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Rencontre du 17 juin 2017 (et radio ce jeudi 15) sur le thème de la permaculture

Tue, 13 Jun 2017 12:29:56 +0000 - (source)

permacultureadreypetit-Cliquez sur l'image pour l'agrandir -

Comme tous les 17 du mois depuis février, nous nous réunissons dans la Vallée des Huiles, chez les uns et les autres, ou dans l'espace public quand c'est possible, pour cheminer entre habitants d'un même territoire vers l'autonomie individuelle et collective. La rencontre du 17 juin, devait préalablement avoir lieu au Pic de l'Huile à La Table, mais ce même soir il y aura, au même endroit, la fête de la Musique de la commune. Nous nous retrouverons donc à l'Adrey de Lonsemard, à partir de 18H30, pour poursuivre nos échanges et organiser l'entraide au niveau local; pour regarder les étoiles et le ciel, aussi. Et partager du bon temps ensemble. Si tu souhaites te joindre à nous, tu es le-la bienvenu-e. Merci de nous contacter pour connaître l'itinéraire pour venir. Ces rencontres sont gratuites, conviviales, dans le simple but de la rencontre humaine et du plaisir d'avancer ensemble!

trait

Toujours au sujet de la permaculture, et suite aux deux projections du film "l'Éveil de la permaculture" où nous avons animé le débat à la fin du film, à Allevard et Pontcharra, nous souhaitons continuer à dénoncer plus que jamais le business et la scolarisation de la permaculture qui se mettent en place un peu partout. Nous animerons donc l'émission du Monde allant vers... ce jeudi de 19H30 à 20H30 sur Radio Grésivaudan sur ce thème particulier. Suite à l'intensité des débats qui ont eu lieu hier et samedi, peut-être que quelques spectateurs curieux que nous avons rencontrés liront ces lignes ! N'hésitez donc pas si vous souhaitez continuer les échanges à vous joindre à l'émission ou à nous contacter en direct jeudi! L'avis est aussi lancé à quiconque a quelque chose à partager à ce sujet...


Semaine de permaculture à l'Adrey

Mon, 05 Jun 2017 13:22:39 +0000 - (source)

permajuilletComme prévu, nous proposons une semaine de partage collectif principalement autour de la permaculture (avec toutes ses composantes humaines et sociales) à l'Adrey, du lundi 10 au dimanche 16 juillet 2017.

Nous accueillons en mode camping. Quiconque souhaite proposer un atelier spécifique (sans aucune restriction de fond et de forme) peut prendre contact avec nous le plus tôt possible pour faciliter la mise en place de la semaine. L'idée que nous souhaiterions conserver est de vivre ces temps de « skholè » les après-midi à l'ombre ou au soleil et parfois en soirée. Le reste du temps étant consacré librement aux rapports avec les élements, avec le jardin et les arbres et/ou au repos, méditation et dialogues interpersonnels.

L'Adrey est un lieu sauvage aménagé depuis seulement 1 an. Pour donner une idée, il y a une petite cuisine d'été, nous allons chercher l'eau à la fontaine (à 1 km), il y a un toilette sèche,... Pour que tout se passe bien, chacun est invité à de l'esprit d'autonomie pour que la tenue du lieu se répartisse entre tous.

Au sujet de l'alimentation : nous sommes en chemin vers la souveraineté alimentaire mais elle n'est pas encore effective. Chacun est donc invité à nous rejoindre avec des denrées biologiques à partager selon ce qu'il peut et veut. Un jour (36h) de jeûne collectif sera proposé.

A 1km en dessous du terrain, il y a, une petite maison accessible avec, au besoin : une douche, une machine à laver le linge, un toilette à eau, une bibliothèque (de combat), une connexion Internet, des lits, et autres commodités des maisons actuelles.

Cette semaine ensemble dans la forêt constitue une véritable « formation gratuite à la permaculture » tant le souhait est d'explorer ensemble, en vertu d'un enrichissement mutuel, mille et un savoirs et pratiques au service des écosystèmes humains autofertiles, résilients, nourriciers, et harmonieux.

Si la permaculture constitue un espoir pour l'humanité, elle ne peut pas se traduire au sein des échanges commerciaux (encore très-trop majoritaires). Il y a un lien consubstantiel entre la permaculture et la gratuité (la grâce). La véritable rencontre avec l'autre, la surprise, l'étonnement, le don, donc le véritable enrichissement mutuel, ne peut jamais être marchand. Et le vrai repos, idem.

Mathilde et Sylvain

Téléphone pour s'inscrire à cette semaine : 04 56 29 35 06


« L'éveil des Cours Certifiés de permaculture » - le doc au cinéma

Mon, 05 Jun 2017 11:04:39 +0000 - (source)

Projections près de chez nous :

Samedi 10 juin au cinéma d'Allevard à 20h30 et Lundi 12 juin au cinéma de Pontcharra à 20h30. Nous animerons le débat post-projection sur ces deux dates.

Edit (11/06) : nous n'avions pas encore vu le film. C'est chose faite et il nous a passablement choqué (pas dans un bon sens). Nous dirons pourquoi mardi 13 juin sur ce site.


Deux héritages

Mon, 29 May 2017 06:56:31 +0000 - (source)

asimineAvertissement: « Perdus vous êtes si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne », disait Rousseau. Ce conte se déroule cependant dans le paradigme du patriarcat, de la propriété et de la succession. Les deux compagnes des défunts sont absentes. Ce qui ne signifie aucunement que je légitime ce dispositif. Cette simplification ne doit pas nous faire oublier qu'au delà de la réflexion qui jaillit de ce petit conte, nous devons aussi nous atteler à revoir nos présupposés: c'est l'homme qui transmet l'héritage à ses enfants, la propriété est l'aboutissement d'une vie épanouie, chaque parent cherche à transmettre un bien matériel à ses enfants... Dans certains peuples amérindiens, souvenons-nous qu'à sa mort tous les biens d'une personne étaient distribués à l'ensemble de la communauté pour éviter les engorgements d'objets et les luttes fratricides qui en découlent. Ceci étant dit, bonne lecture!

Au soir de leur vie, deux hommes, voisins depuis de nombreuses années, s'allongèrent à quelques jours près sur leur lit de mort, satisfaits l'un et l'autre de ce qu'ils allaient transmettre à leurs enfants.

L'un d'eux, Polydore, avait été besogneux tout au long de son existence et vivait dans une grande et luxueuse maison. Aux abords, la piscine était propre et bien entretenue, le gazon tondu bien ras. Sa grande voiture, qui avait fait sa fierté au cours de son vieil âge, était lustrée, rangée dans le grand garage, prête à servir à la descendance qui prendrait le relais. Dans les coffres de la banque il avait cumulé un solide magot, économisé sou par sou tout au long de son existence de travail et de sacrifice. Lorsqu'il sentit que le Souffle de vie qui l'animait commençait à le quitter, il appela une ambulance, et s'éteint seul sur un lit blanc à l'hôpital de secteur. Car, poussés par lui, ses enfants étaient tous partis les uns après les autres faire de brillantes études en ville et ils étaient rentrés dans les affaires, chacun s'étant provisoirement établi là où l'opportunité du commerce l'avait mené. Ils étaient tous parvenus à une situation plus ou moins semblable à celle de leur père, chacun capitalisant, investissant, économisant avec beaucoup de soin, et chacun jouissait de nombreux privilèges en prenant part aux affaires de ce monde. Au déclin de leur père, l'un était trop loin pour arriver à temps et lui dire au revoir, l'autre n'avait pas eu le temps de consulter son répondeur et avait raté son appel, la dernière était engagée dans une formation d'entreprise avec des enjeux financiers colossaux et ses obligations liées au travail l'avait empéchée de se rendre au chevet de son père.

Florius, son voisin, vivait de l'autre côté d'une petite rivière bordée de grands arbres, laquelle constituait la frontière entre les deux terrains. Il avait mené une existence beaucoup plus simple et dénuée d'ambition. Il habitait dans une toute petite cabane confortable en bois, et tout le reste du terrain, du reste aussi grand que celui de son voisin, avait été planté d'arbres fruitiers, de plantes vivaces et de fleurs. Au cours des ans, il avait greffé, semé, planté trois pommiers, un cerisier, un figuier et deux pêchers,  deux poiriers, un plaqueminier, deux actinidias - un mâle et une femelle, qui commençait à porter des fruits-, des cassis, framboises et groseilliers, un cognassier et un prunier, des cosmos, des roses, du chèvrefeuille, du lilas et un abricotier, et tant d'autres fleurs!  C'était là sa seule fortune matérielle. Il accueillait là ses amis, ses enfants et passait avec eux du bon temps sous la jeune canopée. Il offrit son dernier souffle à son jardin, dans son lit, à la froide saison, quelques jours après son voisin. Le feu ronronnait dans le poêle de sa petite maison de bois. Il avait souhaité s'éteindre seul au cœur de son jardin endormi. Un de ses deux enfants, venu le visiter comme il avait coutume de le faire, le trouva dans la paix de la mort.

Les trois enfants de Polydore, en consultant leur planning, réussirent à se libérer de quelques jours de travail pour régler les affaires de succession. Le hasard fit que pendant ces quatre jours, où ils se réunirent dans la maison familiale, les enfants de Florius avait eux aussi choisi de venir passer du temps ensemble pour prendre soin du jardin de leur père. Le printemps était déjà bien avancé. Ils se connaissaient tous depuis leur enfance, aussi avec plaisir se réunirent-ils un soir au bord de la rivière, dans le grand jardin arboré de Florius. Inévitablement, le flot des mots ruissela bientôt vers la pensée des pères disparus, puis glissa vers le sujet de l'héritage. Les trois enfants de Polydore se félicitaient de la fortune que leur avait laissé leur père. A leur tour d'en être les dignes héritiers, et de faire en sorte de gérer soigneusement le capital hérité. Chacun spéculait sur les mille possibles offerts par cette opportunité et se gaussait d'avance sur les privilèges de leur condition d'héritiers. On allait louer la maison à un prix avantageux, revendre les biens et se partager l'argent. Avec condescendance et à demi mots, ils plaignaient les deux enfants de Florius: un terrain planté d'arbres? Leur père ne leur avait laissé qu'un petit bout de terre et quelques fruitiers? Comment allaient-ils réussir à se projeter dans l'avenir, avec si peu? Les deux enfants de Florius ne dirent mot, mais ils savouraient l'air du soir. La nuit épuisa la parole, les deux fratries se séparèrent; la petite rivière qui séparaient les deux terrains continua de couler, et avec elle, le temps.

Quelques années plus tard, Éléonore, la fille de Polydore, vint passer quelques jours dans le village de son enfance. Elle avait des affaires à régler concernant la maison de son père. Le toit commençait à montrer des signes de vétusté, et les locataires avaient fait la demande qu'on le change, en partie ou intégralité. Éléonore venait faire un diagnostic avec un expert, pour connaître la nature et le coût des travaux. Comme elle n'avait plus d'endroit où dormir, puisque la maison était occupée, elle loua une chambre d'hôtel. Le soir, ses pas et son cœur la menèrent  aux abords de la maison de son père, puis de l'autre côté de la rivière, à la petite cabane de Florius. Une table était dressée sous un cerisier croulant sous les fruits mûrs. Prune, la fille de Florius, arrosait de belles salades à la fraîcheur du soir. Des enfants jouaient dans l'eau de la rivière. Elles se saluèrent amicalement, s'installèrent à l'ombre du vieux cerisier, et s'informèrent mutuellement du cours de la vie, de part et d'autre de la rivière. Éléonore expliqua qu'elle était venue seule, un conflit avait éclaté au sein de la famille au sujet de la maison de Polydore. Il fallait changer le toit et l'avis des trois enfants ne concordait pas. Théodore, l’aîné, voulait assumer cette charge pour continuer à louer la maison et en tirer profit. Grégor, le cadet, commençait à rencontrer des difficultés financières; il avait beaucoup voyagé et dépensé une grande partie de l'héritage de son père, il souhaitait vendre la maison pour se refaire un capital. Quant à elle, elle hésitait, refaire le toit constituait une charge énorme qui venait s'ajouter aux frais de la vie quotidienne, mais représentait aussi la garantie de pérenniser le capital laissé par le père. Car revendre la maison dans cet état revenait à perdre beaucoup d'argent. Les deux frères n'avaient pas voulu l'accompagner, l'un étant fâché, l'autre trop occupé. L'héritage de Polydore commençait à fondre...

Prune lui raconta comment la vie évoluait au jardin: elle s'était installé avec sa famille dans la cabane de Florius. Ils avaient eux aussi changé le toit, en faisant appel à des amis, et l'avait recouvert de tuiles de châtaigner coupées dans un vieil arbre.  Son frère Olivier venait très souvent s'occuper du jardin. Ils passaient ensemble des journées entières à prendre soin des arbres, du jardin, des fleurs. Les arbres, en grandissant, étaient toujours plus généreux. Quelques-uns étaient morts, ils les avaient remplacé par d'autres, ils avaient progressivement ajouté des asiminiers, des néfliers, des argousiers, des caroubes, des mûriers, des châtaigniers, noyers et noisetiers, des kiwaïs, des gojis, des amélanchiers, des myrtilliers arbustifs, des goumis du Japon, et tant d'autres variétés! L'abondance mise en œuvre par Florius suivait son cours. On sentait sa présence dans le feuillage des arbres et dans l'air du soir. 

La maison de Polydor fut vendue. Les frères n'avaient plus de contact entre eux, chacun étant occupé à ses petites affaires, toutes plus importantes les unes que les autres... L'héritage était consommé, dilapidé, fini. Et où planait donc l'âme de Polydore?

Pendant ce temps, les fruits, au jardin de Florius, continuent de nourrir ses enfants, de génération en génération...


La permaculture, vous en vivez ?

Mon, 22 May 2017 08:22:09 +0000 - (source)

raisin blanc« En vivre »… La puissance contenue dans cette toute petite formule est de l'ordre de la fission nucléaire avec toute sa toxicité et sa morbidité. Cela nous ramène immédiatement et irrémédiablement à la sphère marchande comme entité totale et fondamentale pour juger de la « viabilité » d'une action dans le monde.

Ça y est la permaculture a le vent en poupe mais une immense erreur subsiste dans son application puisque le critère de « réussite » d'un « projet » en permaculture -comme dans tous les domaines de l'existence- consiste à le valider ou non en vérifiant si celui qui le met en œuvre « en vit ». Par un prodigieux tour de passe-passe, vivre est ici associé à l'idée de retirer d'une activité une substantielle somme d'argent qui nous fait soudain exister. Car si « on n'en vit pas », très logiquement, on est donc mort, absent, nul aux yeux des autres. Pourtant cette étrange association d'idée n'a pas toujours été évidente, elle est le résultat d'une lente instillation de poison, suite à notre immersion progressive dans  un bain de pratiques et de pensées vénéneuses.

 Je ne me souviens pas du jour où l'idée de raisin blanc a été associée magiquement, malgré le paradoxe des couleurs, à la grappe verte du raisin, comme une acceptation de l'absurde.

C'est une conversion du même ordre qui s'est produite avec l'idée d'en vivre, mais immensément plus fallacieuse et dangereuse puisqu'il est ici question de Vie et de Mort, d'existence et de néant social, et que notre soif de vie a ainsi été canalisée vers une réalisation de notre être par le travail et la marchandisation de nos faits, gestes et pensées. Nos pratiques quotidiennes, nos expérimentations, n'ont plus de crédit, d'existence, de substance, que si elles sont réduites grossièrement au concept de rentabilité. Même les mots bénéfice et profit ont été détournés par l'argent! Et on efface du même coup, dans cette définition amputée de la Vie, tout l'aspect joyeux, agréable et créatif de l'existence qui nous animait, enfants, avant le grand lessivage de cerveau. Je ne me souviens pas du moment où, petite, j'ai assimilé l'idée « d'en vivre » à l'idée d'avoir un métier, je ne me souviens pas du dernier coup de marteau qui a enfoncé cette fausse évidence dans mon être. L'évidence de vivre, pour chaque enfant c'est respirer, rencontrer, jouer et apprendre, la question en fait ne se pose pas. Quelles forces à l’œuvre pour réussir à détourner nos attentions de cette flagrance, et les canaliser vers un monde insipide, perverti!

Le jour où je vois un enfant qui demande à un autre s'il vit de ses châteaux de sable, je me dirai que la folie du monde est totalement consommée. Bien heureusement la Force Vive du Présent se renouvelle, s'actualise dans chaque petit être, et ravive nos chances de s'extraire des automatismes d'un monde trop fatigué et trop fatiguant. Il est toujours temps de réanimer nos cœurs endormis. En vivre, quelle étrangeté à le conceptualiser, ce serait gagner suffisamment d'argent pour être correctement inséré dans le fonctionnement routinier de notre système, ne pas sortir du cadre défini, quand bien même celui-ci fissure de toutes parts? On nous ramène sans cesse, à grand renfort de définitions frauduleuses, vers le centre d'un système de mort, on veut nous faire crever dans l’œuf. Pourtant à force de taper méthodiquement sur sa coquille le poussin s'en extrait. Allez, les poussins, picotons avec fougue sur ce qui nous entrave!!!

Dans le cas de la permaculture pour en revenir à la question initiale, on peut dire que plus on raisonne en terme d'argent, plus on s'éloigne de la Vie. Plus « en vivre » est associé à  l'aspect pécuniaire, moins on vit, bloqués que nous sommes à marchander pour ramener une petite ou grosse poignée de billets pour finir le mois, ou pour exister auprès du monde. Cette énergie massive à se débattre pour financièrement « garder la tête hors de l'eau » - alors qu'on s'enfonce toujours plus dans le bocal de la sphère marchande - nous prive de toutes les expérimentations concrètes qui constituent la Vie. On continue de fonctionner la tête à l'envers. Combien de maraîchers convaincus idéalement du bien-fondé de la permaculture, mais piégés par le productivisme et la rentabilisation de leur activité, mettent de côté leurs aspirations profondes et relèguent à un avenir incertain leur rêve d'expérimenter d'autres systèmes? En Vivent-ils ? Combien d'employés de bureau rêvent de devenir chevriers en Ardèche au-delà de la routine amère de leur quotidien ? En Vivent-ils, de leur travail ???

Il faudra bien se résoudre pourtant à comprendre et intégrer, et vivre profondément l'idée qu'« en vivre », ce n'est pas générer un revenu, et que toute activité humaine aujourd'hui qui s'enrôle dans la sphère marchande s'éloigne du principe de Vie. En vivre… être contraint à se lever chaque jour pour rentabiliser notre existence; rendre routinière, marchande, programmée, la permaculture, ou toute autre activité humaine, et finir ainsi par salir notre plaisir, notre désir initial d'expérimentation ?

Dans « en vivre », c'est le « en » qui est éminemment problématique et qui diffuse une masse incommensurable de merde et de concepts malades et dégénérés. On « en » vit pas. On vit.

Allez, permutons l'usage des mots pour changer nos pratiques ET permutons nos pratiques pour changer l'usage des mots !

Vivre, ce n'est pas se vendre !

Allez, extirpons-nous de la tête les idées reçues, les idées martelées; ET extirpons de nos pratiques les gestes qui leur sont associés!

Vivre alors, c'est quoi ? Même si un temps fût, je vous le rappelle, pour chacun d'entre nous, où la question ne se posait pas...

Déjà vivre de la permaculture est un gros pléonasme, puisque permaculture est synonyme de Vie, une philosophie à part entière, et la philosophie détachée de la pratique n'a pas de sens, et inversement... Faire l'apologie de la permaculture c'est faire l'apologie de la Vie. Et comment définir la Vie ? Comme une succession de rencontres et d'expériences dans la Force Vive du Présent, auréolées de Mystère, d'ordre et de chaos, de doutes et de certitude, de tâtonnements et de gestes plus assurés au fil du Temps. La Vie qui fait écho aux battements de mon cœur et de mes pratiques, est réseau de rencontres fortuites, gratuites, riches en enseignements réciproques, incluant toutes les formes de vie, la Vie c'est donner et recevoir, la vie est interdépendance, la vie est œuvre collective, et donc à l'antipode du système de mort des villes, de la marchandisation de notre être au détriment de tous y compris nous-mêmes. La spontanéité qui jaillit de la vie s'oppose radicalement à la monétisation  de la matière, des pratiques et des savoirs quels qu'ils soient . Les dogmes actuels de « réussir sa vie » sont illusion et tromperie et nous engluent dans des pratiques qui éteignent progressivement notre sève vitale, du « berceau jusqu'à la tombe » dixit Jules Ferry.

Vivre : écrire, ajuster, jardiner, penser, scier, rêver, converser, apprendre, cueillir, clouer, observer, hésiter, courir, dessiner, coudre, tomber, rencontrer, grignoter, pailler, grimper, soigner, échanger, affûter, câliner, dormir, semer, s'étirer, penser, modeler, façonner, raboter, réciter, inventer…

...

« La permaculture, est-ce que vous en vivez ? »

Je vis bien, merci, oui.


Ayla

Sun, 21 May 2017 22:17:27 +0000 - (source)


Le fameux kléroterion

Sun, 21 May 2017 20:55:51 +0000 - (source)


Le tirage au sort démocratique par CNRS

Mince !!! J'ai failli oublier que ce n'est pas intéressant comme truc car ILS AVAIENT DES ESCLAVES !!! On le sait par coeur qu'il ne faut jamais parler de la démocratie athénienne et qu'il n'y a rien d'intéressant dans la démocratie athénienne car ILS AVAIENT DES ESCLAVES !!! Donc, surtout n'allez pas penser que l'objet présenté dans cette vidéo puisse être ne serait-ce qu'un tout petit peu intéressant car ILS AVAIENT DES ESCLAVES !!!

Et puis, ne mangez pas de plantes sauvages, car IL Y A L'ECHINOCOCOSE. L'important est l'épouvantail de chaque chose, et non la Vie.


« Quand elle prend corps »

Mon, 15 May 2017 09:57:26 +0000 - (source)

 « Quand elle prend corps »

araignéeUn texte de Jean-Philippe sur le blog Éloge du détail. Que je veux associer au texte publié hier par Mathilde : Où est passée la spontanéité ?​ L'inconnu, l'imprévu, terrorise. Donc, le spontané terrorise. ​La spontanéité est l'araignée suprême qui se fait écraser à tous les coins de rue par les chaussures de l'homme de la masse et agent du respect de la conformité parfaite de l'ordre établi.
Qui êtes-vous ? Quelle association êtes-vous ? Que faites-vous ? Avez-vous une autorisation ? Demande l'agent (qui peut être un simple passant, un fonctionnaire, — ils sont si nombreux à répercuter l'horreur —), gorgé d'une émotion de terreur qu'il ne domine pas, toujours une chaussure dans la main.
Résultat : nos existences sociales publiques sont froides et mortes comme des portes de prison (normal, nous sommes dans une prison, celle des émotions).
Résultat : Je suis aujourd'hui celui que je n'ai pas pu rencontrer quand j'étais plus jeune. Je suis celui que ceux qui sont comme j'ai été ne peuvent pas non plus rencontrer. C'est par cette pathocratie qui ne dit jamais son nom, qu'on laisse moisir tous les jeunes gens de ce monde dans le tunnel sombre et immonde de la propagande, de zéro à 25 ans.

Voilà, je vous laisse avec le texte de mon frère.


Où est passée la spontanéité?

Sun, 14 May 2017 10:14:53 +0000 - (source)

Randonnee feu de la St Jean Long 46 Quoi faire ces huits prochains jours autour de chez vous? Vous avez le choix mesdames-messieurs!!!

Un atelier d'écriture sur le thème des fleurs et de la poésie, organisé par la bibliothèque de Chervons-les-Eaux.

Le conseil municipal de Fricotet-les-Muscardins approuve à l'unanimité l'organisation de la Fête des Voisins proposée par Daniel Puigon, le président de "Ensemble les p'tits Mumus" -avec un budget alloué de 73 euros, c'est la commune qui paie les consommations!  Une recommandation particulière tout de même sera notifiée dans le compte-rendu du conseil, en ces temps de morosité sociale: car les derniers sondages affirment que 68% des français dépriment. On précisera donc bien qu'on est là pour faire la fête, et pas de la politique! Grincheux et mécontents seront priés de rester courtois pour ne pas perturber les festivités, ou bien de rester chez eux...

L'association Bien-Vivre-en-Val-Gelon accepte pour cette septième édition de la Fête de la Nature la présence de citoyens bénévoles qui vont présenter à ceux qui ne le connaissent pas encore le fameux pesto à l'ail des ours! C'est une grande première car jusqu'ici seules des associations légalement déclarées en préfecture prenaient part à l'organisation de la fête! La fête sera populaire!!! Les bénévoles seront évidemment encadrés par le référent de l'association, qui remboursera l'huile d'olive avec les subventions accordées pour la fête!!!

Mais si vous préferez assister à un atelier peinture-et-hypnose, c'est le même jour à Joissu-les-Moineaux, c'est organisé par l'association Soporifik, qui a réservé la salle au tarif asso, et répercute les frais sur les droits d'entrée qui restent cependant raisonnables: 13,60 euros par personne avec une décoction de valériane offerte aux trois premiers inscrits. Les enfants sont tolérés.

Triste litanie de la programmation de ce qui peut, de ce qui va exister,  demain, près de chez vous. Tous les rassemblements de personnes sont aujourdh'ui institutionnalisés, sans exception, et marchandisés. Un rassemblement spontané dans "l'espace public" est illégal. Pas de débordements. La liberté est sous contrôle.

On sait aussi que si on arrive tranquillement à la fête de la Nature sous tutelle de l'Association phare du Val Gelon, qu'on installe un petit stand comme ça, pour ajouter une présence, tout naturellement, puisque c'est le thème de la fête, quelqu'un ne tardera pas à venir, les yeux ronds, étonnés, pour savoir ce qu'on fait là, qu'on n'est pas au programme et qu'on aurait du prendre contact avec le président de l'association. L'imprévu effraie.

Intuitivement, nous savons que si un petit groupe de personnes installe une table sur le "domaine public" pour manger, partager de la documentation ou causer avec d'autres, les ennuis ne tardent pas à arriver en uniforme pour rappeler, d'abord gentillement que ce rassemblement n'est pas autorisé; et si l'on insiste à vouloir vivre ce moment de rencontre et de partage, l'usage de la force et de la contrainte par les " gardiens de l'ordre" nous rappelle vite les règles du jeu.

Intuitivement, nous savons que si nous nous installons dans la bibliothèque "publique" de Fariboule-la-Noise, de la façon la plus simple qui soit, pour présenter spontanément un livre quelconque, qu'il soit polémique ou non, les ennuis ne tardent pas à arriver en robes à fleurs pour nous rappeler, que n'importe qui ne peut pas s'installer comme ça, sans être tamponné par l'institution, et parler à nos frères et soeurs en humanité!

On ne peut carrément pas entrer dans une école "publique", la parole officielle détient le monopole total et le moindre imprévu est rangé au rang de subversion. Et si on commence à vouloir exposer "publiquement" nos vues en matière de phytothérapie ou de jeûne dans le hall d'un hôpital "public"? A chacun d'imaginer la tournure que peut prendre l'opération, et tous les remparts prévus pour empêcher le dialogue, l'échange de connaissances nécessaires pour construire le fameux esprit critique dont les censeurs se targuent depuis leur vue étroite.

L'irruption de l'inattendu est insupportable pour celui qui est inséré dans la chaîne de hiérarchie inhérente au fonctionnement des "espaces publics". Car son rôle est de maintenir la routine de fonctionnement du lieu. Chacun des espaces dits publics fonctionne selon des principes rigides immuables, sinon par le consentement d'une poignée d'hommes de pouvoir qui du jour au lendemain peuvent donner une orientation nouvelle à un espace en fonction de données arbitraires que nul ne contrôle. Chacun d'entre nous finance aveuglément la mise en oeuvre et le fonctionnement des bâtiments et institutions publics quels qu'ils soient, mais chacun est délibérément écarté du processus de prise en charge et de gestion de ces espaces. Ce fait est tacitement admis par quasiment toute la population, par résignation, par ignorance ou par peur, et induit la nature de nos comportements au sein de l'espace public. Ainsi quand on fait irruption sans y être attendu dans une biliothèque, dans la rue, dans une école, un hôpital... pour simplement  partager publiquement un contenu quelconque, rencontrer et apprendre avec l'Autre, ce n'est finalement même pas le contenu de ce qui apparaît soudain qui gêne.

Ce qui déplait, c'est la remise en question d'un dogme, celui d'accepter d'être pris en charge par d'autres, d'accepter que l'on programme notre vie culturelle, politique et sociale sans notre consentement, sans notre implication. C'est le fait de considérer que les espaces publics sont de fait, aussi les nôtres, et d'y mettre en oeuvre d'autres usages que ceux qui y sont programmés. Cela fait soudain apparaître une idée que beaucoup ne peuvent même pas effleurer en pensée, car cela remet en question la totalité de leur fonction au sein de l'institution. Cette arrivée impromptue, là où on ne nous attend pas, pour imaginer, créer là où tout est déjà calibré, montre aux yeux de tous à quel point nous sommes devenus un peuple servile, docile, obéissant, soumis, résigné, qui a enfoui au plus profond la créativité au service de chacun et de tous.

Pourtant, il n'y pas si longtemps, chacun, petit ou grand, portait son bout de bois pour constituer un immense feu de joie le jour de la fête de la Saint-Jean. C'est ce qui donnait sens au feu et à la fête. Aujourd'hui le feu est derrière une rangée de barrières, elle-même  derrière le camion de pompier, et c'est l'employé communal qui a empilé les branches tout seul, enfin avec son tracteur...

Sur de grandes tables chacun portait un pain, un morceau de fromage, une tarte, une corbeille de fruits, une bonne bouteille... Le soir l'un contait une légende, l'autre jouait de la musique. Maintenant tout le monde fait la queue pour les saucisses de Mulhouse-frites en barquette plastique, au profit de l'association "Harmonie de Blouac-les-Choux", qui a défrayé des musiciens pour faire l'ambiance.

Forcément, l'arrivée de l'été est devenu bien fade et les fêtes populaires ne sont plus tellement celles du peuple, à l'image de tout ce qu'on appelle aujourd'hui bien commun...

Toutes les fêtes, tous les espaces du peuple ont leur référent, leur responsable, vassal de l'État qui s'assure que rien d'imprévu ne surgira importunément de la mise en scène initialement prévue. Toutes les fêtes, tous les espaces prétenduement publics ont leur tiroir-caisse, moteur du rassemblement, et leurs consommateurs. On a tué l'économie du don, l'égalité, et avec, la volonté de faire vivre une fête, une rencontre, une société. On a tué la spontanéité pour le règne de la résignation. Nous sommes les figurants d'un scénario quand nous pourrions tous ensemble l'écrire.

La spontanéité est devenue douteuse. Il serait temps d'y remédier et de faire irruption là où on ne nous attend pas, ou plus. Car la vie n'est pas loin de ces petites étincelles qui augurent un grand feu!

saint jean

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La Maîtresse : la Reine des Mamans

Fri, 12 May 2017 12:18:32 +0000 - (source)

reine de mamans

reine des meres


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