Autoblog de descolarisation.org

Ceci est l'autoblog de descolarisation.org

Toute nouvelle conférence de Franck Nathié — synergie humaine

Tue, 27 Jun 2017 14:59:22 +0000 - (source)

 

Prendre soin de l’humain pour prendre soin de la terre

 

Très très bon, mais encore et toujours les éléments de business et de fric (de Design et de mon cul sur la commode) à mettre à la poubelle.


Exemple théâtralisé d'un éthos salvateur — être « constituant » dans l'âme

Tue, 27 Jun 2017 13:54:00 +0000 - (source)

Merci Étienne, ça c'est top !

Ça et planter des arbres et tout y est !


Hitler face à la déscolarisation de la société

Fri, 23 Jun 2017 15:25:21 +0000 - (source)

Pour le plaisir de la revoir et pour ceux qui ne l'auraient pas encore vue, nous republions la vidéo suivante avec le sieur Hitler :


La permaculture En Marche ! Business et Scolarisation !

Sun, 18 Jun 2017 15:24:59 +0000 - (source)


L'Éveil des Cours Certifiés de permaculture. DRAME.

Thu, 15 Jun 2017 09:50:06 +0000 - (source)

 

l'éveilLe documentaire « L'Éveil de la permaculture » est en fait un film propagande sur l'éveil du business et de la scolarisation de la permaculture.

LA CORRUPTION DU MEILLEUR ENGENDRE LE PIRE...

En salle depuis le mois d'avril, le documentaire « L'Éveil de la permaculture » est en fait un film promotionnel au bénéfice de ceux qui tentent de récupérer et de corrompre la permaculture.
On ne pensait pas que ça serait possible tant la permaculture représente le dernier espoir pour l'humanité et la dernière révolution possible. Mais apparemment, comme on nous a toujours volé les révolutions, certains tentent de voler y compris celle de la dernière chance.
La permaculture invite chacun de nous, par l'évidence du soin et de l'attention, à agrader son environnement immédiat pour bâtir des écosystèmes auto-fertiles, permanents et nourriciers, en boostant toutes les synergies possibles à l'intérieur du vivant et en prenant pour modèle la forêt.
Mais la permaculture est en train d'être pervertie par le business et par sa scolarisation / institutionnalisation.
On avait déjà nos "profs" qui se prennent pour Dieu, mais voilà une nouvelle génération de profs avec les dents encore plus longues qui prétend carrément posséder les savoirs liés aux synergies dans le cosmos.​
Je ne pensais vraiment pas que la permaculture serait récupérée tant cette recherche de synergie concoure de fait à l'autonomie individuelle et collective, et à des systèmes humains communautaires. Eh bien, non, des gens sont en train d'accomplir l'impossible, c'est-à-dire de rendre hétéronome l'autonomie elle-même. C'est pourquoi le film est gorgé jusqu'à la lie de contradictions (toutes les deux minutes, on dit une chose et son contraire). Il s'agit sans doute d'un film pour dire toute la schizophrénie qui caractérise les individus de cette fin de civilisation.
L'esthétique du documentaire — au lieu d'être celle du jardin d'Éden — est intégralement celle de « la formation » et de la scolarisation à fond les manettes. Une quantité dingue de plans sur des stylos-bics et des cahiers ; une quantité quasi totale de situations d'enseignements avec la dichotomie prof/élève est surexploitée. Situations scolaires et scolarisantes en pagaille, quand la permaculture est justement DÉSCOLARISATION, et désinstitutionnalisation des rapports, pour que les richesses de chacun puissent s'épanouir et pour qu'aucun frein ne soit mis à l'agradation !
La permaculture invite à un foisonnement à l'horizontal à l'instar de ce qui se passe dans la nature, chaque espèce pouvant jouer sa partition. Mais là non, on a des chefs de files qui s'engraissent et qui profitent du travail de fourmis de tous leurs "stagiaires". Ils peuvent effectivement avoir des lieux exceptionnels puisqu'ils arrivent constamment à avoir des ouvriers qui payent très cher pour pouvoir œuvrer chez eux. Ça doit sûrement être ça le tout dernier stade du capitalisme : avoir des ouvriers qui payent très cher pour travailler.
Ce documentaire montre aussi (et apparemment malgré lui) ce qu'est une institutionnalisation larvée... Ils disent que tout ceci se développe "hors-institution", alors que les briques qui sont progressivement assemblées sont les fondations classiques de toutes les institutionnalisations du passé. Tout se met en place pour les futurs processus de distinction, de légitimation, LABEL (étymos : divisions, lambeaux), hiérarchies et autres, car toutes ces choses sont déjà là, larvées, en creux, prêtes à bondir à la gorge du monde (une fois de plus).
Un jargon et des concepts inutiles sont créés de toutes pièces pour faire montre d'une complexité/technicité et d'une nécessaire capitalisation du savoir.
Alors que la permaculture s'ancre dans le présent et va directement du cœur à la main. Le concept qui a la palme de l'enfumage et de l'énergie diabolique est celui de « DESIGN »... Quelle HORREUR !
Ce mot « Design » cache Prométhée et Descartes. Le drame de notre civilisation est notre tempérament et mœurs prométhéens et cartésiens.
Le « design », en permaculture, nous invite à quitter le jardin, pour sortir papier, stylo et ordinateur pour modéliser, planifier, prévoir, de façon démiurgique et prométhéenne comme si l'être humain pouvait connaître et appréhender (et donc prévoir) l'infini des interactions du vivant. Qui peut réellement dire ce que l'implantation d'un groseillier à tel endroit va faire sur l'angélique, l'ortie, le tilleul et toutes les autres espèces et toute la biologie, la physique et la chimie à proximité ?? Personne !!! Sauf Dieu ! Donc, personne !!
La permaculture, la vraie, pas celle de ces marchands du temple, est épiméthéenne totalement. Elle nous invite justement à retrouver en nous, en vertu d'un processus de réminiscence (ANAMNÉSIS), la pulsation originelle, pour aller du cœur à la main. Bref, exactement l'inverse du cartésianisme ou de l'attitude prométhéenne. La permaculture invite à l'humilité ! Qu'on m'explique l'humilité de ces nouveaux gourous-marchands !
La permaculture, c'est retrouver LES ÉVIDENCES à partir de ce qu'il y a de plus intime en chacun de nous (qui vient du fond des âges). Et des gens sont en train de s'organiser pour couvrir les évidences d'un voile, pour que devions ensuite payer pour que le voile soit levé par fragments microscopiques.
A chaque révolution, on reprend le chemin des évidences, et des êtres se dressent pour faire obstruction, ou pour nous conduire dans des labyrinthes et des impasses. Ça suffit !! Je pensais que les chiffres à notre époque concernant les destructions du vivant suffiraient à ne plus voir ce genre de comportement revenir pour cette dernière révolution.
Eh bien si ! Ils reviennent ! Ils vont vous parler de Design, de PDC, de Keyline et de Keypoint, de techniques, de diplôme de permaculture, d'université de la permaculture et de leur stage à 1000 Euros etc.. Ils vont donner naissance à des leaders charismatiques qui se prennent pour Dieu et vous enfument pour leur portefeuille. Et ils vont vous faire raquer raquer et encore raquer, distribuant chaque miette de savoir contre rémunération. « L'aliment favori de la chèvre est le frêne » : gling ! 10 cents d'euros ! « Le saule est le premier à s'épanouir pour les abeilles au printemps » gling ! Encore 10 cents ! « La poule mange des vers de terre » gling ! 10 cents !
Pendant des générations, les papys montraient comment greffer, ou autres savoirs, et aujourd'hui, la marchandisation du monde ayant terminé son œuvre diabolique, les techniques de greffes sont vendues comme le reste !
Alors que la permaculture devait signer la fin de la rareté dans la diffusion du savoir, des gens sont en train d'organiser sa rareté avec toutes les techniques modernes à leur disposition (y compris, la propagande de masse via ce film).
Mais ils sont encore un peu dans l’œuf. Il faut donc les tuer dans l’œuf (tuer leur business et leur tentative de scolarisation), avant que ne fleurisse par exemple, le Label « Permaculture » sur les produits des supermarchés, et avant que l'État — éternel complice/instrument des pourris —vienne s’immiscer pour mettre en place un système de validation/légitimation pour venir distinguer les "vrais permaculteurs" (ceux qui ne troublent pas le système capitaliste et l'ordre établi) des "faux" (anarchistes, désobéissants, un peu trop libres).
Et l'État avec la distribution du fric arrive toujours à ses fins, c'est (aussi) pour ça qu'il faut sortir la permaculture des logiques de fric !
Mais putain, on est encore en train de nous voler la Révolution.
Le film est sous-titré : « et si la révolution s'inspirait de la nature ».
Pourtant quand une digue saute dans la nature, il n'y a pas de retour-arrière possible. La digue a sauté ! Aucune espèce de plante va tenter de canaliser le flux pour son profit en matière d'irrigation...
La permaculture, c'est la nature qui se révolte. Le sauvage en nous. J'invite tous les sauvages de la terre à ravager les business de tous ces vendeurs de stages de permaculture à 1000 Euros les 10 jours. J'invite tous les sauvages de la terre à ravager le mouvement de scolarisation de la permaculture au profit d'une continuation du mouvement général de Déscolarisation tous azimuts. J'invite tous les sauvages de la terre à se rassembler pour faire de la permaculture ensemble gratuitement, intégralement gratuitement.
Je joints la chanson de Vaneigem qui dit que nos révolutions sont trahies. Mais maintenant ça suffit !

Nous (comme beaucoup d'autres qui ne sont évidemment pas dans ce documentaire de propagande), organisons là où nous vivons des partages de connaissances permaculturelles pour ZÉRO EURO par jour.
Car l'énergie du cosmos, l'énergie de la permaculture, est celle de la grâce, celle de la gratuité !
 
Gros bisous
Sylvain Rochex - www.descolarisation.org

Rencontre du 17 juin 2017 (et radio ce jeudi 15) sur le thème de la permaculture

Tue, 13 Jun 2017 12:29:56 +0000 - (source)

permacultureadreypetit-Cliquez sur l'image pour l'agrandir -

Comme tous les 17 du mois depuis février, nous nous réunissons dans la Vallée des Huiles, chez les uns et les autres, ou dans l'espace public quand c'est possible, pour cheminer entre habitants d'un même territoire vers l'autonomie individuelle et collective. La rencontre du 17 juin, devait préalablement avoir lieu au Pic de l'Huile à La Table, mais ce même soir il y aura, au même endroit, la fête de la Musique de la commune. Nous nous retrouverons donc à l'Adrey de Lonsemard, à partir de 18H30, pour poursuivre nos échanges et organiser l'entraide au niveau local; pour regarder les étoiles et le ciel, aussi. Et partager du bon temps ensemble. Si tu souhaites te joindre à nous, tu es le-la bienvenu-e. Merci de nous contacter pour connaître l'itinéraire pour venir. Ces rencontres sont gratuites, conviviales, dans le simple but de la rencontre humaine et du plaisir d'avancer ensemble!

trait

Toujours au sujet de la permaculture, et suite aux deux projections du film "l'Éveil de la permaculture" où nous avons animé le débat à la fin du film, à Allevard et Pontcharra, nous souhaitons continuer à dénoncer plus que jamais le business et la scolarisation de la permaculture qui se mettent en place un peu partout. Nous animerons donc l'émission du Monde allant vers... ce jeudi de 19H30 à 20H30 sur Radio Grésivaudan sur ce thème particulier. Suite à l'intensité des débats qui ont eu lieu hier et samedi, peut-être que quelques spectateurs curieux que nous avons rencontrés liront ces lignes ! N'hésitez donc pas si vous souhaitez continuer les échanges à vous joindre à l'émission ou à nous contacter en direct jeudi! L'avis est aussi lancé à quiconque a quelque chose à partager à ce sujet...


Semaine de permaculture à l'Adrey: c'est parti!

Mon, 05 Jun 2017 13:22:39 +0000 - (source)

permajuillet

De nombreux ateliers et temps d'échanges sont proposés tous les jours. Chacun peut partager les savoirs ou les pratiques dont il veut faire profiter les autres. Si vous le souhaitez, vous pouvez encore proposer d'animer un atelier; aucune sélection ne sera faite: nous portons tous des trésors en nous qui ne demandent qu'à être révélés et transmis, dans tous les domaines de la vie...

Repas partagés (chacun emmène un petit quelque chose si possible bio et local), possibilité de dormir en tente, sur place, ou dans un lit à 1km.

La liste proposée n'est pas exhaustive. Vous pouvez nous rejoindre à l'improviste ou nous contacter (nous préférons la seconde option mais sentez-vous libres dans vos choix).

Propositions pour la semaine en  cours:

 

Matin

Après-midi

Soirée

Mercredi 12 juillet

Tous les matins, ateliers sur le thème du jardin et de la permaculture : aménagements et constructions diverses (banc, abri pour les poules, bac à compost en palettes, protection des arbres fruitiers), apiculture, semis, divers travaux des champs selon les envies.

A partir de 14H:

Moment pharmacologie. Nous sommes entourés d'objets techniques en tous genres, qui nous rendent certes service mais nous piègent également et engendrent des rythmes et des comportements sur lesquels il est très difficile d'avoir du recul. Où est la limite et qui la fixe ?

Échange animé par Sylvain Rochex

À partir de 18H :

Présentation d'outils d'autonomie : four, cuiseur et séchoirs solaires, composteur….)

 

 

 

Échange animé par Loïc Martin

Jeudi

13 juillet

Tous les matins, ateliers sur le thème du jardin et de la permaculture : aménagements et constructions diverses (banc, abri pour les poules, bac à compost en palettes, protection des arbres fruitiers), apiculture, semis, divers travaux des champs selon les envies.

A partir de 14H :

Apprendre sans domination ? Qu'est-ce qu'apprendre ? Dans quel schéma relationnel j'apprends ? Suivi de : Échangeons, dia-loguons (selon David Bohm). Voyons ce qui est dit à travers ce qui est dit

Échange animé par Sonia Éon, Loïc Martin et Armelle Berger

 

À partir de 16H :

Balayage historique des luttes syndicales et des acquis sociaux, avec une question centrale : avons-nous réellement gagné des privilèges au cours de ces deux derniers siècles ?

Échange animé par David Allard

À partir de 20H30 :

Auberge de la parole. Chaque personne présente, si elle le souhaite, dépose son nom dans un chapeau. Progressivement, on procède au tirage au sort, et chacun, lorsque son nom apparaît, présente aux autres un texte engagé ou fleuri, une chanson, une idée, un poème ou une protestation, un tour de magie… Libre à l'imagination de se déployer à sa guise !

Vendredi

14 juillet

Tous les matins, ateliers sur le thème du jardin et de la permaculture : aménagements et constructions diverses (banc, abri pour les poules, bac à compost en palettes, protection des arbres fruitiers), apiculture, semis, divers travaux des champs selon les envies.

À partir de 14H :

Quelle est notre Histoire, et quelles leçons tirer de ses enseignements ? L'histoire n'est-elle qu'une question d'interprétation ou n'y a-t-il pas des faits qui ont été inscrits, indéniablement, et qui forment une trame qui nous éclaire sur la situation présente, sur notre rôle à jouer dans la société actuelle ? Lors de cet échange, une approche tout à fait inédite et étonnante sera présentée, qui nous invite à aiguiser notre sens critique et à devenir chercheurs à notre tour...

 

 

Échange animé par David Allard

À partir de 18H :

En mauvais État ! Penchons-nous sur la société dans laquelle nous vivons, et sur les institutions qui la régissent : l'école, l'élection, l'argent… avec un parti pris délibéré : la société n'est émancipatrice pour aucun d'entre nous. Comment cheminer vers l'autonomie et l'entraide, ces rêves qui animent l'humanité depuis si longtemps sans qu'elle ne parvienne à les réaliser ; et pourquoi ces nombreux freins ? Nous partagerons les fruits de nos recherches historiques, sociologiques et philosophiques ce soir-là, pour envisager avec vous quels chemins prendre pour nous libérer individuellement et collectivement.

Échange animé par Sylvain Rochex et Mathilde Anstett

Samedi

15 juillet

À partir de 10H :

Atelier conserves et lactofermentation. Nous présenterons les multiples intérêts et bienfaits de la lactofermentation  des légumes, des céréales, du lait, avec fabrication de fromages de chèvre, de pain au levain, et préparations lactofermentées à partir des légumes du jardin.

 

Atelier animé par Brigitte Mermoz et Mathilde Anstett

À partir de 14H :

Nous enfanterons dans le plaisir. Nous partagerons le début de la traduction du livre de Casilda Rodriganez Bustos, pour renverser la vieille, fausse et oppressive sentence biblique : « vous enfanterez dans la douleur ». En présentant l'accouchement (et d'autres manifestations de la sexualité féminine que l'on ne reconnaît aujourd'hui pas comme telles), sous un angle résolument plus naturel et réjouissant, nous verrons que les lois de la Vie sont celles du PLAISIR.

Échange animé par Johanne Mérendet et Mathilde Anstett

À partir de 17H :

Un monde sans argent. Comment cheminer ensemble vers un monde débarrassé des échanges marchands et des rapports vendeur/consommateur ? De manière pratique, pourrons-nous parler des contraintes financières qui pèsent sur nous, des objectifs émancipateurs que l'on porte au fond du cœur, et s'interroger sur comment mettre en place l'entraide effective et autonome, pour nous libérer progressivement de l'aliénation qu'engendre la dépendance à l'argent ?

Échange animé par Sonia Éon, Sylvain Rochex et Mathide Anstett

À partir de 18H :

Moment Étymos, voyage au cœur des mots. Nous plongerons ensemble dans la profondeur des mots pour en extraire toute leur saveur oubliée. Nous présenterons la nécessité -oui, oui !- de nous réapproprier du sens originel des mots, porteurs d'une telle puissance transformatrice du réel ; puis chacun, muni d'une petite liste de mots préalablement glanés, récoltés, épluchés et décortiqués, les offre à l'assemblée présente pour qu'on se nourrisse et qu'on s'enrichisse ensemble de nos trouvailles.

Échange animé par Sylvain Rochex

Dimanche

16 juillet

Tous les matins, ateliers sur le thème du jardin et de la permaculture : aménagements et constructions diverses (banc, abri pour les poules, bac à compost en palettes, protection des arbres fruitiers), apiculture, semis, divers travaux des champs selon les envies.

À partir de 14H :

Ronde de partage sur le thème des ondes. Que savons-nous des différents types d'ondes invisibles qui sillonnent l'espace tangible ? Comment fonctionnent-elles , quelles sont leurs sources, leur nocivité potentielle, comment, peut-être s'en protéger ?

 

Échange animé par Joris Tosco

 

 

 


« L'éveil des Cours Certifiés de permaculture » - le doc au cinéma

Mon, 05 Jun 2017 11:04:39 +0000 - (source)

Projections près de chez nous :

Samedi 10 juin au cinéma d'Allevard à 20h30 et Lundi 12 juin au cinéma de Pontcharra à 20h30. Nous animerons le débat post-projection sur ces deux dates.

Edit (11/06) : nous n'avions pas encore vu le film. C'est chose faite et il nous a passablement choqué (pas dans un bon sens). Nous dirons pourquoi mardi 13 juin sur ce site.


Deux héritages

Mon, 29 May 2017 06:56:31 +0000 - (source)

asimineAvertissement: « Perdus vous êtes si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne », disait Rousseau. Ce conte se déroule cependant dans le paradigme du patriarcat, de la propriété et de la succession. Les deux compagnes des défunts sont absentes. Ce qui ne signifie aucunement que je légitime ce dispositif. Cette simplification ne doit pas nous faire oublier qu'au delà de la réflexion qui jaillit de ce petit conte, nous devons aussi nous atteler à revoir nos présupposés: c'est l'homme qui transmet l'héritage à ses enfants, la propriété est l'aboutissement d'une vie épanouie, chaque parent cherche à transmettre un bien matériel à ses enfants... Dans certains peuples amérindiens, souvenons-nous qu'à sa mort tous les biens d'une personne étaient distribués à l'ensemble de la communauté pour éviter les engorgements d'objets et les luttes fratricides qui en découlent. Ceci étant dit, bonne lecture!

Au soir de leur vie, deux hommes, voisins depuis de nombreuses années, s'allongèrent à quelques jours près sur leur lit de mort, satisfaits l'un et l'autre de ce qu'ils allaient transmettre à leurs enfants.

L'un d'eux, Polydore, avait été besogneux tout au long de son existence et vivait dans une grande et luxueuse maison. Aux abords, la piscine était propre et bien entretenue, le gazon tondu bien ras. Sa grande voiture, qui avait fait sa fierté au cours de son vieil âge, était lustrée, rangée dans le grand garage, prête à servir à la descendance qui prendrait le relais. Dans les coffres de la banque il avait cumulé un solide magot, économisé sou par sou tout au long de son existence de travail et de sacrifice. Lorsqu'il sentit que le Souffle de vie qui l'animait commençait à le quitter, il appela une ambulance, et s'éteint seul sur un lit blanc à l'hôpital de secteur. Car, poussés par lui, ses enfants étaient tous partis les uns après les autres faire de brillantes études en ville et ils étaient rentrés dans les affaires, chacun s'étant provisoirement établi là où l'opportunité du commerce l'avait mené. Ils étaient tous parvenus à une situation plus ou moins semblable à celle de leur père, chacun capitalisant, investissant, économisant avec beaucoup de soin, et chacun jouissait de nombreux privilèges en prenant part aux affaires de ce monde. Au déclin de leur père, l'un était trop loin pour arriver à temps et lui dire au revoir, l'autre n'avait pas eu le temps de consulter son répondeur et avait raté son appel, la dernière était engagée dans une formation d'entreprise avec des enjeux financiers colossaux et ses obligations liées au travail l'avait empéchée de se rendre au chevet de son père.

Florius, son voisin, vivait de l'autre côté d'une petite rivière bordée de grands arbres, laquelle constituait la frontière entre les deux terrains. Il avait mené une existence beaucoup plus simple et dénuée d'ambition. Il habitait dans une toute petite cabane confortable en bois, et tout le reste du terrain, du reste aussi grand que celui de son voisin, avait été planté d'arbres fruitiers, de plantes vivaces et de fleurs. Au cours des ans, il avait greffé, semé, planté trois pommiers, un cerisier, un figuier et deux pêchers,  deux poiriers, un plaqueminier, deux actinidias - un mâle et une femelle, qui commençait à porter des fruits-, des cassis, framboises et groseilliers, un cognassier et un prunier, des cosmos, des roses, du chèvrefeuille, du lilas et un abricotier, et tant d'autres fleurs!  C'était là sa seule fortune matérielle. Il accueillait là ses amis, ses enfants et passait avec eux du bon temps sous la jeune canopée. Il offrit son dernier souffle à son jardin, dans son lit, à la froide saison, quelques jours après son voisin. Le feu ronronnait dans le poêle de sa petite maison de bois. Il avait souhaité s'éteindre seul au cœur de son jardin endormi. Un de ses deux enfants, venu le visiter comme il avait coutume de le faire, le trouva dans la paix de la mort.

Les trois enfants de Polydore, en consultant leur planning, réussirent à se libérer de quelques jours de travail pour régler les affaires de succession. Le hasard fit que pendant ces quatre jours, où ils se réunirent dans la maison familiale, les enfants de Florius avait eux aussi choisi de venir passer du temps ensemble pour prendre soin du jardin de leur père. Le printemps était déjà bien avancé. Ils se connaissaient tous depuis leur enfance, aussi avec plaisir se réunirent-ils un soir au bord de la rivière, dans le grand jardin arboré de Florius. Inévitablement, le flot des mots ruissela bientôt vers la pensée des pères disparus, puis glissa vers le sujet de l'héritage. Les trois enfants de Polydore se félicitaient de la fortune que leur avait laissé leur père. A leur tour d'en être les dignes héritiers, et de faire en sorte de gérer soigneusement le capital hérité. Chacun spéculait sur les mille possibles offerts par cette opportunité et se gaussait d'avance sur les privilèges de leur condition d'héritiers. On allait louer la maison à un prix avantageux, revendre les biens et se partager l'argent. Avec condescendance et à demi mots, ils plaignaient les deux enfants de Florius: un terrain planté d'arbres? Leur père ne leur avait laissé qu'un petit bout de terre et quelques fruitiers? Comment allaient-ils réussir à se projeter dans l'avenir, avec si peu? Les deux enfants de Florius ne dirent mot, mais ils savouraient l'air du soir. La nuit épuisa la parole, les deux fratries se séparèrent; la petite rivière qui séparaient les deux terrains continua de couler, et avec elle, le temps.

Quelques années plus tard, Éléonore, la fille de Polydore, vint passer quelques jours dans le village de son enfance. Elle avait des affaires à régler concernant la maison de son père. Le toit commençait à montrer des signes de vétusté, et les locataires avaient fait la demande qu'on le change, en partie ou intégralité. Éléonore venait faire un diagnostic avec un expert, pour connaître la nature et le coût des travaux. Comme elle n'avait plus d'endroit où dormir, puisque la maison était occupée, elle loua une chambre d'hôtel. Le soir, ses pas et son cœur la menèrent  aux abords de la maison de son père, puis de l'autre côté de la rivière, à la petite cabane de Florius. Une table était dressée sous un cerisier croulant sous les fruits mûrs. Prune, la fille de Florius, arrosait de belles salades à la fraîcheur du soir. Des enfants jouaient dans l'eau de la rivière. Elles se saluèrent amicalement, s'installèrent à l'ombre du vieux cerisier, et s'informèrent mutuellement du cours de la vie, de part et d'autre de la rivière. Éléonore expliqua qu'elle était venue seule, un conflit avait éclaté au sein de la famille au sujet de la maison de Polydore. Il fallait changer le toit et l'avis des trois enfants ne concordait pas. Théodore, l’aîné, voulait assumer cette charge pour continuer à louer la maison et en tirer profit. Grégor, le cadet, commençait à rencontrer des difficultés financières; il avait beaucoup voyagé et dépensé une grande partie de l'héritage de son père, il souhaitait vendre la maison pour se refaire un capital. Quant à elle, elle hésitait, refaire le toit constituait une charge énorme qui venait s'ajouter aux frais de la vie quotidienne, mais représentait aussi la garantie de pérenniser le capital laissé par le père. Car revendre la maison dans cet état revenait à perdre beaucoup d'argent. Les deux frères n'avaient pas voulu l'accompagner, l'un étant fâché, l'autre trop occupé. L'héritage de Polydore commençait à fondre...

Prune lui raconta comment la vie évoluait au jardin: elle s'était installé avec sa famille dans la cabane de Florius. Ils avaient eux aussi changé le toit, en faisant appel à des amis, et l'avait recouvert de tuiles de châtaigner coupées dans un vieil arbre.  Son frère Olivier venait très souvent s'occuper du jardin. Ils passaient ensemble des journées entières à prendre soin des arbres, du jardin, des fleurs. Les arbres, en grandissant, étaient toujours plus généreux. Quelques-uns étaient morts, ils les avaient remplacé par d'autres, ils avaient progressivement ajouté des asiminiers, des néfliers, des argousiers, des caroubes, des mûriers, des châtaigniers, noyers et noisetiers, des kiwaïs, des gojis, des amélanchiers, des myrtilliers arbustifs, des goumis du Japon, et tant d'autres variétés! L'abondance mise en œuvre par Florius suivait son cours. On sentait sa présence dans le feuillage des arbres et dans l'air du soir. 

La maison de Polydor fut vendue. Les frères n'avaient plus de contact entre eux, chacun étant occupé à ses petites affaires, toutes plus importantes les unes que les autres... L'héritage était consommé, dilapidé, fini. Et où planait donc l'âme de Polydore?

Pendant ce temps, les fruits, au jardin de Florius, continuent de nourrir ses enfants, de génération en génération...


La permaculture, vous en vivez ?

Mon, 22 May 2017 08:22:09 +0000 - (source)

raisin blanc« En vivre »… La puissance contenue dans cette toute petite formule est de l'ordre de la fission nucléaire avec toute sa toxicité et sa morbidité. Cela nous ramène immédiatement et irrémédiablement à la sphère marchande comme entité totale et fondamentale pour juger de la « viabilité » d'une action dans le monde.

Ça y est la permaculture a le vent en poupe mais une immense erreur subsiste dans son application puisque le critère de « réussite » d'un « projet » en permaculture -comme dans tous les domaines de l'existence- consiste à le valider ou non en vérifiant si celui qui le met en œuvre « en vit ». Par un prodigieux tour de passe-passe, vivre est ici associé à l'idée de retirer d'une activité une substantielle somme d'argent qui nous fait soudain exister. Car si « on n'en vit pas », très logiquement, on est donc mort, absent, nul aux yeux des autres. Pourtant cette étrange association d'idée n'a pas toujours été évidente, elle est le résultat d'une lente instillation de poison, suite à notre immersion progressive dans  un bain de pratiques et de pensées vénéneuses.

 Je ne me souviens pas du jour où l'idée de raisin blanc a été associée magiquement, malgré le paradoxe des couleurs, à la grappe verte du raisin, comme une acceptation de l'absurde.

C'est une conversion du même ordre qui s'est produite avec l'idée d'en vivre, mais immensément plus fallacieuse et dangereuse puisqu'il est ici question de Vie et de Mort, d'existence et de néant social, et que notre soif de vie a ainsi été canalisée vers une réalisation de notre être par le travail et la marchandisation de nos faits, gestes et pensées. Nos pratiques quotidiennes, nos expérimentations, n'ont plus de crédit, d'existence, de substance, que si elles sont réduites grossièrement au concept de rentabilité. Même les mots bénéfice et profit ont été détournés par l'argent! Et on efface du même coup, dans cette définition amputée de la Vie, tout l'aspect joyeux, agréable et créatif de l'existence qui nous animait, enfants, avant le grand lessivage de cerveau. Je ne me souviens pas du moment où, petite, j'ai assimilé l'idée « d'en vivre » à l'idée d'avoir un métier, je ne me souviens pas du dernier coup de marteau qui a enfoncé cette fausse évidence dans mon être. L'évidence de vivre, pour chaque enfant c'est respirer, rencontrer, jouer et apprendre, la question en fait ne se pose pas. Quelles forces à l’œuvre pour réussir à détourner nos attentions de cette flagrance, et les canaliser vers un monde insipide, perverti!

Le jour où je vois un enfant qui demande à un autre s'il vit de ses châteaux de sable, je me dirai que la folie du monde est totalement consommée. Bien heureusement la Force Vive du Présent se renouvelle, s'actualise dans chaque petit être, et ravive nos chances de s'extraire des automatismes d'un monde trop fatigué et trop fatiguant. Il est toujours temps de réanimer nos cœurs endormis. En vivre, quelle étrangeté à le conceptualiser, ce serait gagner suffisamment d'argent pour être correctement inséré dans le fonctionnement routinier de notre système, ne pas sortir du cadre défini, quand bien même celui-ci fissure de toutes parts? On nous ramène sans cesse, à grand renfort de définitions frauduleuses, vers le centre d'un système de mort, on veut nous faire crever dans l’œuf. Pourtant à force de taper méthodiquement sur sa coquille le poussin s'en extrait. Allez, les poussins, picotons avec fougue sur ce qui nous entrave!!!

Dans le cas de la permaculture pour en revenir à la question initiale, on peut dire que plus on raisonne en terme d'argent, plus on s'éloigne de la Vie. Plus « en vivre » est associé à  l'aspect pécuniaire, moins on vit, bloqués que nous sommes à marchander pour ramener une petite ou grosse poignée de billets pour finir le mois, ou pour exister auprès du monde. Cette énergie massive à se débattre pour financièrement « garder la tête hors de l'eau » - alors qu'on s'enfonce toujours plus dans le bocal de la sphère marchande - nous prive de toutes les expérimentations concrètes qui constituent la Vie. On continue de fonctionner la tête à l'envers. Combien de maraîchers convaincus idéalement du bien-fondé de la permaculture, mais piégés par le productivisme et la rentabilisation de leur activité, mettent de côté leurs aspirations profondes et relèguent à un avenir incertain leur rêve d'expérimenter d'autres systèmes? En Vivent-ils ? Combien d'employés de bureau rêvent de devenir chevriers en Ardèche au-delà de la routine amère de leur quotidien ? En Vivent-ils, de leur travail ???

Il faudra bien se résoudre pourtant à comprendre et intégrer, et vivre profondément l'idée qu'« en vivre », ce n'est pas générer un revenu, et que toute activité humaine aujourd'hui qui s'enrôle dans la sphère marchande s'éloigne du principe de Vie. En vivre… être contraint à se lever chaque jour pour rentabiliser notre existence; rendre routinière, marchande, programmée, la permaculture, ou toute autre activité humaine, et finir ainsi par salir notre plaisir, notre désir initial d'expérimentation ?

Dans « en vivre », c'est le « en » qui est éminemment problématique et qui diffuse une masse incommensurable de merde et de concepts malades et dégénérés. On « en » vit pas. On vit.

Allez, permutons l'usage des mots pour changer nos pratiques ET permutons nos pratiques pour changer l'usage des mots !

Vivre, ce n'est pas se vendre !

Allez, extirpons-nous de la tête les idées reçues, les idées martelées; ET extirpons de nos pratiques les gestes qui leur sont associés!

Vivre alors, c'est quoi ? Même si un temps fût, je vous le rappelle, pour chacun d'entre nous, où la question ne se posait pas...

Déjà vivre de la permaculture est un gros pléonasme, puisque permaculture est synonyme de Vie, une philosophie à part entière, et la philosophie détachée de la pratique n'a pas de sens, et inversement... Faire l'apologie de la permaculture c'est faire l'apologie de la Vie. Et comment définir la Vie ? Comme une succession de rencontres et d'expériences dans la Force Vive du Présent, auréolées de Mystère, d'ordre et de chaos, de doutes et de certitude, de tâtonnements et de gestes plus assurés au fil du Temps. La Vie qui fait écho aux battements de mon cœur et de mes pratiques, est réseau de rencontres fortuites, gratuites, riches en enseignements réciproques, incluant toutes les formes de vie, la Vie c'est donner et recevoir, la vie est interdépendance, la vie est œuvre collective, et donc à l'antipode du système de mort des villes, de la marchandisation de notre être au détriment de tous y compris nous-mêmes. La spontanéité qui jaillit de la vie s'oppose radicalement à la monétisation  de la matière, des pratiques et des savoirs quels qu'ils soient . Les dogmes actuels de « réussir sa vie » sont illusion et tromperie et nous engluent dans des pratiques qui éteignent progressivement notre sève vitale, du « berceau jusqu'à la tombe » dixit Jules Ferry.

Vivre : écrire, ajuster, jardiner, penser, scier, rêver, converser, apprendre, cueillir, clouer, observer, hésiter, courir, dessiner, coudre, tomber, rencontrer, grignoter, pailler, grimper, soigner, échanger, affûter, câliner, dormir, semer, s'étirer, penser, modeler, façonner, raboter, réciter, inventer…

...

« La permaculture, est-ce que vous en vivez ? »

Je vis bien, merci, oui.


Powered by VroumVroumBlog 0.1.32 - RSS Feed
Download config articles