront (à cause du conflit d’intérêts).

On le voit ici avec le tirage au sort de l’Assemblée constituante : l’idée est « appropriée » par « France Insoumise » (FI) et donc… assassinée 🙁 Je viens de lire le livret « Assemblée constituante » de FI :

Constituante : changer de République pour faire place au Peuple

https://avenirencommun.fr/livret-assemblee-constituante/

Et je vois dans ce livret, que le peuple est, précisément, encore une fois, méthodiquement et astucieusement, tenu à l’écart. Je cite (p 15) :

« Des règles claires et vertueuses

Afin d’éviter que la future assemblée constituante ne soit phagocytée par le personnel politique et les pratiques de la Ve République, il est nécessaire de fixer un certain nombre de règles, notamment sur la composition de l’assemblée constituante et les modalités de désignation de ses membres.

Il paraît pertinent de combiner élection, pour permettre au peuple de trancher entre des orientations programmatiques distinctes, et tirage au sort, pour diversifier le recrutement des membres de l’assemblée constituante.

Afin de déterminer la part d’élection et la part de tirage au sort, le plus sage (et le plus démocratique) sera de s’en remettre à la souveraineté populaire. Le jour du scrutin, chaque citoyen·ne pourra choisir soit de voter pour des candidat·e·s (chaque liste obtiendra un nombre de sièges proportionnel aux suffrages qu’elle aura recueillis), soit d’exprimer sa préférence pour une désignation par tirage au sort (si X % optent pour le tirage au sort, X % des sièges sont pourvus par tirage au sort).

En outre, afin de prévenir d’éventuels conflits d’intérêts, aucun parlementaire présent ou passé ne pourra siéger au sein de l’assemblée constituante, dont les membres ne pourront eux-mêmes pas se porter candidat·e·s aux fonctions politiques qu’ils auront instituées lors de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution. »

Source : https://avenirencommun.fr/livret-assemblee-constituante/

 
Mon commentaire :

1) Le tirage au sort n’est PAS défendu pour supprimer le conflit d’intérêts (inacceptable et décisif) au sein de cette assemblée : le tirage au sort est défendu « pour diversifier le recrutement » (sic)…
C’est n’avoir pas compris (et ne pas expliquer aux gens) l’idée fondamentale du conflit d’intérêts — qui pourrit (forcément) le processus constituant.

2) D’autre part, en prévoyant que les électeurs décideront eux-mêmes de la proportion de tirage au sort de l’Assemblée constituante, les candidats à l’élection savent bien que le tirage au sort est encore largement méconnu et très mal défendu par lémédias (la Pravda des milliardaires).

=> Donc, comme prévu, de la part des professionnels de la politique, enterrement de première classe pour une idée fondamentale 🙁

—–

On peut d’ailleurs dire la même chose du Référendum d’initiative populaire (RIC), qui est réduit par France insoumise au seul référendum révocatoire, ce qui exclut donc, sans le dire clairement et sans dire pourquoi, le référendum législatif, le référendum abrogatoire et le référendum constituant.

On peut dire la même chose de la sortie de l’UE, qui n’est pas défendue assez clairement par France insoumise, je trouve : cette histoire de « renégociation » fait penser à l’affreuse arnaque de Tsipras : AUCUNE renégociation n’est possible dans le carcan des deux traités (TUE et TFUE), toute modification requiert (et même plusieurs fois !) L’UNANIMITÉ des 28 pays membres (art. 48 TUE). Pourquoi prétendre encore que les traités sont renégociables ?

Bref, cet entretien montre des militants DE BONNE FOI qui confrontent des arguments intéressants, mais l’idée centrale qui, à mon avis, est la seule qui permettra au peuple de voir un jour instituer sa puissance politique et de sortir du capitalisme (l’idée que s’il veut une constitution digne de ce nom, il faudra que le peuple l’écrive LUI-MÊME, SANS ÉLIRE des représentants), cette idée centrale, donc, a bien été dévoyée, et finalement tuée, comme je le redoutais.

Il y a des années que je dis que SEULS les simples citoyens peuvent défendre la vraie démocratie, que les « élus » n’en voudront jamais, qu’ils préféreront mourir que de voir instituer une vraie démocratie. Les faits confirment (pour l’instant) ce pronostic.

J’espère donc que vous ne renoncez pas à votre pratique quotidienne des ateliers constituants contagieux.
On ne s’en sortira pas sans cette éducation populaire fondamentale.

Et ne nous laissons pas hystériser par cette fichue procédure de l’élection, qui nous fait chaque fois croire qu’il y a un enjeu, alors qu’il n’y en pas : quelle que soit l’option que nous choisirons (vote A, vote B, abstention), nous la perdrons. Il ne faut surtout pas nous déchirer entrer nous lors des échéances électorales, qui nous jettent les uns contre les autres et nous divisent dramatiquement.

Bon courage à tous.

Étienne.


Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155059418597317


[Révolution monétaire – Chartalisme] Sortir de l’austérité sans sortir de l’euro… grâce à la monnaie fiscale complémentaire (Libération)

Mon, 13 Mar 2017 18:14:31 +0000 - (source)

Je vous signale deux documents intéressants sur les causes (et solutions) monétaires de « la crise » :

1) D’abord, une courte vidéo, bien intéressante, à écouter le crayon à la main :

Jean-Michel Naulot : CRISE FINANCIÈRE, pourquoi les gouvernements ne font rien

//www.youtube.com/watch?v=TPox2yLANbg

Avec un livre qui devrait être intéressant, (commandé mais pas encore reçu => je vous en reparlerai) :


http://www.seuil.com/ouvrage/eviter-l-effondrement-jean-michel-naulot/9782021340358


2) Mais surtout une tribune magnifique, brève et puissante, de quelques économistes que j’aime bien, dans Libération — alors ça, ça vaut de l’or : appréciez chaque phrase, c’est vraiment bien que l’idée chartaliste germe ainsi aussi puissamment 🙂

Sortir de l’austérité sans sortir de l’euro… grâce à la monnaie fiscale complémentaire

Par Thomas Coutrot , Dominique Plihon , Wojtek Kalinowski , Bruno Théret , Gaël Giraud , Vincent Gayon , Jean-Michel Servet ,Jérôme Blanc , Marie Fare et Benjamin Lemoine — 8 mars 2017
Sortir de l’austérité sans sortir de l’euro… grâce à la monnaie fiscale complémentaire
Sortir de l’austérité sans sortir de l’euro… grâce à la monnaie fiscale complémentaireAFP

Introduire des liquidités dans une économie en crise grâce à une monnaie complémentaire, adossée aux recettes fiscales à venir, permettrait d’imaginer d’autres politiques sans pour autant remettre en question la monnaie commune. Cela permettrait une stabilisation de la zone euro.


Via les crédits qu’elles accordent, les banques commerciales privées disposent dans la zone euro d’un quasi monopole de création de la monnaie. Après les injections massives de liquidités à bas coût de la Banque centrale européenne (BCE) au système bancaire privé, il est clair que ce monopole enferme l’économie européenne dans une trappe déflationniste. Dans les périodes récessives, les banques commerciales sont structurellement incapables d’assurer une création contracyclique de monnaie de crédit destinée aux secteurs productifs. Pour nourrir leurs profits, elles dirigent l’essentiel de leurs liquidités vers les marchés financiers où elles alimentent de dangereuses bulles spéculatives. Aussi, de nombreux économistes et certains politiques s’accordent sur la nécessité de retirer aux banques leur privilège de création de la monnaie, et la Suisse votera sur cette question en 2018. Néanmoins une telle réforme suppose dans l’Union européenne (UE) un accord entre Etats membres qui, dans son état actuel, n’est pas prêt d’aboutir. Que faire d’autre ? Sortir de l’euro ?

L’accession en Grèce en 2015 de Syriza au gouvernement a conduit à envisager une autre stratégie qui, décidée par un Etat, lui permettrait de sortir d’une politique d’austérité sans remettre en cause l’unité de la zone euro : injecter de la liquidité par l’émission d’une monnaie fiscale complémentaire à l’euro. Dans cette stratégie, l’euro est conservé en tant que monnaie commune de cours légal dans tous les Etats membres, mais est complété par un moyen de paiement national constitué de bons du Trésor de faible dénomination – de 5 à 50 euros – et de durée limitée mais renouvelable. Adossés comme toute dette publique aux recettes fiscales à venir, ces bons seraient libellés en euro-franc, et maintenus à parité avec l’euro sans pour autant être convertibles sur les marchés des changes.

Il ne s’agit donc pas d’émettre une monnaie ayant cours légal, mais de proposer des titres de crédit destinés au règlement des salaires des fonctionnaires, des prestations sociales et des achats publics, dépenses qui sont de facto de la dette publique de court terme. Ils seraient réciproquement acceptés en paiement des impôts et, grâce à cette dernière garantie, pourraient circuler en tant que moyens de paiement au niveau national.

Face aux politiques d’austérité prônées actuellement, il y a urgence à émettre ce type de monnaie partout où la monnaie unique conduit à la récession, au chômage de masse, à la montée de l’insécurité sociale et à l’abandon des investissements de long terme indispensables à la transition écologique. Mais le couple monnaie commune – monnaie fiscale complémentaire n’est pas seulement une solution d’urgence ; c’est aussi potentiellement un outil durable de stabilisation monétaire de la zone euro. En effet, la réduction de la dette publique par autofinancement de la dette flottante et l’amélioration du solde des échanges extérieurs par réduction des importations (la circulation géographiquement limitée de l’euro-franc inciterait à relocaliser la production) réduisent la dépendance extérieure des Etats à l’égard tant de la finance internationale que des marchés extérieurs qui sont la source principale de son instabilité.

Cette forme de liquidité émise par les Etats sans passer par les banques n’est pas nouvelle, et sa combinaison avec une monnaie commune dans un système politique de type fédéral a été expérimentée avec succès dans les années 30 aux Etats-Unis et, plus récemment, entre 1984 et 2003 en Argentine. Ces expériences montrent que, sous certaines conditions, un tel dispositif monétaire remplit son office de réduction de la dette publique et de redynamisation de l’économie locale, sans créer de tension inflationniste ni de décrochage entre la monnaie locale et la monnaie centrale.

En l’état actuel des traités européens, la stratégie ici proposée est conforme au principe de subsidiarité qui reconnaît à tout Etat membre de l’Union la capacité de prendre des initiatives propres en matière de politique fiscale et budgétaire. Les Etats ne sont nullement obligés de se soumettre aux marchés et aux banques commerciales pour se financer, surtout à court terme. Rien ne les empêche de disposer de leurs propres systèmes de paiement, dès lors que ceux-ci remplissent les conditions de sécurité requises.

Se doter d’une monnaie fiscale nationale – en France, l’euro-franc – complémentaire à l’euro bancaire permettrait de financer les services publics et de mettre fin aux politiques d’austérité actuelles qui menacent le projet européen lui-même. C’est une politique réaliste qui peut être décidée immédiatement et unilatéralement au niveau national sans aller à l’encontre des traités européens. Mais pour assurer le succès de l’euro-franc, il ne suffit pas que l’Etat en garantisse l’acceptabilité en l’instituant comme moyen d’acquitter des impôts et en stabilisant sa valeur à la parité avec l’euro. Il doit aussi être soutenu par une large partie de la population qui le reconnaisse comme un instrument crédible de sortie de l’austérité. Pour cela, une fraction des euro-francs créés pourrait être distribuée aux PME et aux ménages endettés comme moyen de règlement de leurs dettes (privées). Cette mesure ferait d’une pierre quatre coups : par ce jubilé partiel des dettes, elle mettrait fin à l’excès d’endettement privé, cause principale de la récession dont souffre notre économie ; loin de pénaliser les créanciers résidents, elle les sécuriserait, vu le contexte d’une solvabilité très incertaine ; elle accomplirait le quantitative easing for the people («assouplissement monétaire pour les gens») dont Mario Draghi reconnaît qu’il est de nature à relancer l’économie européenne et l’emploi ; elle mettrait en circulation une monnaie complémentaire à une échelle qu’aucune des monnaies locales qui s’inventent aujourd’hui ne peut ambitionner.

Bien sûr, d’autres moyens d’assurer la confiance dans cette monnaie sont parfaitement concevables. Gageons qu’un tel euro-franc ne tarderait pas à être imité par nos voisins, ce qui redonnerait du même coup sa légitimité à un euro devenu monnaie commune.

Thomas Coutrot , Dominique Plihon , Wojtek Kalinowski , Bruno Théret , Gaël Giraud ,Vincent Gayon , Jean-Michel Servet , Jérôme Blanc , Marie Fare , Benjamin Lemoine

Source : « Libération », http://www.liberation.fr/debats/2017/03/08/sortir-de-l-austerite-sans-sortir-de-l-euro-grace-a-la-monnaie-fiscale-complementaire_1554260

 
================================================

On ne se sortira du pétrin qu’en reprenant la création monétaire aux banques commerciales
(qui nous l’ont volée !)

================================================

[Edit 24h après : je viens de recevoir le livre. Je vous ai scanné/OCRisé la table des matières :]

Jean-Michel NAULOT, « Éviter l’effondrement. Les politiques nous préparent une catastrophe financière pire que le précédente » (Seuil, 2017)


http://www.seuil.com/ouvrage/eviter-l-effondrement-jean-michel-naulot/9782021340358

Table

Remerciements           9

Avertissement  11

1. UNE GÉNÉRATION QUI A FAIT MONTER LES « POPULISMES » 15

Responsable et coupable       15

Depuis le milieu des années 1980, ils sont habités par les démons du dogmatisme  18

Le débat actuel révèle une grande méfiance à l’égard de la démocratie directe       20

L’obsession du fédéralisme et l’obsession du tout-libéral sont les terreaux du populisme     23

La génération aux commandes est non seulement responsable mais coupable         26

La gauche, amie de la finance, a perdu ses marques 27

La droite, amie de la monnaie unique, a elle aussi perdu ses marques         29

Le conte de fées d’un libéralisme qui dope la croissance       32

Le fantasme de la monnaie unique qui apporte la puissance et la prospérité           41

L’instrumentalisation de la dette publique: vraiment des cigales, les citoyens ?       44

La jeunesse oubliée     47

Il faut savoir dire « non »         50

2. CE VOLCAN FINANCIER QUI NOUS MENACE …59

Pourquoi la prochaine crise risque d’être pire encore        59

Savoir résister au « syndrome de Grignan » !  61

Le problème, ce n’est pas la petite aiguille, mais la bulle . 63

La monnaie n’est pas un voile 65

La création monétaire extravagante des banques centrales et des banques commerciales  67

L’histoire agitée des banques centrales indépendantes ….71

Le monarque monétaire          74

Défaillances des banques : insuffisance d’éthique ou insuffisance de régulation ?   81

Le régulateur souvent en retard sur l’innovation financière des banques     83

Nouvelles règles bancaires : une simple remise à niveau      86

La pondération des risques a introduit un biais inégalitaire dans l’allocation des financements     87

La fable des méga-banques qui pourraient faire faillite sans faire appel au contribuable   89

Banques systémiques: leur taille ne devient-elle pas un problème ?  95

La tyrannie acceptée des marchés financiers 96

1) La moitié des transactions sur les marchés d’actions est déréglementée   98

2) Sur les grandes valeurs cotées, en Europe et aux États-Unis, plus de la moitié des transactions est due au trading à haute fréquence alors que l’utilité économique et sociale de cette pratique est proche de zéro    101

3) Le montant des produits dérivés reste quasiment inchangé   103

4) Les hedge funds ont un effet de levier (une capacité spéculative) non réglementé 112

5) La quasi-totalité des hedge funds est domiciliée dans les paradis fiscaux 115

6) Les marchés de matières premières sont dominés à plus de 80 % par des acteurs financiers et non par les industriels 116

7) La finance de l’ombre (la finance peu ou pas réglementée) représente plus du tiers de la finance mondiale 118

8) La politique de limitation des émissions de gaz à effet de serre est confiée aux marchés financiers 123

Une dette mondiale à un niveau historique    130

Comme en 1929, comme en 2007-2008, les conditions d’une crise systémique sont réunies            133

À la veille de la crise de 1929 135

À la veille de la crise de 2007-2008   136

En 2017          138

Quatre foyers de crise continuent de se développer   139

États-Unis : déficits et inégalités         140

Zone euro : la crise toujours là          143

Chine : déséquilibres hérités de 2007-2008   144

Japon : la dette           145

Une réalité de plus en plus évidente : le ralentissement de la croissance mondiale  146

Une absence de gouvernance internationale face à la menace d’une crise grave    148

3. LES « MENOTTES » DE L’EURO 151

Un système monétaire au bord de la faillite            151

Naissance de l’euro : un copier-coller de l’ordolibéralisme allemand           154

L’Allemagne a réussi à imposer un ordre juridique à la zone euro   158

Une flexibilité sociale qui prend ses distances avec l’économie sociale de marché   160

L’austérité comme seul horizon          163

Les règles budgétaires du traité de Maastricht ont été durcies une première fois avec le Pacte de stabilité et de croissance en 1997     165

À la fin de l’année 2010, la Commission européenne a mis en place le « Semestre européen », un programme de travail très contraignant afin de peser fortement sur les politiques économiques et budgétaires de la zone euro   166

Le Semestre européen a été complété par des textes législatifs très importants, le six-pack puis le two-pack          167

Pour « faciliter » la réalisation de ce travail, la Commission utilise de plus en plus dans ses discussions avec les États les « lignes directrices intégrées »  170

Le TSCG (Pacte budgétaire), ratifié à l’automne 2012, a couronné ce processus d’intrusion dans les politiques budgétaires nationales en transposant une « règle d’or » inspirée de celle qui figure dans la Loi fondamentale allemande de 1949           171

La pratique sinistre de la dévaluation interne            174

Le biais inégalitaire de la zone euro  180

Un taux de change de l’euro qui ne convient à personne, sauf à l’Allemagne           186

Dix ans d’euro, tous à l’hosto !           192

Le coût financier des crises    194

Premier coup de canif de la BCE dans l’interdiction de financer les États    194

Deuxième coup de canif: les financements illimités à un État en difficulté (OMT)     195

Troisième coup de canif: le quantitative easing          197

Le financement des banques centrales du Sud par les banques centrales du Nord   198

Le financement des États par les États           199

Gestion de la crise grecque : la honte de l’Europe    199

Aide à la Grèce: vingt-cinq fois le montant de l’aide à l’Argentine    200

Une gestion calamiteuse de la crise par la troïka      202

13 juillet 2015: une journée noire dans l’histoire de l’Europe           203

Et la démocratie dans tout cela ?       205

Les « menottes » de l’euro      208

Ces économistes qui avaient mis en garde     210

Une pensée unique qui tue la politique          214

La bulle Draghi          219

4. RESTAURER LA PRIMAUTÉ DU POLITIQUE 225

Réarticuler gouvernance internationale et souveraineté économique nationale   225

1) Réduire l’hypertrophie de la finance, c’est-à-dire le déséquilibre entre la finance et l’économie réelle, grâce à une meilleure gouvernance internationale           227

Renoncer au double discours sur la réforme de la finance    228

Comment éviter les pièges tendus par les lobbies ? Quelques règles simples de bonne conduite     235

S’interdire tout ce qui pourrait conduire à une forme de connivence            236

Éviter le déséquilibre des rapports de force lors des négociations    238

Fixer des délais rapprochés pour la mise en place des réformes      238

Faire des textes simples          240

Ne pas donner trop d’importance aux consultations publiques         240

Tenter de détecter les risques liés à l’innovation financière sans attendre l’accident de marché      241

Se méfier de ceux qui évoquent en permanence l’éthique et la transparence            242

Être peu réceptif à l’argument de la « liquidité du marché »    243

Retenir une définition stricte du market making         243

Donner la priorité à la maîtrise du risque systémique sur la compétitivité de la place financière    244

Revoir les statuts des banques centrales pour limiter leur dépendance à l’égard des marchés financiers    245

Réformer la « boîte noire » de la pondération des risques et les structures bancaires pour remettre les banques au service de l’économie réelle    248

Dix mesures pour assainir en profondeur les marchés financiers     255

Première mesure : le passage de toutes les transactions de produits dérivés par des institutions spécialisées supervisées par la BCE      256

Deuxième mesure : la limitation de l’effet de levier des hedge funds 258

Troisième mesure : le traitement des opérations de bourse sur les seuls marchés réglementés        260

Quatrième mesure: la taxation des ordres du trading à haute fréquence      262

Cinquième mesure : l’interdiction aux acteurs financiers de spéculer sur les matières premières    263

Sixième mesure: la transparence et l’enregistrement des opérations traitées dans le shadow banking        263

Septième mesure: l’obligation faite aux gérants de hedge funds de domicilier leurs fonds à l’endroit où ils les gèrent            265

Huitième mesure: l’harmonisation fiscale en Europe 267

Neuvième mesure : l’harmonisation des normes comptables autour de critères inspirés par le bon sens et la nécessité d’assurer la stabilité financière          269

Dixième mesure: la mise en place d’une taxe carbone européenne   271

Une gouvernance internationale entre les mains des gouvernements et non des banquiers centraux          273

2) Rétablir notre souveraineté économique en redonnant de la flexibilité monétaire et budgétaire à la zone euro    276

Des dirigeants politiques enfin touchés par la grâce dans le débat sur l’euro ? La parole à Léon Blum     277

Sortir de l’entre-deux par plus d’intégration politique ne peut se faire sans référendum      280

Un big-bang institutionnel qui serait plein de dangers          285

Les peuples n’attendent pas plus d’intégration mais au contraire plus d’indépendance et de flexibilité       289

La refondation des traités exige d’abord l’assouplissement des critères budgétaires de Maastricht et de la règle d’or du TSCG (Pacte budgétaire)        289

La refondation des traités exige aussi de revoir entièrement les modalités de fonctionnement de la monnaie unique            291

N’ayons pas peur des turbulences provoquées par la transition vers un système plus flexible !       294

3) Gouvernance internationale et souveraineté économique sont deux notions complémentaires et non pas opposées, deux fils conducteurs face à la mondialisation    299

Restaurer la primauté du politique pour éviter un effondrement       300

Maîtriser le capitalisme financier, cette face noire de la mondialisation       301

Le débat sur la mondialisation est légitime et nécessaire       302

Conclusion

Agir maintenant        305


Rappel de quatre billets mémorables publiés sur ce blog sur ce thème :

• CHARTALISME : les peuples crèvent par MANQUE D’ARGENT. C’est L’ÉTAT qui DOIT créer l’argent, AVANT qu’on le lui rende en impôts, et PAS LE CONTRAIRE (30 mai 2014)

http://chouard.org/blog/2014/05/30/chartalisme-les-peuples-crevent-par-manque-dargent-cest-letat-qui-doit-creer-largent-avant-quon-le-lui-rende-en-impots-et-pas-le-contraire/

———

• Révolution monétaire – Débat avec Stéphane Laborde et Jean-Baptiste Bersac : les perspectives d’émancipation politique offertes par le chartalisme et par la théorie relative de la monnaie (TRM) (25 sept 2014)

http://chouard.org/blog/2014/09/25/revolution-monetaire-debat-avec-stephane-laborde-et-jean-baptiste-bersac-les-perspectives-demancipation-politique-offertes-par-le-chartalisme-et-par-la-theorie-relative-de-la-monnaie-trm/

——–

• ÉPOUVANTAILS (PRÉTENDUE MENACE D’HYPERINFLATION) OU REFLATION (RETOUR VOLONTAIRE À L’INFLATION) ? RELANCER LA DEMANDE AVEC DE L’HELICOPTER MONEY. VITE !

http://chouard.org/blog/2014/10/12/epouvantails-ou-reflation-relancer-la-demande-avec-de-lhelicopter-money-vite/

——–

À propos des gouvernements qui ne font « rien » (rien pour nous mais tout pour les banques), NE RATEZ PAS ÇA :

Histoire détaillée d’un odieux complot, celui de la dérégulation financière : INSIDE JOB, enquête essentielle pour comprendre la prochaine « crise » et l’énorme trahison des « élites »

http://chouard.org/blog/2016/02/20/histoire-detaillee-dun-odieux-complot-celui-de-la-deregulation-financiere-inside-job-enquete-essentielle-pour-comprendre-la-prochaine-crise/


Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155050340277317


Powered by VroumVroumBlog 0.1.32 - RSS Feed
Download config articles