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Ça a foiré... totalement...

Sat, 04 Mar 2017 10:53:10 +0000 - (source)

container bâteau

déchets

{xtypo_quote} Nous faisons tous face à des choix. Nous pouvons avoir des calottes glaciaires et des ours polaires, ou nous pouvons avoir des automobiles. Nous pouvons avoir des barrages ou nous pouvons avoir des saumons. Nous pouvons avoir des vignes irriguées dans les comtés de Mendocino et Sonoma, ou nous pouvons avoir la rivière Eel et la rivière Russian. Nous pouvons avoir le pétrole du fond des océans, ou nous pouvons avoir des baleines. Nous pouvons avoir des boîtes en carton ou nous pouvons avoir des forêts vivantes. Nous pouvons avoir des ordinateurs et la myriade de cancers qui accompagne leur fabrication, ou nous pouvons n’avoir aucun des deux. Nous pouvons avoir l’électricité et un monde dévasté par l’exploitation minière, ou nous pouvons n’avoir aucun des deux (et ne venez pas me raconter de sottises à propos du solaire : vous aurez besoin de cuivre pour le câblage, de silicone pour le photovoltaïque, de métaux et de plastiques pour les dispositifs, qui ont besoin d’être fabriqués et puis transportés chez vous, et ainsi de suite. Même l’énergie électrique solaire n’est pas soutenable parce que l’électricité et tous ses attributs requièrent une infrastructure industrielle). Nous pouvons avoir des fruits, des légumes, et du café importés aux États-Unis depuis l’Amérique latine, ou nous pouvons avoir au moins quelques communautés humaines et non-humaines à peu près intactes à travers la région. […] Nous pouvons avoir du commerce international, inévitablement et par définition ainsi que par fonction dominé par d’immenses et distantes entités économiques/gouvernementales qui n’agissent pas (et ne peuvent pas agir) dans l’intérêt des communautés, ou nous pouvons avoir un contrôle local d’économies locales, ce qui ne peut advenir tant que des villes requièrent l’importation (lire : le vol) de ressources toujours plus distantes. Nous pouvons avoir la civilisation — trop souvent considérée comme la plus haute forme d’organisation sociale — qui se propage (qui métastase, dirais-je) sur toute la planète, ou nous pouvons avoir une multiplicité de cultures autonomes uniques car spécifiquement adaptées au territoire d’où elles émergent. Nous pouvons avoir des villes et tout ce qu’elles impliquent, ou nous pouvons avoir une planète habitable. Nous pouvons avoir le « progrès » et l’histoire, ou nous pouvons avoir la soutenabilité. Nous pouvons avoir la civilisation, ou nous pouvons au moins avoir la possibilité d’un mode de vie qui ne soit pas basé sur le vol violent de ressources.

Tout cela n’est absolument pas abstrait. C’est physique. Dans un monde fini, l’importation forcée et quotidienne de ressources est insoutenable. Hum.

Montrez-moi comment la culture de la voiture peut coexister avec la nature sauvage, et plus particulièrement, comment le réchauffement planétaire anthropique peut coexister avec les calottes glaciaires et les ours polaires. N’importe laquelle des soi-disant solutions du genre des voitures électriques solaires présenterait des problèmes au moins aussi sévères. L’électricité, par exemple, a toujours besoin d’être générée, les batteries sont extraordinairement toxiques, et, quoi qu’il en soit, la conduite n’est pas le principal facteur de pollution de la voiture : bien plus de pollution est émise au cours de sa fabrication qu’à travers son pot d’échappement. La même chose est vraie de tous les produits de la civilisation industrielle.

Nous ne pouvons pas tout avoir. Cette croyance selon laquelle nous le pouvons est une des choses qui nous ont précipités dans cet horrible endroit. Si la folie pouvait être définie comme la perte de connexion fonctionnelle avec la réalité physique, croire que nous pouvons tout avoir — croire que nous pouvons simultanément démanteler une planète et y vivre ; croire que nous pouvons perpétuellement utiliser plus d’énergie que ce que nous fournit le soleil ; croire que nous pouvons piller du monde plus que ce qu’il ne donne volontairement ; croire qu’un monde fini peut soutenir une croissance infinie, qui plus est une croissance économique infinie, qui consiste à convertir toujours plus d’êtres vivants en objets inertes (la production industrielle, en son cœur, est la conversion du vivant — des arbres ou des montagnes — en inerte — planches de bois et canettes de bière) — est incroyablement cinglé. Cette folie se manifeste en partie par un puissant irrespect pour les limites et la justice. Elle se manifeste au travers de la prétention selon laquelle il n’existe ni limites, ni justice. Prétendre que la civilisation peut exister sans détruire son propre territoire, ainsi que celui des autres et leurs cultures, c’est être complètement ignorant de l’histoire, de la biologie, de la thermodynamique, de la morale, et de l’instinct de conservation. & c’est n’avoir prêté absolument aucune attention aux six derniers millénaires. Derrick Jensen{/xtypo_quote}


Le sujet du « revenu de base » vu par Valentin

Sat, 04 Mar 2017 10:04:48 +0000 - (source)

On est en 2017, tout le monde est taré et dans la perdition totale, sauf pas grand monde... dont Valentin, comme toujours.


Extrait d'un livre sur Ellul et Charbonneau

Thu, 02 Mar 2017 09:35:52 +0000 - (source)

ellulFin du livre de Jean Bernard-Maugiron sur Jacques Ellul et Bernard Charbonneau :

« Au terme d’une vie entière consacrée à la critique du système  technicien et à lutter contre la prédation et la dévastation de la nature, le constat est sans appel : malgré quelques petites victoires ici ou là, l’échec est général. «   Je dirais volontiers que j’ai échoué partout  et que je n’en retire aucune amertume   », confiait Ellul. Et encore, lui et Bernard Charbonneau n’ont-ils pas connu la «   révolution numérique   » et l’univers des technologies convergentes (biotechnologies,  nanotechnologies, informatique et sciences cognitives) qui est le  nôtre aujourd’hui. Celui des data centers, des clouds, des nanomatériaux, des thérapies géniques, des algorithmes auto-apprenants,  des puces RFID, des imprimantes  3D, des capteurs et interfaces  électroniques, des ciseaux génétiques, des implants cérébraux, des  neurones artificiels…
À ce milieu terrifiant l’homme connecté semble s’être parfaitement adapté  : il a troqué sa liberté contre le téléphone portable, l’Internet et les écrans hypnotiques, délégué sa souveraineté aux robots  intelligents. Il a reconnu son obsolescence et s’est abandonné corps et  âme à la technique, aimant enfin Big Brother, cet univers totalitaire de contrôle et de contrainte. Ainsi chaque jour l’humanisme cède un peu devant le transhumanisme et bientôt l’«   homme augmenté   »  ravalera l’homme ancien au rang de sous-espèce. On fabrique aujourd’hui déjà de nombreuses pièces – implants et prothèses – pour  le cyborg de demain, cette espèce hybride, mi-organique mi-cybernétique, cet homme-machine pour un monde-machine. 

charbonneauQui peut rêver d’un tel avenir  ? Les jeunes générations paraissent fascinées par ce futur, un futur sans passé puisque la transmission a été rompue, remplacée par une communication infligée jusqu’à saturation. La liberté, cette idée qui enflammait les adolescents, défiait la mort et faisait se lever les peuples est-elle devenue trop angoissante, trop exigeante pour ces esclaves modernes formatés par la propagande et dont l’ambition semble se limiter au choix de leur rôle social et des marchandises qui vont avec, de leurs préférences alimentaires ou de leurs orientations sexuelles, de leurs drogues légales ou illégales, de leur régime d’oppression politique ou religieuse   ?…  Assignation, sujétion, dépersonnalisation, aliénation, subordination… voilà ce que le libéralisme a fait de la liberté, cette liberté  qui «  n’existe pas en dehors du combat par lequel l’homme terrasse en lui-même l’être social   » comme l’affirmait Charbonneau, qui  vitupérait «   le moi, cette outre gonflée de vent qui prétend contenir  l’univers  », bien avant que ne triomphe le narcissisme.

Ce qu’il faut bien appeler une mutation anthropologique nécessite des moyens colossaux, qu’apportent aujourd’hui les géants de  la Silicon Valley. Mais combien de temps pourra encore durer cette fuite en avant, qui s’apparente à une course contre la montre ? Le carburant de la civilisation thermo-industrielle – les énergies fossiles – s’épuise, de même que les matières premières. La croissance est à bout de souffle, ce qui signe l’arrêt de mort d’un système économique basé sur la dette. Le réchauffement climatique, l’explosion démographique et la disparition de la biodiversité annoncent les ruptures des systèmes alimentaires, sociaux, commerciaux et sanitaires, c’est-à-dire des déplacements de populations, des conflits armés, des épidémies et des famines. Des seuils critiques ont été dépassés, des frontières franchies, des grands cycles irréversiblement détraqués, des écosystèmes détruits. Parvenue à ce stade de développement, la Grande Mue provoque une cascade d’effondrements, financiers, économiques, politiques, sociaux et culturels, dans cet ordre ou dans le désordre. Le chaos annoncé par Ellul et Charbonneau est bien là. La sixième extinction des espèces est en cours, et nous en faisons partie…  Notre destin est donc tout tracé si nous continuons à nous montrer incapables de fonder une nouvelle alliance avec la nature, pour affirmer notre liberté et en faire une force révolutionnaire. »

Première photo : jacques Ellul, et deuxième : Bernard Charbonneau.

NB : sur www.descolarisation.org, nous nous sentons très très proches de ces deux-là depuis fort longtemps maintenant, nous les citons souvent. Notamment Jacques Ellul sur la propagande, la technique et l'anarchisme chrétien, ou Charbonneau pour la critique du voyage, sur la destruction de la nature, sur l'horreur de la bagnole, sur la liberté... etc.


Thierry Casasnovas fait l'apologie de l'argent, c'est très dommage !

Wed, 01 Mar 2017 14:27:40 +0000 - (source)

Dans sa dernière vidéo, Thierry Casasnovas fait un appel aux dons pour l'association Régènère. Ce procédé me dérange, mais je n'aurais pas publié cet article critique si Thierry ne s'était pas livré, en plus, à une apologie de l'argent et s'était contenté de rester neutre.

A 4'46 (voir vidéo ci-dessous), voici ce que dit Thierry : « Heu...  c'est surtout, ce que j'ai à coeur de dire c'est que... heu... l'argent y'en a qui le diabolise, y'en a qui l'adule, heu, je crois que c'est un formidable outil ; dans notre monde les échanges se font de façon monétaire, c'est un formidable outil, et, à l'association, on n'en a pas peur, on ne l'adule pas, mais on en a besoin. On en a besoin pour réaliser des choses encore plus belles, pour vous, parce que c'est le principe d'une association. Alors d'une certaine manière, comme on vote avec nos achats alimentaires avec notre caddie, eh ben là vous allez pouvoir voter avec la direction que vous donnerez à votre argent. Vous votez pour ces vidéos, vous votez pour ce message, vous votez pour cet enthousiasme, vous votez pour cette motivation, vous votez pour ce soutien, ou pas, c'est votre choix, mais en tout cas, nous, on remercie tous ceux qui vont choisir délibéremment de nous soutenir pour nous permettre d'aller plus loin, beaucoup plus loin... »

Pense-t-il à moi, quand il dit « y'en a qui le diabolise » ? Non, je ne le diabolise pas ! Pourquoi ? Car il est le diable. On ne peut pas diviniser Dieu ! Donc, on ne peut pas non plus diaboliser le diable. « Dans notre monde les échanges se font de façon monétaire... », oui, et donc pas de façon amicale (c'est-à-dire divine, c'est-à-dire gratuite). C'est l'un ou l'autre. Soit l'échange est fondé sur l'amour, la confiance et la foi, soit il est fondé sur la peur, donc sur un 'équivalent général' (l'argent) et sur la comptabilité. L'argent est l'outil numéro-un du diabolos (le diviseur) créateur de rareté et de destruction. C'est drôle car je dénonce souvent l'association comme faisant partie du top-ten des outils du diable et là, on a dans le même élan : l'argent et l'association (mais ce n'est pas un hasard : le diable change juste d'outil, de visage, mais il reste le même et il continue son oeuvre de division).

De plus ce qui me gène énormément, c'est le côté affreusement démagogique d'une apologie de l'argent. Thierry s'addresse à des dizaine de milliers de personnes qui ont forcément, toutes, un problème personnel, grave, vis à vis de l'argent. Avoir un problème personnel grave, avoir ce sentiment d'être appelé à progresser, vis à vis de l'argent, c'est bien le minimum que chacun se doit sur ce sujet. L'apologie de l'argent réalisée par quelqu'un de rassembleur et de très écouté va avoir la conséquence désastreuse que les gens se libèrent comme par magie de ce problème personnel, oui, les voilà tout à coup justifiés dans leur utilisation de l'argent ! Toutes celles qui avaient un doute, peuvent anéantir ce doute tranquillement... Et là on pourrait se dire : merci Thierry de nous retirer un poids supplémentaire ! Mais non, bon sang, ce poids, il est nécessaire de le supporter pour trouver la force d'anéantir l'argent.

L'argent n'est pas « un formidable outil », c'est le pire des outils. Le plus mortifère, le plus destructeur, le plus injuste, qui est à la fois cause et conséquence de la peur, d'un régime de peur dans l'humanité. On peut constater (avec tristesse) le phénomène de l'argent, et on peut croire en avoir besoin à court terme, mais il ne faut JAMAIS en faire l'apologie et il faut oeuvrer à sa disparition (donc réduire chaque jour qui passe : sa dépendance à l'argent).

Je termine en précisant que je me sens en amitié depuis le début avec Thierry, et en accord sur la très grande majorité de ses approches et vues (cet article ne vise aucunement le conflit). Il semble cependant y'avoir toujours deux points de désaccord majeurs entre nous : sur l'argent donc et sur l'égalité politique (sur « les conditions techniques de l'égalité politique » et la recherche de non-puissance). Voir ici notre vidéo de 2015 avec Thierry sur la déscolarisation de la société.

 

 


Qu'est-ce donc que le vrai et le seul amour ?

Sat, 25 Feb 2017 11:08:07 +0000 - (source)

aimerVivre, c'est vouloir aimer, non vouloir être aimé.
Vivre, c'est chercher à aimer, non chercher à être aimé.
Vivre, c'est parvenir à s'aimer soi et à aimer les autres, et non réussir à être aimé des autres.
C'est la clé du mystère, car le chemin vers la vérité est à ce prix-là.
Tenter de vivre en voulant être aimé aura pour conséquence un chemin constant vers le mensonge.
Pourquoi ? Tout simplement car l'être humain est pêcheur, fragile, et tend malheureusement à vouloir être aimé plutôt qu'aimer.
Pourquoi tous chercher à être aimé par des gens qui ne veulent qu'une chose : être aimé des autres ? C'est absurde et DANGEREUX.
La première forme d' « amour » recherché par les gens est l'intégration sociale. C'est l'animalité pure liée à la survie. L'être humain est pourtant appelé à s'élever au dessus de son animalité.

L'être humain, faible, met en place constamment des techniques de chantage à l'amour pour avoir la sensation d'être aimé des autres.
Les principaux chantages à l'amour orchestrés concernent l'intégration sociale : la mise en conformité, la reproduction. C'est la principale occasion de chute des êtres humains.  Si tu ne te conformes pas, tu auras la sensation de recevoir moins d'amour ou plus du tout, c'est le principal chantage à l'amour dans lequel tombe la majorité des êtres humains. Pourtant ce mouvement, entropique (décomposition en éléments simples semblables), est opposé à la vie, qui est néguentropique (elle singularise, ordonne tout en complexifiant)

Mais tout ce soi-disant « amour », celui né de la volonté d'être aimé : n'est pas l'amour, mais son inverse. L'amour, c'est aimer soi et les autres, ce n'est JAMAIS ce machin sordide qui nous pousse à rechercher l'amour des autres, ce machin qui fait qu'on attend sans arrêt des manifestations de notre beauté et de notre importance, des compliments, et des marques d'affections (des « j'aime » et des « vues »). C'est l'inverse de l'amour, puisque c'est la preuve qu'on ne s'aime pas (suffisamment).

7 milliards de types qui recherchent l'amour des autres en même temps, ça donne l'apocalypse, c'est-à-dire la révélation de la vérité : vivre c'est aimer, non vouloir être aimé. 7 milliards de types qui regardent sans arrêt leur smartphone pour voir s'ils n'ont pas reçu un SMS qui leur révèle leur beauté, leur importance ou pour qu'ils se sentent « aimés », RASSURÉS (d'être aimé). 7 milliards de types qui envoient des SMS, de l'affection (« bisou ! »), des politesses, des gentillesses, ou des preuves de leur conformité sociale : non pour aimer, mais uniquement pour recevoir une sensation d' « amour » en retour. C'est incroyable de voir ce que 7 milliards de types sont capables de mettre en place pour recevoir des pouièmes de faux amour. 7 milliards de types qui avancent dans la vie en pensant continuellement en terme de DON/CONTRE DON... Ça donne, oui, l'apocalypse... L'impossibilité de vivre ensemble sur cette planète... L'impossibilité pour notre espèce de continuer... Ça donne la fin des temps où la vérité est révélée : vivre, c'est aimer, non vouloir être aimé.

Et il y a, entre ces deux formes opposées de l'amour, la même opposition radicale qu'il y a entre l'argent et l'amitié, entre le pouvoir et l'amitié, ou entre le pouvoir (vouloir être aimé) et la non-puissance (aimer les autres, s'aimer soi-même).

Tous les « méchants », notamment tous les gens de pouvoir, sont les plus blessés d'entre-nous. Ils sont le plus éloignés de chercher à aimer les autres : ils végètent dans les tréfonds de cette mendicité permanente de l'amour (qui me semble, à mes yeux faibles d'humain, souvent irrévocable, tant c'est un infini). Cet infini ne peut apparemment être comblé que par un infini : Dieu. Ces gens de pouvoir qui sont les champions des mécanismes de chantage à l'amour ! (Voir la section dans « l'école de la peur » sur la méchanceté radicale des profs).

Et moi qui écris ces mots, il me faut préciser que je n'ai point la prétention de réussir à aimer (m'aimer et aimer les autres), qu'en tant qu'être humain je suis faible aussi, parfois, et que je cherche un peu l'amour des autres, mais si peu, et de si peu de gens. J'ai la prétention, cependant, de ne pas passer ma vie à rechercher l'amour des autres contrairement à la majorité des moutons de cette planète, de savoir me faire haïr de beaucoup si cela est nécessaire au service de la vérité. La plupart du temps, je ne recherche point l'amour des autres. C'est la vérité que je cherche, et si cela passe par ne point me faire aimer ou me faire détester, je l'accepte. Je pense avoir cette qualité grâce à l'amour infini que j'ai reçu de ma mère à ma naissance. J'en suis même sûr, car je sens bien que cette capacité à ne point chercher l'amour des autres pour chercher la vérité repose totalement sur la certitude d'être déjà aimé et constamment aimé quoiqu'il arrive. Je pense donc que les gens ont soit besoin d'être aimés correctement à la naissance, soit besoin de Dieu (mais ils vivent dans une société qui a tué Dieu, et malheureusement ils s'en satisfont : ils vouent un culte à leur principale ennemie : la laïcité).

J'ai tellement, à la fois de compassion, mais aussi d'incompréhension, pour tous ces êtres autour de moi, qui passent leur vie dans le mensonge (mensonge qui les fait souffrir et, ce, de plus en plus, à mesure que s'avance l'apocalypse), parce qu'ils la passent à chercher l'amour des autres, et l'intégration sociale. Leur vie est une réponse permanente à ce qui est attendu par les autres, ce qui se traduit fatalement par une pente constante vers le mensonge, la division et la mort.

Vivre, c'est vouloir aimer, non vouloir être aimé.
Vivre, c'est chercher à aimer, non chercher à être aimé.
Vivre, c'est parvenir à s'aimer soi et à aimer les autres, et non réussir à être aimé des autres. Aimer ou vouloir être aimé, ce sont deux opposés. Les deux opposés.
C'est la clé du mystère, car le chemin vers la vérité est à ce prix-là.

Sylvain


Acheter de la vie... ?

Wed, 22 Feb 2017 10:04:55 +0000 - (source)

coquelicot grainesLa puissance de vie qui règne sur cette planète est époustouflante, renversante (il n'y a pas de mots assez forts). Je veux parler en particulier de la puissance de procréation et de démultiplication dans le monde végétal et animal. C'est sidérant. Il y a juste à observer la quantité de semences produite par une seule fleur pour comprendre instantanément que le régime de rareté imposé par le capitalisme et notre système, est le crime des crimes des crimes... Et quand on pense en plus que l'homme peut ajouter à la création à l'infini : « Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l'âme de cet homme - sans moyens techniques - on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d'autres domaines que la destruction » (Giono, l'homme qui plantait des arbres). Un seul rameau de milliers d'espèces d'arbres peut être bouturé en dizaine d'autres arbres similaires (voir 'bouture à l'étouffée' pour le meilleur taux de réussite toute l'année), une racine de consoude divisée en dix te donne dix consoudes dans l'année (valable pour des milliers de plantes), et je ne parle même pas de la greffe... Dans le monde animal, idem, ça pullule de partout et constamment ! Oiseaux, mammifères, insectes et toute la micro-faune du sol, tout le monde s'en donne à coeur-joie ! Il suffit d'ensemencer, toujours ! Et UNE RÉACTION EN CHAÎNE OPÈRE ! « La création avait l'air, d'ailleurs, de s'opérer en chaînes. Il ne s'en souciait pas; il poursuivait obstinément sa tâche, très simple. Mais en redescendant par le village, je vis couler de l'eau dans des ruisseaux qui, de mémoire d'homme, avaient toujours été à sec. C'était la plus formidable opération de réaction qu'il m'ait été donné de voir. » (op. cit.).

Les paysans marchands de graines, de plantes (pépinières, semenciers) et d'animaux ne sont souvent pas les pires capitalistes qui soient, ça se voit au niveau du contact réellement chaleureux et de leur passion réelle pour le monde végétal et/ou animal, pourtant il y a bien un gigantesque et monstrueux problème à cet endroit. Pour prendre toute la mesure de ce problème, comme d'habitude, il faut se mettre à une distance de l'objet suffisante pour se détacher de la croûte et du poids de nos conditionnements. Bien-sûr, le réflexe, c'est de penser à tous les travaux réalisés par ces marchands... au lieu de vraiment prendre tout le recul nécessaire pour se demander comment est-ce possible, finalement, de mettre un bout de bois dans la terre, d'attendre que des racines et des feuilles se développent pour ensuite mettre une étiquette : figuier 'ronde de bordeaux' - 7,90 Euros le plant. Ou encore de récolter telle ou telle semence (la plupart sont super simples à récolter) pour les mettre dans un sachet avec une étiquette : Coquelicots - 3,90 Euros le sachet de graines (1g). Et je repense tout à coup à la menthe et à tout ce qui marcotte à l'infini : comment diable est-ce possible d'acheter continuellement des plants de menthe (ou de mélisse, ou de sauge, etc.) ??? Je commence à vous donner des exemples mais je ne devrais pas car ça concerne des milliers de plantes, la totalité du vivant en fait. Dans cette immonde société : le vivant est sans arrêt récolté puis conditionné et étiqueté pour être vendu : c'est une des plus énormes manifestations de Mammon dans la société des hommes, si ce n'est la plus monstrueuse ! Nous devrions tous donner notre temps et nos vies pour que la vie se répande le plus possible... Récolter les semences, les protéger, les semer, les donner. Bouturer sans arrêt et donner les boutures. Greffer sans arrêt et donner les scions d'un an. Si nous avons des animaux domestiques, nous devrions tous donner tous les petits (archi-sevrés) que nous ne pouvons pas garder, comment se fait-il qu'on doive encore acheter : des moutons, des chèvres, des poules, des canards, des oies, des lapins, des chiens, des chats, et toutes autres sortes d'animaux ??! Alors qu'il en jaillit torrentiellement du ventre de dame nature !
Si tu as malheureusement toujours un pied dans le système capitaliste : continue donc de vendre encore un peu tes lave-vaisselle, tes bonbons, tes DVD et tes écrans-plats, mais ne vends pas ta récolte de graines de capucines, ne vends pas la vie ! Arrête de vendre le vivant ! C'est tout bonnement incroyable que l'homme soit un tel handicapé du don ! Là, c'est la saison de l'eau de bouleau qui commence... Comment peut-on vendre de l'eau (car l'eau de bouleau, c'est de l'eau), volée à un arbre en faisant un trou avec une mèche ??? ... Et je vous renvoie tous aussi à cette idée cardinale : ROMPRE L'ENCHAÎNEMENT DES VENTES MUTUELLES ! Si tu en as marre d'acheter !! Commence par arrêter de vendre !!!

Pour se mettre au service de la vie, il ne faut pas vendre la vie.


Printemps Indien

Fri, 17 Feb 2017 08:57:04 +0000 - (source)

Depuis le temps qu'on en parlait ! Pour fêter le printemps, nous accueillons deux nouveaux amis : le fameux coureur indien chasseur de limaces super pondeuse (+ trop marrant trop mignons) ! Voici Diogène et Léda :

canardscoureursd

canardaillerdCliquez sur les images pour les agrandir dans un onglet

Car le printemps est bien là depuis quelques jours : ail des ours, eau de bouleau, châtons de saules et de noisetiers, forsythia dans les starting-block, et tous les autres bourgeonnement etc.


Prenez-moi comme je suis ! - Comment le pourrais-je ?!

Thu, 16 Feb 2017 11:32:42 +0000 - (source)

tonnesLes gens continuent de scander : « Prenez-moi comme je suis ! »... Les prendre ? ... Comme ils sont ? Mais... comment le pourrais-je ! Ils pèsent, chacun, 500 000 tonnes !!! Je suis trop petit.

Et attention, rien à voir avec l'homme d'antan. Si on remonte le temps, l'homme pesait, oui, mais infiniment moins qu'aujourd'hui. C'est là qu'on retrouve tout de suite le concept de pharmakon et de pro-thèse. L'histoire de l'homme a consisté dans le développement de milliards de milliards de milliards d'outils et d'organes artificiels, cela s'appelle l'exosomatisation (ex : hors de ; et soma : le corps). L'histoire de l'homme est l'histoire de cette exosomatisation. Chaque élément matériel de cette exosomatisation ayant son pendant cérébral : ce sont aussi nos cerveaux qui pèsent le même poids équivalent. De plus le pharmakon et la pro-thèse, en tant que béquille, sont addictogènes. L'homme s'est peu à peu, en des milliers d'années d'involution (et non d'évolution !), rendu dépendant et accro à des milliards d'outils et organes artificiels. Tout droit vers l'apocalypse selon Saint Jean !!

On dit que Jésus a su porter la souffrance, et qu'il savait vivre « au milieu des ivrognes... » (en sachant changer l'eau en vin, ça se comprend !) Blague à part, de deux choses l'une : soit l'on pense à un Jésus historique et là on se dit qu'il devait « prendre sur lui » des hommes qui pesaient infiniment moins lourds que les hommes d'aujourd'hui ; soit l'on pense à un Jésus symbolique (allégorique), et « les ivrognes » dont nous parlons symbolisent l'homme pharmacologique porté à chuter avec un nombre incommensurable de pharmaka (pluriel de pharmakon). Ça ne m'empêche pas de penser que même le Jésus symbolique (ou allégorique) d'hier, a moins de travail que le Jésus symbolique d'aujourd'hui. Et j'avoue ma faiblesse présente : je n'arrive pas à vivre au milieu des ivrognes d'aujourd'hui, car ils pèsent vraiment trop lourds (si encore il n'y avait que l'alcool) ... 500 000 tonnes chacun au moins !!!

Une phrase que je scande fréquemment est que nous sommes (devenus) des tyrans les uns pour les autres. La cause de cette tyrannie réciproque est cette façon que nous avons de peser sur les autres et notamment, et surtout, avec nos prothèses et pharmaka. Je vous renvoie à mon article du 02/02 « Où est l'épure ? » où je formulais à quel point nous nous balançons en permanence à la tronche nos merdes pharmacologiques entropiques. Je pourrais prendre des milliards d'exemples. La pratique pharmacologique de l'homme a franchi un seuil catastrophique où l'on n'est plus en capacité de rejeter pour soi-même telle ou telle technologie. Ce que j'ai vécu avec les SMS en donne un exemple cardinal. Pendant 2 ans, je disais à tout le monde que je détestais cette technique et que je souhaitais en être épargné : rien n'y faisait, les gens continuaient de m'envoyer des SMS... Je me suis alors rendu compte que les téléphones mobiles ne permettaient absolument pas de retirer cette fonctionnalité. Ce sujet a pesé lourd dans mon abandon total du téléphone mobile. Je me suis rendu compte avec effroi que ne plus utiliser de téléphone mobile était la seule méthode pour ne plus souffrir de la technique SMS. Mais toute la société ayant embrassé cette technique (dans un baiser de la mort), il ne se passe pas une journée sans que j'y sois plus ou moins confronté : personnes qui m'invitent à leur envoyer un SMS ou qui me disent qu'ils vont m'en envoyer (avec un tel ton de l'évidence...) ; sites internet/services qui proposent constamment cet outil (et d'ailleurs on voit apparaître de plus en plus le champ "numéro de tél mobile" en obligatoire dans les formulaires web !! ).

J'écrit ce bref article simplement pour révéler aux gens que NON, on ne peut plus les prendre tels qu'ils sont et qu'ils ne peuvent plus dire en l'état : prenez-moi comme je suis ! non, c'est fini ce temps-là. J'écris cet article pour simplement leur dire d'aller d'abord faire un régime, de jeûner (à ce monde), d'aller déposer préalablement à « la déchetterie, (y compris les chiottes) » les centaines de milliers de tonnes de merdes qu'ils ont sur le dos, dans le ventre, dans les poches, dans leur maison, et dans la tête. Et puis, de revenir me voir, ainsi plus light, infiniment plus light et là, seulement là, je pourrais les prendre comme ils sont. Et je peux vous dire qu'ils seront toujours des hommes et que donc il pèseront malgré tout méchamment lourds, même comme ça. Oui, je peux vous dire qu'il me faudra quand même être le Christ pour arriver à les prendre comme ils sont. Même après avoir retiré 490 000 tonnes, il en restera encore 10 000 !! Vous me direz que le nouveau testament nous révèle que la foi permet de déplacer des montagnes (de déchets ?). Eh bien, je vous dirais que je conserve la foi que les gens finissent par avoir la foi de parvenir à déplacer leur montagne de merdes jusqu'à la déchetterie la plus proche.


Atelier miroir, le 18/02 à Aiguebelle

Thu, 16 Feb 2017 10:13:01 +0000 - (source)

atelier miroir


[RAPPEL] Supprimer le téléphone mobile pour revivre

Wed, 15 Feb 2017 09:50:48 +0000 - (source)

tel

Je n'ai plus de téléphone mobile depuis décembre 2015.

Le principal avantage de la suppression du mobile est un phénomène intense de re-concentration de mes actes/gestes quotidiens, une régénération de mon attention et d'une dose substantielle de soin : le retour d'un engagement total de ma personne dans chacun de mes gestes et de mes choix. LE RETOUR en fanfare du vrai CHOIX.

Le mécanisme en est archi-simple : le téléphone mobile est ce pharmakon qui nous place en permanence TOUS dans un état de conscience où nous sommes constamment envahis par une énorme quantité d'autres éventualités - infinie en fait, puisque le mobile c'est aussi l'espoir secret que "Jésus", ou autres envoyés divins subjectifs, se décident enfin à nous contacter personnellement pour nous donner une promotion affective, financière, en terme de pouvoir et de "réussite" ou autres - . Nous faisons quelque-chose, mais le téléphone mobile contient la possibilité de faire des milliers d'autres choses. Nous voyons quelqu'un, mais le téléphone mobile contient la possibilité de voir des centaines d'autres personnes. Nous vivons, mais le téléphone mobile contient en permanence UNE AUTRE VIE - MEILLEURE ÉVIDEMMENT - EN POTENTIEL. Et donc, nous ne vivons pas la vie que l'on a, et je pense sincèrement que nous nous méprisons tous les uns les autres via cet outil : car nous en avons (presque) tous un, l'insulte est donc réciproque, c'est d'ailleurs peut-être pour ça qu'elle fonctionne.
Depuis l'avènement de cette invention de malheur, quel nouveau donné entre nous vraiment nauséabond ! : nous nous voyons cher ami, mais nous savons toi et moi que nous avons beaucoup d'autres chats à fouetter et que ceux-ci peuvent apparaître d'une seconde à l'autre. C'est LE POSTULAT RÉCIPROQUE du : j'ai toujours à faire ailleurs et avec d'autres que toi, ne m'en veux pas ! ...
Eh bien, il faudrait peut-être commencer à s'en vouloir un peu plus car ce n'est pas NORMAL cette histoire : c'est même vicieux et méchant au dernier degré !
D'ailleurs, je parle d'insulte réciproque (qui fonctionne grâce à sa réciprocité); c'est intéressant étant donné que maintenant en ce qui me concerne je n'en ai plus : je me consacre donc à 100% aux gens que je vois, mais eux, non ! Charmant ! ;-)

C'est en fait la très vieille problématique philosophique de : tous les choix conservés = aucun choix réel, qui se trouve portée à son extremum avec le pharmakon du téléphone mobile.

Et donc quel véritable bonheur, de se remettre à choisir telle ou telle activité/geste ou de voir telle ou telle personne, afin de s'y consacrer à 100% en éliminant pour cela toutes les autres potentialités ... Ce qui est normalement un des premiers piliers de la sagesse, voire même plutôt de LA VIE ! ... de tout ce qui est vivant, ... de la néguentropie !!! Imaginez tels ou tels éléments du cosmos qui essaieraient d'évoluer en conservant (plus ou moins "consciemment", matériellement), en stock, toutes les potentialités... Vous voyez bien que c'est le contraire radical de la vie.
Aucun Écureuil mâle de la forêt n'est arrêté dans sa chasse pour niquer sa comparse, par un SMS qui l'orienterait tout à coup dans un autre coin de forêt !!! Non, ce serait trop entropique (désordre) pour maintenir LA VIE. L'harmonie serait attaquée en son ADN. ...

Ce problème de l'absence de choix, on le trouve aussi dramatiquement de plus en plus depuis un demi-siècle concernant l'espace et l'habitat : on veut garder en potentiel le fait de pouvoir aller à la mer, à la ville, à la campagne, à la montagne, sur toute la terre et dans tous les pays, et donc, on ne parvient pas à s'implanter, à construire, et à prendre racines (et on se dessèche... dans les transports...).

En d'autres termes, le téléphone mobile pose le problème philosophique du désir. Ascétiquement, on sait que le désir est notre plus grand ennemi. Ne rien "désirer" est le cap de sagesse suprême. Eh bien, le téléphone mobile est ce qui maintient en permanence la puissance concomitante de tous les désirs (au sens de "ce qui pourrait être/ce qui devrait être").

Quand je pense aussi au désastre affectif que peut représenter cette toxicité du téléphone mobile, je suis pris d'effroi.
Nous avons basculé dans un monde où quand Sylvie est avec Mathieu, elle pense que Bruno pourrait lui téléphoner d'une seconde à l'autre, pendant que Mathieu pense qu'il va bientôt envoyer un SMS à Lydie (sachant que Bruno et Lydie, eux-aussi, sont dispersés et ainsi de suite). Nous avons basculé dans un monde où quand Hervé va voir sa mère, il consulte ses emails (et ses SMS, voire en envoie) pendant qu'il fait mine d'écouter sa mère et il pense à tous les coups de fils important qu'il pourrait recevoir ou qu'il pourrait donner (il dira à sa mère : "Attend, excuse-moi, c'est important !" voire ne dira rien du tout !! Il répondra !). Nous avons basculé dans un monde où un nombre substantiel de gens font l'amour tandis que les smartphones vibrent ou sonnent à cause de SMS envoyés par des amants ou prétendants... Nous avons basculé dans un monde où les jeunes sont joignables en permanence par leurs parents (et s'ils ne répondent pas ils se feront gronder : "pourquoi tu n'as pas répondu ?? il faut que tu répondes." Ça, et mille et une autres situations du même genre où LE SOIN, l'ATTENTION, la concentration, à l'autre ou à ce qu'on fait se sont étiolés, voire ont complètement disparu.

Je devrais introduire dans cette analyse les deux concepts de "fidélité" et d' "investissement", mais le sens de ces deux mots a tellement été tordu par d'autres voies et ils sont un peu difficiles à utiliser.

L'absence de soin, d'attention, de concentration, d'investissement et de fidélité : c'est ce qu'on appelle d'un seul mot : L'INCURIE, qui donne aussi incurieux.

Le téléphone mobile (à fortiori le smartphone) généralisé, c'est l'incurie généralisée.

Alors quelle joie de se consacrer corps et âme, EN ENTIER, à ce qu'on fait et/ou avec qui l'on se trouve. Quelle joie d'aimer ! D'être présent avec les présents. D'être des présents les uns pour les autres.
Sauf que l'autre que je vois demeure pour le moment armé de son téléphone ! Mais fort heureusement, c'est désarmant !

Ce discours sur le mobile étant fait, il apparaît qu'un téléphone mobile et un téléphone fixe sont des objets fondamentalement différents, voire selon cette analyse totalement opposés. Le téléphone fixe, placé à un endroit bien choisi de notre abri (chambre, maison), et branché quand on le décide, permet justement de corréler : retrait du monde et le retour potentiel de la multiplicité des choix concernant le monde. Il faut que ça soit uniquement le désoeuvrement, le vide, et l'absence totale de relation qui donnent son essence au téléphone et qui provoque son usage déterminé.  De cette manière, vous obtenez un juste équilibre (vital, sanitaire) entre action/inaction, relation/non-relation, intérieur/extérieur, relation avec untel = non relation avec tel autre.

C'est souvent lorsqu'on réalise une action en apparence ennuyeuse qu'on est tenté d'apprécier la béquille du téléphone, or la voie juste est celle donnée par Simone Weil dans la deuxième partie de la citation : « Croire qu'on s'élève parce qu'en gardant les mêmes bas penchants (exemple : désir de l'emporter sur autrui) on leur a donné des objets élevés. On s'élèverait au contraire en attachant à des objets bas des penchants élevés. »... Ce qui veut dire : intéresse-toi à la manière dont le joggeur qui passe devant toi s'est essuyé le front, plutôt que d'attraper ton téléphone mobile... Concentre-toi, prends-soin, considère (étymologiquement : porter son regard ensemble vers l'infini des étoiles), sois présent.


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